Mercredi 11 mars 3 11 /03 /Mars 10:46

Bien des sites sont aujourd'hui désaffectés et nombre d'entre eux sont réinvestis. Cette pratique de la réutilisation est certes ancienne, mais notre comportement architectural a été fortement influencé par la société de consommation, il faut détruire pour reconstruire du neuf et du moderne !!!!!!!!!!!!

Mais le développement durable est aujourd'hui non seulement une mode ET une réalité : pourquoi devrait-on détruire des bâtiments qui ont, non seulement un intérêt architectural certain, mais qui sont aussi construits en pierre de taille de bonne qualité. N'avons-nous pas ici tous les éléments pour avoir un comportement exemplaire à la fois du point du vue écologique et patrimonial ?

Ne pas détruire c'est éviter une perte d'énergie et de moyens financiers considérables. C'est aussi éviter la gestion, le transport et le stockage de déchets. Conserver et restaurer aura certes un coût, mais celui-ci n'est pas forcément plus élevé qu'une destruction / reconstruction. C'est aussi le moyen de garder au cœur de la ville des édifices de grande qualité que nous n'aurions plus les moyens de réaliser aujourd'hui.

Conserver ces bâtiments ne veut pas nécessairement dire muséification des lieux pour la préservation de la mémoire mais au contraire, l'affectation d'une nouvelle activité est un moyen pour redonner des racines à un quartier... Université, hôtel, bureaux ou logement???.... la question reste ouverte mais c'est le respect des aspects culturels et artistiques du lieu, qui sera la clé de la réussite de l'opération.

Le temps de la réflexion est aujourd'hui l'élément crucial pour l'avenir des prisons et ne prenons pas le risque de passer à côté d'une opération de reconversion qui pourrait être aussi réussie que celle du fort Saint-Jean (à Lyon). La gestation d'un projet de reconversion est toujours longue et difficile, mais l'exemple du Fort Saint-Jean permet de dire que même les sites qui semblent très compliqués à reconvertir dans un premier temps, peuvent être mis en valeur et révéler leurs qualités, il a fallut 3 ans dans la vie du Fort Saint-Jean pour qu'il laisse transparaître sa nouvelle vocation, laissons ce temps à nos prisons.

Si reconvertir peut paraître improbable voir même irréalisable dans certain cas, le Fort Saint-Jean tout comme les prisons sont des architectures aux qualités structurelles incontestables. Ce sont les études de faisabilité avec le pouvoir créatif d'architectes respectueux des lieux et des sites sur lesquels ils interviennent qui fondent la réussite d'une belle réutilisation. L'architecte Mr. Vurpas qui a reconverti le Fort Saint-Jean a montré qu'un édifice aussi complexe et riche d'histoire tel quel ce Fort peut être à l'origine d'une architecture incontestablement contemporaine tout en étant révérencieuse à l'égard du passé. L'avenir des prisons est  aussi l'affaire de modernité et de création, à la seule condition de se laisser un peu de temps pour étudier le projet ... et non pour l'étude de marché de la démolition.





Le fort Saint-Jean, avant la réhabilitation





Photomontage avant, pendant et après la restauration
©
fonds de l'agence d'architecture Pierre Vurpas






Vue après la restauration




Marion Lanniaux a écrit un mémoire intitulé "La reconversion du fort Saint-Jean de Lyon",
sous la direction de Dominique Bertin.        
                                                                          


Par Marion Lanniaux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 8 mars 7 08 /03 /Mars 08:32

Les prisons en France sont, certes, dans un triste état, bien souvent sinistre et morbide. Celles de Saint-Joseph et Saint-Paul ne font pas exception à la règle. Le terme prison fait de plus référence à des souvenirs « peu agréables » de la part des anciens occupants. Le site des prisons de Lyon n'évoque pas forcément une période glorieuse, ni ne fait référence à un évènement marquant qui pourrait alors lui conférer plus facilement ce statut de « lieu de mémoire ». Pourtant ces deux édifices représentent un réel atout architectural et patrimonial pour ce quartier. Il faut également penser au fait qu'une fois désaffectées, il ne s'agira plus de prisons, mais simplement de bâtiments du XIXe siècle d'une grande qualité.


