Vendredi 20 mars 5 20 /03 /Mars 09:48

METRO :


18-03-2009 23:52

Les prisons de Lyon peut-être graciées


Un groupe de travail examine la reconversion des bâtiments


Les prisons Saint- Paul et Saint-Joseph pourraient être épargnées. Le permis de démolir déposé par le ministère de la Justice est suspendu. Le préfet du Rhône a décidé d’acorder du temps afin d’étudier les possibilités de reconversion des deux établissements construits en 1827 et en 1860.

Demande de classement
Un groupe de travail sera constitué sous la houlette du directeur départemental de l’équipement du Rhône, et avec la participation du Grand Lyon. Il aura pour mission  d’établir un cahier des charges d’ici à avril et de lancer un appel à projet en mai.

Si rien n’est présenté avant le 15 septembre, le permis de démolir serait réactivé. “Nous sommes prêts à accompagner cette démarche et à mettre en relation l’Etat et les investisseurs que l’on a pu rencontrer”, explique Gilles Buna, vice-président du Grand Lyon chargé de l’urbanisme.

Du côté des associations de défense du patrimoine, on reste prudent. Une demande de classement des bâtiments a été envoyée hier au ministère de la Culture. “On ne voit pas comment, en quelques mois, on pourrait trouver une solution pour un tel dossier, explique Eddie Gilles Di Pierno, président de Patrimoine rhônalpin. Le classement ne figerait pas indéfiniment les choses mais permettrait de réfléchir au-delà du 15 septembre.”

Les prisons historiques de Lyon sont emblématiques de l’architecture pénitentiaire du XIXe siècle. Elles seront vidées fin avril ou début mai, après l’ouverture de la prison de Corbas.

 

Lien vers l'article

 

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20MINUTES


Six mois de sursis pour les prisons de Lyon


Créé le 19.03.09 à 06h52 | Mis à jour le 19.03.09 à 06h52


Légère éclaircie pour les maisons d'arrêts de Perrache, qui doivent être libérées fin avril de leurs détenus. Un mois et demi après avoir déposé une demande de permis de démolir des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph (2e), l'Etat, propriétaire du site, fait machine arrière. Le préfet du Rhône Jacques Gérault a annoncé hier dans un communiqué avoir suspendu cette procédure, « afin d'étudier toutes les pistes susceptibles de déboucher sur une solution visant à sauvegarder totalement ou partiellement les prisons ». A la suite à une réunion organisée, vendredi, rue de Bonnel (3e), un groupe de travail composé des différents représentants de l'Etat à Lyon, a été chargé de préparer un cahier des charges en vue du lancement en mai ;un appel à projets. Passé le 15 septembre, prévient toutefois Jacques Gérault, en l'absence de projets, « il faudra se résoudre à la démolition » .
Réclamé dès la fin février par les défenseurs du patrimoine lyonnais, ce sursis de six mois n'est sans doute pas étranger à la position prise, selon nos informations, par l'architecte des bâtiments de France, chargé de se prononcer sur la démolition de ces bâtiments du XIXe siècle. « Heureusement qu'il a rendu un avis négatif », a réagi hier l'ancien adjoint à la Culture à la mairie de Lyon, Patrice Beghain, soucieux que l'essentiel des prisons, « témoignage historique et humain important » soit conservé. « Si elles venaient à être démolies, ce serait un scandale patrimonial analogue à la disparition en 1934 de l'hôpital de la Charité », ajoute-t-il. En charge du dossier à la mairie, l'adjoint à l'urbanisme Gilles Buna (Verts) a rappelé hier sa volonté « d'accompagner l'Etat dans sa recherche d'investisseurs », rebutés jusqu'alors par les 23 millions d'euros fixés par le ministère de la Justice pour acquérir les prisons. « Le prix a été fixé de manière arbitraire mais il semblerait qu'il y ait une marge de négociations », précise Gilles Buna, actuellement en contact avec deux éventuels repreneurs.


