Destruction VS Reconversion

Publié le par Marion Lanniaux


Bien des sites sont aujourd'hui désaffectés et nombre d'entre eux sont réinvestis. Cette pratique de la réutilisation est certes ancienne, mais notre comportement architectural a été fortement influencé par la société de consommation, il faut détruire pour reconstruire du neuf et du moderne !!!!!!!!!!!!

Mais le développement durable est aujourd'hui non seulement une mode ET une réalité : pourquoi devrait-on détruire des bâtiments qui ont, non seulement un intérêt architectural certain, mais qui sont aussi construits en pierre de taille de bonne qualité. N'avons-nous pas ici tous les éléments pour avoir un comportement exemplaire à la fois du point du vue écologique et patrimonial ?

Ne pas détruire c'est éviter une perte d'énergie et de moyens financiers considérables. C'est aussi éviter la gestion, le transport et le stockage de déchets. Conserver et restaurer aura certes un coût, mais celui-ci n'est pas forcément plus élevé qu'une destruction / reconstruction. C'est aussi le moyen de garder au cœur de la ville des édifices de grande qualité que nous n'aurions plus les moyens de réaliser aujourd'hui.

Conserver ces bâtiments ne veut pas nécessairement dire muséification des lieux pour la préservation de la mémoire mais au contraire, l'affectation d'une nouvelle activité est un moyen pour redonner des racines à un quartier... Université, hôtel, bureaux ou logement???.... la question reste ouverte mais c'est le respect des aspects culturels et artistiques du lieu, qui sera la clé de la réussite de l'opération.

Le temps de la réflexion est aujourd'hui l'élément crucial pour l'avenir des prisons et ne prenons pas le risque de passer à côté d'une opération de reconversion qui pourrait être aussi réussie que celle du fort Saint-Jean (à Lyon). La gestation d'un projet de reconversion est toujours longue et difficile, mais l'exemple du Fort Saint-Jean permet de dire que même les sites qui semblent très compliqués à reconvertir dans un premier temps, peuvent être mis en valeur et révéler leurs qualités, il a fallut 3 ans dans la vie du Fort Saint-Jean pour qu'il laisse transparaître sa nouvelle vocation, laissons ce temps à nos prisons.

Si reconvertir peut paraître improbable voir même irréalisable dans certain cas, le Fort Saint-Jean tout comme les prisons sont des architectures aux qualités structurelles incontestables. Ce sont les études de faisabilité avec le pouvoir créatif d'architectes respectueux des lieux et des sites sur lesquels ils interviennent qui fondent la réussite d'une belle réutilisation. L'architecte Mr. Vurpas qui a reconverti le Fort Saint-Jean a montré qu'un édifice aussi complexe et riche d'histoire tel quel ce Fort peut être à l'origine d'une architecture incontestablement contemporaine tout en étant révérencieuse à l'égard du passé. L'avenir des prisons est  aussi l'affaire de modernité et de création, à la seule condition de se laisser un peu de temps pour étudier le projet ... et non pour l'étude de marché de la démolition.





Le fort Saint-Jean, avant la réhabilitation





Photomontage avant, pendant et après la restauration
©
fonds de l'agence d'architecture Pierre Vurpas






Vue après la restauration




Marion Lanniaux a écrit un mémoire intitulé "La reconversion du fort Saint-Jean de Lyon",
sous la direction de Dominique Bertin.        
                                                                          


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