En considérant le besoin de mémoire de l'homme, besoin qui se manifeste par l'existence justement de la notion de patrimoine et de Monument historique, nous pouvons penser que ces bâtiments jouent alors un rôle de signal urbain dans la ville. Ils sont un point de repère spatial, temporel, mais aussi mémoriel et parfois sentimental. Dans un quartier en pleine mutation urbaine, qui tente de conquérir une nouvelle identité, un nouveau paysage, et où l'ampleur du projet est telle, n'est-il pas souhaitable de garder un point de repère comme les prisons de Perrache ?


De par leur architecture, elles permettront de garder un lien temporel avec le passé pour ce quartier qui se veut résolument contemporain. Le jeu des contrastes entre cette architecture nouvelle, et celle issue du siècle de l'Industrie pour les prisons ne sera-t-il pas une richesse et un atout (visuel et artistique) pour ce quartier ? Le choc des rencontres entre modernité et patrimoine bâti plus ancien a souvent permis une valorisation de l'un et de l'autre. De plus, ce patrimoine peut représenter un défi pour les architectes qui devront alors concilier respect de ce dernier et architecture contemporaine de qualité. Il est donc, de ce fait, une réelle source d'inspiration.


L'art s'apparente souvent, en partie, à une rupture et un renouvellement, qui se fonde sur l'existence de ce qu'il y a eu avant. Laisser une trace visible de cet « avant » devient dès lors souhaitable et nécessaire.

La qualité architecturale, tant du point de vue technique de construction et matériaux employés, qu'artistique, est une des raisons qui appellent à sa conservation et à sa transmission. Aujourd'hui, dans une période de crise, l'homme ne possède plus la liberté d'oublier car nous sommes entrés dans une ère de la perte, où du moins dans une ère de la conscience de la possibilité de voir disparaître par les destructions massives, un héritage chargé d'histoire. Alors que le périssable devient d'une banalité pouvant être alarmante, ce qui a perduré devient objet de rareté.


Les exemples d'édifices carcéraux et militaires qui ont été préservés malgré une première idée négative quant à leurs possibilités de reconversion, sont multiples : pour Lyon nous avons le fort Saint-Jean, les Subsistances, le Grenier d'Abondance. On peut également songer à la caserne de Moulins devenu le centre national du costume de scène. Quant aux prisons reconverties, il est possible de prendre pour exemple l'ancienne prison de Coulommiers, devenue bibliothèque municipale ; celle d'Avignon transformée en hôtel de luxe tout comme celle de Cape town en Afrique du Sud ainsi que l'ancienne prison Charles Street à Boston. La vieille prison de Tongres est devenue le Musée de la condition pénitentiaire, tandis que celle de Ljubljana en Slovénie s'est muée en auberge de jeunesse. Cette petite liste d'une suite d'exemples nous prouve qu'il est tout à fait possible de réaménager, dans un programme mêlant réponse à des besoins contemporains et respect du patrimoine, les deux prisons de Lyon.


Locaux d'université ? Bureaux ? Logements ? Musée ? Comment affirmer qu'elles doivent être détruites alors qu'aucune réelle étude de reconversion et de réhabilitation n'a été menée ?

Laissons les prisons de Perrache devenir ce palimpseste qu'est le patrimoine. Donnons-leur la possibilité de voir une nouvelle histoire s'écrire dans leurs murs, dans ce patrimoine qui ne demande qu'à vivre, à perdurer et à se transmettre.


Par Julien Defillon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 3 mars 2 03 /03 /Mars 08:53
Article paru dans le Progrès, le 25 février 2009

 


L’Etat dépose le permis de démolir des prisons de Perrache


Le déménagement des prisons est programmé pour le printemps, mais déjà Saint-Paul et Saint-Joseph font l’objet d’une demande de démolition. Coup de tonnerre pour les défenseurs du patrimoine, même si rien n’est encore scellé

 

 


Déposée vendredi dernier par le ministère de la Justice, la demande de démolition des prisons perrachoises a fait l’effet d’une bombe parmi les défenseurs du patrimoine. « La situation est grave », analyse Jacques Lasfargues, directeur des musées archéologiques de Fourvière et Saint-Romain-en-Gal.