Elisa Frisullo

 

 

 

Par Oriane Rebillard
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Mercredi 18 mars 3 18 /03 /Mars 11:26
Commes vous l'avez peut-être vu dans l'en-tête de notre blog, la pétition est enfin disponible !
Nous vous invitons à la signer, et à la transmettre aux membres de votre famille, vos amis, et vos connaissances qui pourraient être sensible à la préservation du patrimoine dans notre belle ville de Lyon.

Cliquez ici pour vous y rendre !

C'est tous ensemble que nous ferons entendre nos voix !
Nous vous remerçions d'avance !


L'équipe de Sauvons les prisons de Perrache.


PS : vous pouvez desormais nous écrire à l'adresse suivante : sauvonslesprisonsdeperrache@yahoo.fr
Par Oriane Rebillard
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Mercredi 18 mars 3 18 /03 /Mars 09:36

Un article est paru aujourd'hui dans le journal le Progrès, concernant les prisons de Perrache et les projets pour leur réhabilitation.


En voici le contenu :


Prisons de Perrache : la course aux projets est lancée


le 18.03.2009 04h00


Le Progrès s'est procuré les esquisses de ce qui pourrait, pourquoi pas, voir le jour sur le site des prisons de Perrache. Le permis de démolir Saint-Paul et Saint-Joseph serait d'ailleurs en passe d'être suspendu

Passionnant. C'est le mot qui revient dans toutes les bouches des architectes et urbanistes lyonnais quand on leur parle d'un possible projet sur le site des prisons de Saint-Paul et Saint-Joseph (2e).

Et de nombreuses idées sont déjà avancées. L'université Lyon II s'est dite, un temps, intéressé mais a dû renoncer face au prix « exorbitant » demandé par le ministère de la justice : 23 millions d'euros. D'autres voient là une possibilité de construire de nouveaux logements, par exemple étudiants, des immeubles de bureaux voire même des ateliers d'artistes.


Bruno Dumetier, architecte et urbaniste, n'imagine pas forcément tout détruire : « Ces bâtiments ont une grande valeur patrimoniale et leur réutilisation, même partielle, pourraient être intéressante. » Il avoue néanmoins que le principal obstacle à une réhabilitation est l'image de ces bâtiments dans l'inconscient collectif. « Il faut attendre une désacralisation, que s'efface le côté prison dans l'esprit des Lyonnais », explique Eddie Gille-di-Pierno, président de l'association Patrimoine rhônalpin. Beaucoup de riverains ont du mal à imaginer un futur pour cet espace qu'ils connaissent finalement peu. Corinne habite le quartier depuis 21 ans et souhaiterait « les logements sociaux et étudiants. »


Le bureau d'architecte lyonnais « AU*M » qui travaille déjà sur le site de la Confluence, s'est déjà lancé dans une phase d'esquisses. Pierre Minassian verrait bien un « espace mixte d'hôtellerie et de détente. » « L'emplacement sur la Presqu'île, à côté de la gare, est idéal », explique-t-il. Et de continuer : « On a imaginé un pli de terre, une sorte de petite colline artificielle permettant l'implantation d'un espace vert dans ce quartier qui en manque. » Ce monticule renfermerait, au sous-sol, une salle de spectacle qui pourrait « accueillir des concerts de rock, généralement peu désirés en centre-ville. » Enterrée et isolée, l'insonorisation y serait parfaite. Le long des voies de chemin de fer et des berges du Rhône, Pierre Minassian imagine un immeuble qu'il baptise « fantôme » : « Ses façades seront meubles », explique-t-il. Cet immeuble « frontière » hébergerait sans problème selon lui un hôtel, des petits commerces, des restaurants ou des espaces de bureau.


Son projet ne fera sans doute pas l'unanimité mais démontre que le débat existe déjà chez les architectes pour ce site qui offre de très nombreuses possibilités.


Tiphaine de Tricornot

 


Le permis de démolir serait suspendu pour un moratoire de quelques mois


La décision de suspendre le permis de démolition des prisons de Saint-Joseph et Saint-Paul aurait, selon nos informations, été prise par les services de la préfecture.