Suffisamment pour que la Commission régionale du patrimoine et des sites dont il est membre, émette, hier en urgence, une motion demandant au maire de Lyon de surseoir au permis déposé. « Lorsqu’on a appris en octobre dernier que les deux prisons ne seraient pas protégées au titre des monuments historiques, on nous a fait avaler la pilule en soulignant que serait sérieusement étudiée toute possibilité de réutilisation du bâtiment », explique encore Jacques Lasfargues, qui n’hésite pas à parler d’« abus de confiance ».

« Le préfet ne souhaite pas gardienner une prison pour empêcher les gens d’y entrer », analyse, non sans humour, Gilles Buna, délégué à l’Urbanisme, tout en précisant que la Ville ne souhaite pas se porter acquéreur.

L’évaluation des Domaines a, en effet, fixé à 23 millions d’euros au total le site et son bâti. Il est loin le temps où les Subsistances étaient cédées à la collectivité pour l’euro symbolique.

L’adjoint à l’Urbanisme, soucieux de préciser que « déposer un permis de démolir ne veut pas dire démolir », rendra avis - « seulement consultatif » - après les Bâtiments de France.

« Si le maire de Lyon le veut, il peut bloquer le dossier. Et c’est aux architectes des Bâtiments de France de refuser le cas échéant », considère de son côté le directeur des musées de Saint-Romain-en-Gal et Fourvière. Et de faire valoir que les prisons se situent juste en limite du périmètre de l’hôtel Château Perrache, lui protégé.

« Le dépôt du permis de démolir vise avant tout à favoriser la mise en vente du terrain et des bâtiments. Quant au rôle de la Ville, il est d’accompagner le processus auprès d’un éventuel racheteur et trouver ainsi l’issue la plus favorable à une reconversion avec maintien d’éléments patrimoniaux », rassure l’élu, sans cacher qu’« il n’a jamais été question de conserver les prisons dans leur totalité ». « Tout ça n’est qu’un conflit d’intérêt. On veut faire de l’argent dans un secteur bien placé. La valeur patrimoniale, tout le monde s’en fiche », réagit de son côté Eddie di Pierno, président de Patrimoine rhônalpin. L’association compte demander un moratoire de 3 ou 5 ans, pour laisser le temps de la réflexion. Une position également défendue par Régis Neyret, qui en 1998 avait permis l’inscription du site historique de Lyon au Patrimoine de l’UNESCO.

 

Dominique Menvielle



« Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu »

« Aujourd’hui on ne se donne même pas la possibilité du dialogue », tempête Eddie di Pierno, président de Patrimoine Rhônalpin. On nous fait croire qu’il faut aller vite pour des raisons de sécurité, or il n’y a pas d’urgence à démolir puisqu’il n’y a pas de repreneur. On brandit la peur d’un squat des lieux. Or il me semble qu’une prison est ce qu’il y a de plus facile à sécuriser. A moins qu’on y entre comme dans un moulin, mais ce serait inquiétant! Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu car il risque d’être squatté après le départ des hôpitaux ». Lui réclame d’ores et déjà une ouverture des prisons lors des prochaines Journées du Patrimoine, « car, forcément, la plupart des Lyonnais ne les connaissent pas ».

 

 


 

Régis Neyret, Journaliste, éditeur et défenseur du patrimoine : « Faire tomber les murs, pour montrer l’intérêt des bâtiments »

 

>> Selon vous, les prisons sont à conserver?

En France, on pose toujours le problème du devenir d’un site sur le plan administratif, mais il y a aussi la qualité architecturale. On sait que les deux prisons sont intéressantes. Surtout Saint-Paul, de type panoptique : une tour centrale et six ailes en étoile. Il n’y en a que deux autres de la sorte : la prison de la Santé à Paris et celle de Bordeaux. L’intérêt vient aussi de la qualité de la pierre.

>> Que proposez-vous?

Notre position au sein de l’UCIL (Union des comités d’intérêt locaux) c’est de dire qu’on ne va pas chercher une idée mémorielle. La chance c’est d’être au Confluent. Donnons-nous le temps de réfléchir. En Allemagne, dans des cas semblables - celui d’un bâtiment industriel ou autre, présentant un intérêt - un moratoire de 5 ans est décidé. On gèle et on réfléchit. C’est important car sur la durée les choses évoluent. Ce que nous allons demander, c’est un moratoire de 3 ans.

>> N’est-ce pas trop long?

De toute façon, on est plutôt dans une période en creux, la crise oblige à ralentir. Si l’on prend l’ancienne Ecole nationale des Beaux-arts, qui ne présente pas d’intérêt architectural certes, la Ville a bien décidé d’un moratoire. D’accord, sans le dire, mais elle pourrait très bien le dire.

>> N’y a-t-il pas une tentation légitime de raser Saint-Paul et Saint-Joseph?

Lorsque plus personne n’y sera détenu, il va falloir se sortir de la tête qu’il s’agit de prisons. Il faut pouvoir montrer que les bâtiments sont intéressants. Mais pour cela, il faut que les murs tombent ou au moins, comportent des ouvertures, sinon il n’y aura pas de prise de conscience d’un intérêt.

Ceci dit, tout le monde n’est pas favorable au fait d’ouvrir. Il y a la peur que ce soit squatté. Mais on trouve des formules pour éviter ça. La maison du Chamarier, vide depuis des années, a son gardien : le boulanger (qui,soit dit en passant, fait les meilleures bugnes) est installé en rez-de-chaussée.

>> Pensez-vous que le dossier va traîner?

La Justice a envie de vendre. La Communauté urbaine pourrait être prête à acheter suivant ce que les Domaines fixeront comme prix. Nous ne sommes pas les premiers à être confrontés à ce genre de situation. Reconvertir des prisons en hôtel, en musée, en auberge de jeunesse… Ailleurs, on a su faire.

>> L’université a des vues sur le site.

L’idée d’une utilisation des prisons par l’université, voire pour des logements étudiants, est une possibilité. Avec le plan Pécresse, des moyens vont être alloués. Mais ce qui manque à Lyon, c’est un très grand hôtel de 400 chambres.

 


Propos recueillis par Dominique Menvielle

Par Oriane Rebillard et Julien Defillon
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 mars 1 02 /03 /Mars 19:17
Prison Perrache, puis prison Saint-Joseph :


La décision de construire une nouvelle prison remonte à 1823. Cependant sa construction ne commencera que quatre ans plus tard en 1827. Des divergences d'opinions concernant son futur emplacement ainsi qu'un manque de financement ont été les raisons de ce retardement. Finalement le conseil municipal cède un emplacement d'environ 22 000 m² de terrains appartenant à la ville pour l'édification du nouveau centre de détention. En contrepartie la ville exige qu’aucune participation financière ne lui soit demandée pour la construction. Un concours est créé et treize projets voient le jour, dont quatre attirent l'attention du jury, mais aucun ne satisfait complètement aux conditions posées dans le programme. Le projet de Baltard, s'avère être celui qui se rapproche le plus du but recherché, moyennant quelques modifications.

 

Baltard était l'architecte du palais de justice de Lyon, de style néoclassique, surnommé « 24 colonnes » (1842). Il a également travaillé comme architecte à Paris. En 1825, il fut chargé des tribunaux et prisons du département de la Seine. Il a aussi réalisé des travaux de restauration dans les prisons de Saint-Lazare (1824-1832) et de Sainte-Pélagie (1824-1831).


Vue à vol d'oiseau de la prison de Lyon, par Baltard (détail)

 

Après de nombreux rebondissements, l'emplacement final de la future prison est enfin fixée. Elle devait être établie à l'angle est de la presqu'île Perrache, un quartier qui ne souffrait pas d'insalubrité, à la différence des terrains proposés auparavant.

Le 3 juillet 1828, les fondations étaient quasiment terminées, et un peu plus d'un an après, le 27 août 1829 le préfet annonçait que quatre corps de bâtiments étaient élevés et couverts, et que les autres étaient bien avancés. Il indiquait également l'ajout d'un deuxième étage à certains bâtiments qui ne devaient en avoir qu'un seul à l’origine. Dès 1831 la prison commence à accueillir ses détenus.

Mais en 1839, soit huit ans après son ouverture, la prison est déjà surpeuplée. Alors qu'elle fut construite pour héberger 200 détenus au maximum, il y en avait cette date plus de 350, à tel point que les prisonniers en étaient réduits à dormir dans les couloirs, les vestibules, et même dans les cachots.