Un moratoire devrait être annoncé, le temps de mettre en place un groupe de travail d'une dizaine de personnes. Ce groupe devrait être composé des services de la DDE, de la DRAC, du ministère de la justice et sans doute de représentants de la ville de Lyon. Un cahier des charges puis un appel à projet seront donc bientôt lancés, avec, semble-t-il, un examen des réponses autour du mois de septembre. Si rien de satisfaisant n'a alors été trouvé, le permis de démolir entrerait à nouveau en vigueur.


Les associations lyonnaises qui réclamaient ce moratoire devraient donc être satisfaites. En tête de revendication, l'association « Patrimoine rhônalpin. » Son président, Eddie Gilles-di-Pierno, estime qu'une « expertise patrimoniale doit permettre de savoir ce que l'on doit garder et ce que l'on peut détruire. » Même constat pour Régis Neyret, journaliste, éditeur et défenseur du patrimoine, qui défend la singularité de la prison Saint-Paul construite dans « une extraordinaire forme panoptique pratiquement unique en France et en parfait état de conservation. » Ce moratoire laissera donc, à tous, quelques mois pour partager leur vision future des prisons de Perrache.


T. de T.


Reconversions de prisons : de multiples exemples réussis


Création d'un blog et lancement d'une pétition pour conserver les prisons

Une pétition pour sauver les prisons de Perrache de la destruction devrait être mise en ligne sur Internet avant la fin de semaine. Julien Defillon (je tiens à signaler que l'auteur a ommis de citer le nom de Oriane Rebillard, moi, sa collaboratrice, alors que nous lui avions expressément demandé de le préciser...), fondateur du site et rédacteur de la pétition, souhaite ainsi « mobiliser les Lyonnais. » Étudiant en histoire de l'art, il estime « scandaleuse » la décision de démolir ces bâtiments historiques et pointe du doigt la lâcheté des politiques « qui font tout pour ne pas s'en occuper. »La pétition réclame un délai de réflexion « avant qu'il ne soit trop tard et une implication plus grande des instances de la ville pour sauvegarder le patrimoine lyonnais. »


> Le site Internet : http://sauvonslesprisonsde perrache.over-blog.org


La prison Charles Street de Boston (États-Unis) a certainement connu la plus célèbre des reconversions. Construite en 1851, elle est devenue, en septembre dernier, le « Liberty Hotel » : 300 chambres de luxe dont dix suites, trois restaurants, des salons et un centre de remise en forme. Mais il aura fallu cinq ans de rénovation et plus de 112 millions d'euros. L'hôtellerie semble d'ailleurs être, pour les architectes mondiaux, le type de reconversion privilégié pour les maisons d'arrêt. Avignon (Vaucluse), Cape Town (Afrique du Sud), Ljubljana (Slovénie), Lucerne (Suisse), Stockholm (Suède) ou encore Istanbul (Turquie), dans toutes ces villes, les prisons désaffectées se sont muées en hôtel, le plus souvent de luxe.

Mais d'autres métamorphoses plus originales ont aussi été réalisées. À Coulommiers (Seine-et-Marne), on a transformé l'ancienne prison du XIXe siècle en bibliothèque municipale. En Suisse, c'est le musée des Instruments de musique qui a pris place dans l'ancienne prison de Bâle et à Salamanque (Espagne), on a pu installer le musée d'Art contemporain de la ville. De nombreux exemples qui peuvent augurer d'un bel avenir pour les prisons lyonnaises de Perrache.


T. de T.

 

Repères Historiques :
1827 : construction de Saint-Joseph 1860 : construction de Saint-Paul Avril 2009 : fermeture programmée

 

 


 


Par Oriane Rebillard
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Vendredi 13 mars 5 13 /03 /Mars 10:54

La question de la destruction des prisons Saint Paul et Saint Joseph est beaucoup plus vaste que le « cas Perrache ».

En effet, la première question qui se pose est celle de l'invisibilité des prisons françaises sur le plan patrimonial. Echappant à tout classement (ce n'est pas ni un patrimoine civil, ni un véritable patrimoine militaire, c'est un simple patrimoine d'Etat), elles échappent également à toute reconnaissance.

Cette situation pourrait n'être qu'un manque auquel on pourrait remédier bien vite en prenant à bras le corps le problème de la protection des prisons lyonnaises, mais la décision est tout autre, comme le démontre le permis de démolir déposé par le ministère de la justice en date du 20 février dernier.

A l'heure ou le gouvernement se targue d'inventer la prison du XXIe siècle (dixit le ministre de la Justice, Mme R. Dati), il semble pour le moins étonnant de détruire deux exemples significatifs (et adjacents) de la manière de penser et de concevoir l'enfermement, et son évolution. Comment inventer la prison de demain si l'on met à bas celle d'hier ? Une réflexion, pour se nourrir et se renouveler, ne doit-elle pas s'inspirer des solutions mises au point par le passé ?

Ce refus d'envisager toute réflexion sur une réutilisation est choquant à bien des égards, alors que sont menées de grandes opérations de reconversion dans tout le pays, dont certaines sont des réussites exemplaires (pour prendre deux exemples dont l'achitecture peut se rapprocher de celle des prisons, je citerai le fort Saint-Jean à Lyon et le CNCS à Moulins sur Allier). On a souvent montré le dynamisme que pouvait engendrer la transformation d'un bâti ancien en y aménageant de nouvelles fonctions, pourquoi ne pas l'appliquer ici ?

La réponse est sans appel : les pouvoirs publics (la municipalité de Lyon comme l'Etat), l'épée de Damoclès du patrimoine, refusent d'envisager le problème sous l'angle patrimonial.

Il semblerait pourtant que la ville manquerait de capacités hôtelières où qu'elle déplorerait l'éloignement des facultés du centre ville (l'université Lyon II s'est montrée intéressée). L'occasion est inespérée, mais la volonté n'y est pas, peut-être à cause de l'image que véhiculent les bâtiments et leur déplorable réputation (notamment en matière de salubrité et de surpopulation)... A l'heure où l'on réinvente tout un quartier (l'aménagement de la confluence), il serait pourtant utile de garder quelques traces de l'histoire du quartier, afin d'évoquer sa mémoire, notion indispensable à la compréhension et la restructuration d'une ville.

N'oublions pas qu'elle est capricieuse, et qu'elle s'attache la plupart du temps, à des lieux et des monuments bien précis. Il serait fallacieux d'affirmer que l'on gardera l'empreinte des prisons dans la ville en envisageant leur destruction.

Or, bien qu'institution souvent considérée comme écoeurante mais nécessaire à toute société, la prison et les prisonniers ne constituent pas moins une page indélébile de l'Histoire, dont la mémoire doit être préservée et étudiée.

Il serait peut-être temps de cesser de se rassurer en regardant l'ensemble du territoire et en se disant que d'autres édifices peuvent être sauvés. On connaît les résultats déplorables de l‘attitude passive des pouvoirs publics en matière de patrimoine.

C'est ici et maintenant qu'il faut agir avant de voir disparaître ce remarquable exemple d'architecture que sont les prisons de Perrache !



Par Vincent Briand
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Mercredi 11 mars 3 11 /03 /Mars 11:24

Nous sommes un petit groupe d'étudiants en Histoire de l'Art (Master) à l'université Lyon II. Depuis plusieurs années nous sommes tous bercés par le patrimoine, et tout particulièrement depuis que nous avons embrassé le Master professionnel patrimoine de notre fac.

Comment ne pas s'insurger suite à l'annonce parue la fin du mois de février, de la demande de démolition des prisons de Perrache par le ministère de la Justice ? Il est clair que nos chers ministres sont bien souvent recrutés après une solide formation de droit, plutôt que de patrimoine... (en ont-il seulement la notion ?) et l'on est en mesure de se questionner :  Les personnes qui ont fait cette demande se sont-elle penchées ne serait-ce qu'une minute sur l'intérêt architectural de ces prisons ?
Comment ne pas en douter... Encore une belle preuve que nos supérieurs parisiens ne s'intéressent guère à ce qui se passe loin en province (2 heures de TGV tout de même !)
De plus, comment ne pas à nouveau se révolter quand on sait que l'université Lumière Lyon II était prête à se porter acquéreur de ces locaux. Mais devant la somme exorbitante demandée par le ministère de la Justice -23 millions d'euros !!!- celle-ci a du retirer sa proposition...

Pourquoi, à une époque où l'on prône le renouvellement durable, où l'on entend sans cesse parler de la crise économique, faudrait-il détruire des monuments de pierre de taille, afin de les remplacer par du béton ? Certes, nous n'ignorons pas la valeur foncière de ces terrains, qui attirerait les convoitises une fois rasés. Un si bel emplacement, a côté de la gare de Perrache, des tramways et du métro, aurait vite fait de trouver acquéreur. Celui-ci s'empresserait d'y faire construire de massifs bâtiments de béton (des immeubles d'habitations, sans doute...), et de rentabiliser son investissement au prix fort. Si cette hypothèse est tout à fait en accord avec la politique de réhabilitation du quartier de la Confluence, appelé à devenir le nouveau symbole fort du dynamisme de la ville, elle n'est pourtant pas acceptable de notre point de vu d'Historiens de l'Art, ardents défenseurs et protecteurs du Patrimoine.
Lyon, la ville lumière, dont une grande partie est inscrite au Patrimoine Mondial de l'Unesco (Cette partie qui hélas s'arrête à Perrache, et sûrement pas à cause des prisons...) peut-elle tolérer de voir un morceau de son histoire disparaître sous les bulldozers ? Est ce que leur (bientôt ancienne) fonction est une raison valable pour les mettre à bas ? Nous affirmons que non. Au delà des prisons, il faut voir les bâtiments et leur potentiel dans l'avenir.

Ce blog est destiné à tous ceux qui ne veulent pas voir une partie de notre histoire détruite, à tous les amoureux du Patrimoine ne supportant pas que des pseudo-raisons économiques l'emportent sur la sauvegarde de bâtiments tout à fait réhabilitables. Offrons leur une seconde vie, loin des horreurs des incarcérations ! Habitants de Lyon et d'ailleurs, associations, professionnels du patrimoine, professeurs, étudiants et bien d'autres... Ce site tentera d'être le point de rencontre de tous les acteurs désireux que pour une fois, la Justice ne triomphe pas !

D'ici quelques temps, une pétition va voir le jour pour que tous ensemble, nous élevions nos voix afin de préserver ce que nous risquons de regretter bien longtemps si ces prisons venaient à être massacrées.


Par Oriane Rebillard
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Présentation

  • : Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • : Bienvenue sur notre blog consacré au sauvetage des prisons Saint Paul et Saint Joseph, situées dans le quartier Perrache à Lyon, et actuellement menacées de destruction.
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Revue de presse


Articles paru dans le Progrès, le 3 juillet 2009

 


Pour les prisons de Lyon, un avenir est possible qui concilierait patrimoine et modernité. A condition de laisser à l'écart de la réfléxion polémiques et doctrines.

 

On a beau ne rien ignorer de la misère financière dans laquelle se débat le ministère de la Justice, la décision - prise dans la précipitation - de mettre en vente le site des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph, accompagnée d'une demande de permis de démolir, fut pour le moins malheureuse. Et même si, depuis, l'Etat semble revenu à de meilleures dispositions en lançant un appel à projets, c'est un bien mauvais signal qui a ainsi été adressé aux Lyonnais, au-delà des seuls défenseurs du patrimoine. Comme s'il était possible de rayer, d'un coup de bulldozer, plus de cent cinquante ans d'une histoire, lourde de symboles, inscrite dans celle d'un quartier lui-même en pleine mutation, sans se préoccuper plus avant de l'avis des habitants et des élus. On reste pantois face à une telle désinvolture.

Heureusement, il reste des hommes de bonne volonté. Ainsi le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement du Rhône (CAUE), la Commission nationale française pour l'Unesco et la section français de l'ONG vouée à la défense du patrimoine Icomos, ont organisé le 25 juin dernier un séminaire portant sur le devenir des prisons de Lyon. Il réunissait architectes et spécialistes du patrimoine, ayant notamment une expérience de reconversion de sites semblables. Car des précédents existent en France, comme à l'étranger (lire plus bas). Après tout, la prestigieuse Ecole nationale d'administration (ENA) ne s'est-elle pas installée à Strasbourg dans une ancienne prison pour femmes ?

 

Mais ce qu'il ressort surtout de cette journée, c'est d'abord la nécessité de laisser à la porte, avant même d'entamer la moindre réflexion, doctrines et postulats. Lieux de souffrances et de honte, les prisons de Lyon cachèrent aussi derrière leurs hauts murs nombre d'exécutions capitales. Au nom de ce passé, doit-on les condamner à mort à leur tour ou, au contraire, se rappeler qu'elles demeurent des témoins de l'histoire de la ville et des vestiges de ce que fut l'architecture carcérale au XIXe siècle ? Ne devrait-on pas -idée soutenue par la majorité des intervenants- chercher plutôt à leur trouver une nouvelle vocation (logements, bureaux, hôtel, etc.) quitte à procéder à des démolitions partielles pour y parvenir ? Soit tout un processus que résume à merveille le sénateur Yves Dauge, conseiller auprès de l'Unesco : « Mener à bien une telle affaire demandera des années. Mais pourquoi se presser ? Il faut d'abord dégager un projet, lui trouver une légitimité politique et économique, l'articuler ensuite avec le quartier. En aucun cas l'Etat ne peut se débarrasser du problème en fermant et en vendant. Il doit trouver un compromis avec la Ville pour que soit pris en compte les enjeux considérables de ce dossier. »

 

R.R





Des reconversions réussies, il en existe

 

A Boston (Etats-Unis), le virage de la reconversion a été bien négocié : une prison du XIXe siècle a été transformée, en partie, en hôtel de luxe et en centre hospitalier / AFP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Boston (Etats-Unis), le virage de la reconversion a été bien

négocié : une prison du XIXe siècle a été transformée, en partie,

en hôtel de luxe et en centre hospitalier / AFP



Le séminaire sur le devenir des prisons, organisé par la CAUE, s'est tenu au sein de l'Ecole nationale de Trésor, laquelle a trouvé à se loger à Lyon dans l'ancien fort Saint-Jean, admirablement rénové et adapté pour cette nouvelle mission.
De même qu'à Nîmes, où l'Université a réussi à investir un édifice semblable, le fort Vauban, grâce au travail d'un architecte italien nommé Andréa Bruno. Lequel s'est taillée une réputation internationale en se spécialisant dans ce genre de chantiers qui nécessite, comme il l'a expliqué le 25 juin devant son auditoire lyonnais : « Que l'on ajoute, que l'on gomme, pour rendre fonctionnel ». C'est lui qui a notamment présenté la reconversion réussie de la vieille prison historique de Turin, bâtie au cœur du centre-ville sur le cours Victor-Emmanuel, en espace culturel.

A Boston, l'architecte Wolfgang Rudorf, également présent à ce séminaire lyonnais, a dirigé la reconversion d'une prison construite en 1851 (donc contemporaine des prisons lyonnaises). Les travaux qui ont exigé la démolition partielle du bâti historique ont permis la réalisation d'un vaste espace d'accueil desservant un hôtel de luxe et la construction d'un nouveau centre hospitalier.

Enfin, à Coulommiers (Seine-et-Marne), c'est une petite prison qui a été reconvertie en bibliothèque par l'architecte Béatrice Julien.

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