A l'évidence, la construction d'une nouvelle prison s'imposait...


Elévation antérieure et vue cavalière, 1838 (?)

 

 

En 1853, Antoine Louviers, architecte du département, présente un projet d'agrandissement de la prison. Elle devait être agrandie à l'intérieur de son enceinte avec le prolongement des quatre bâtiments nord-est, nord-ouest, sud-ouest, et sud-est ; qui ne s'étendaient pas encore jusqu'au mur intérieur du chemin de ronde. Le bâtiment des dettiers devait être surélevé et la démolition de l'atelier de Cloutier était prévue. Le bâtiment des ateliers (bâtiment E) est presque entièrement reconstruit, car on y détruit les galeries et les voûtes afin de gagner en luminosité. Les travaux dureront 2 septembre 1856 à décembre 1857.

 


Prison Saint-Paul :


 

Dès 1847, la construction d'une nouvelle prison est envisagée dans le quartier Saint-Paul (d’où elle tirera son nom) à proximité du Palais de Justice. Suite à la proposition du préfet du Rhône, le sénateur Vaïsse, le conseil général décide en 1859 de l'installation de la nouvelle maison d'arrêt dans le quartier de Perrache, dans le voisinage de la prison Saint-Joseph.


C’est Antoine Louviers qui en dessinera les plans les plans en février 1860, et son projet est approuvé par le conseil général des bâtiments civils le 7 avril 1860. L'architecte opte pour un plan radial à six branches. Cette prison est conçue pour 550 détenus répartis entre « sept quartiers » : un pour la pistole ou les payants, un pour les jeunes détenus de toutes catégories, un pour les détenus politiques, un pour les prévenus récidivistes ou dangereux, un pour les prévenus des élites importants, un pour les détenus de tête, et un quartier cellulaire comprenant les cellules de secret, les cellules de punition et celle de sûreté pour les prisonniers les plus dangereux, et celles réservées à des prévenus encore honnêtes et qui demandent de n'être pas mêlés aux criminels.


Projet de A Louvier : plan du rez-de-chaussée, 1860



Le bâtiment central héberge en son rez-de-chaussée la salle centrale de surveillance et les parloirs, et au premier étage se trouve la très belle chapelle divisée en six compartiments qui communiquent avec leur quartier respectif.


Chapelle : vue du chœur, état en 1984



La prison est mise en service en 1865, et en 1882 et peut contenir environ 500 détenus. Par la suite de nombreux travaux d'aménagement seront effectués, en particulier suite à la loi du 5 juin 1875 inscrivant un régime cellulaire pour les prisons départementales. Un dépôt pour les morts et une salle désinfection seront créés, et des cases seront installées dans la « chapelle-école » en 1890.

Au début des années 1910 il y a en moyenne 289 détenus à l'année.

 

 


Crédit photographique : Service régional de l'inventaire

 

 

 


Pour aller plus loin concernant la prison Saint-Joseph et la prison Saint-Paul, suivez les liens !

Par Oriane Rebillard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 28 février 6 28 /02 /Fév 00:05
Bienvenue sur notre blog consacré au sauvetage des prisons Saint Paul et Saint Joseph, situées dans le quartier Perrache à Lyon, et actuellement menacées de destruction.

Crédit photographique : Google Maps
Par Oriane Rebillard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • : Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • : Bienvenue sur notre blog consacré au sauvetage des prisons Saint Paul et Saint Joseph, situées dans le quartier Perrache à Lyon, et actuellement menacées de destruction.
  • Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Contact

Pour nous écrire : sauvonslesprisonsdeperrache@yahoo.fr

Revue de presse


Articles paru dans le Progrès, le 3 juillet 2009

 


Pour les prisons de Lyon, un avenir est possible qui concilierait patrimoine et modernité. A condition de laisser à l'écart de la réfléxion polémiques et doctrines.

 

On a beau ne rien ignorer de la misère financière dans laquelle se débat le ministère de la Justice, la décision - prise dans la précipitation - de mettre en vente le site des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph, accompagnée d'une demande de permis de démolir, fut pour le moins malheureuse. Et même si, depuis, l'Etat semble revenu à de meilleures dispositions en lançant un appel à projets, c'est un bien mauvais signal qui a ainsi été adressé aux Lyonnais, au-delà des seuls défenseurs du patrimoine. Comme s'il était possible de rayer, d'un coup de bulldozer, plus de cent cinquante ans d'une histoire, lourde de symboles, inscrite dans celle d'un quartier lui-même en pleine mutation, sans se préoccuper plus avant de l'avis des habitants et des élus. On reste pantois face à une telle désinvolture.

Heureusement, il reste des hommes de bonne volonté. Ainsi le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement du Rhône (CAUE), la Commission nationale française pour l'Unesco et la section français de l'ONG vouée à la défense du patrimoine Icomos, ont organisé le 25 juin dernier un séminaire portant sur le devenir des prisons de Lyon. Il réunissait architectes et spécialistes du patrimoine, ayant notamment une expérience de reconversion de sites semblables. Car des précédents existent en France, comme à l'étranger (lire plus bas). Après tout, la prestigieuse Ecole nationale d'administration (ENA) ne s'est-elle pas installée à Strasbourg dans une ancienne prison pour femmes ?

 

Mais ce qu'il ressort surtout de cette journée, c'est d'abord la nécessité de laisser à la porte, avant même d'entamer la moindre réflexion, doctrines et postulats. Lieux de souffrances et de honte, les prisons de Lyon cachèrent aussi derrière leurs hauts murs nombre d'exécutions capitales. Au nom de ce passé, doit-on les condamner à mort à leur tour ou, au contraire, se rappeler qu'elles demeurent des témoins de l'histoire de la ville et des vestiges de ce que fut l'architecture carcérale au XIXe siècle ? Ne devrait-on pas -idée soutenue par la majorité des intervenants- chercher plutôt à leur trouver une nouvelle vocation (logements, bureaux, hôtel, etc.) quitte à procéder à des démolitions partielles pour y parvenir ? Soit tout un processus que résume à merveille le sénateur Yves Dauge, conseiller auprès de l'Unesco : « Mener à bien une telle affaire demandera des années. Mais pourquoi se presser ? Il faut d'abord dégager un projet, lui trouver une légitimité politique et économique, l'articuler ensuite avec le quartier. En aucun cas l'Etat ne peut se débarrasser du problème en fermant et en vendant. Il doit trouver un compromis avec la Ville pour que soit pris en compte les enjeux considérables de ce dossier. »

 

R.R





Des reconversions réussies, il en existe

 

A Boston (Etats-Unis), le virage de la reconversion a été bien négocié : une prison du XIXe siècle a été transformée, en partie, en hôtel de luxe et en centre hospitalier / AFP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Boston (Etats-Unis), le virage de la reconversion a été bien

négocié : une prison du XIXe siècle a été transformée, en partie,

en hôtel de luxe et en centre hospitalier / AFP



Le séminaire sur le devenir des prisons, organisé par la CAUE, s'est tenu au sein de l'Ecole nationale de Trésor, laquelle a trouvé à se loger à Lyon dans l'ancien fort Saint-Jean, admirablement rénové et adapté pour cette nouvelle mission.
De même qu'à Nîmes, où l'Université a réussi à investir un édifice semblable, le fort Vauban, grâce au travail d'un architecte italien nommé Andréa Bruno. Lequel s'est taillée une réputation internationale en se spécialisant dans ce genre de chantiers qui nécessite, comme il l'a expliqué le 25 juin devant son auditoire lyonnais : « Que l'on ajoute, que l'on gomme, pour rendre fonctionnel ». C'est lui qui a notamment présenté la reconversion réussie de la vieille prison historique de Turin, bâtie au cœur du centre-ville sur le cours Victor-Emmanuel, en espace culturel.

A Boston, l'architecte Wolfgang Rudorf, également présent à ce séminaire lyonnais, a dirigé la reconversion d'une prison construite en 1851 (donc contemporaine des prisons lyonnaises). Les travaux qui ont exigé la démolition partielle du bâti historique ont permis la réalisation d'un vaste espace d'accueil desservant un hôtel de luxe et la construction d'un nouveau centre hospitalier.

Enfin, à Coulommiers (Seine-et-Marne), c'est une petite prison qui a été reconvertie en bibliothèque par l'architecte Béatrice Julien.

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés