Samedi 4 avril 6 04 /04 /Avr 00:09


Nous nous permettons de mettre en lien, la page web de l’association Echanges et Réflexions.

Cette association composée de professionnels de la construction s’inquiète du sort des prisons, mais pas dans le sens que l’on pourrait espérer.

En effet, selon eux « l'examen des plans montre que leur utilisation dans l'état actuel est illusoire et que toute modification importante, outre le coût financier induit, n'aura pour effet que de les dénaturer. ». Phrase qui paraît choquante car au contraire la reconversion de ce type d’architecture offre de nombreuses possibilités comme le montre la quantité d’exemples de prisons aujourd’hui reconverties (Boston, Coulommiers, Avignon (bientôt), Helsinki, Lucerne, Strasbourg). De plus, pourquoi et sur quelle base, affirmer qu’une reconversion entrainerait forcément une dénaturation ? L’idée n’est pas de garder l’image d’une prison… au contraire ! L’objectif est simplement de conserver et transmettre le patrimoine bâti, ce qui n’est pas la même chose…

 

La manière dont est  jugée cette architecture comme étant peu intéressante sans l’avoir apparemment réellement étudiée : « pauvreté des façades de Louis Pierre BALTARD » est quelque peu frappante. Ils se permettent ainsi de remettre en cause l’avis de très grands historiens de l’architecture qui se sont scandalisés de la menace qui plane actuellement sur les prisons. François Loyer, historien d’Art, Grand prix du Patrimoine mais également Conservateur général honoraire du Patrimoine, a récemment envoyé un appel sous la forme d’un courrier, afin de conserver les deux prisons. Ce remarquable plaidoyer peut-il être ignoré de façon aussi légère ?

 

 

Les auteurs de ces propos peuvent-ils se permettent d’être aussi peu respectueux d’une architecture ancienne et de qualité ? Car nous tenons à rappeler que plusieurs études ont été menées sur les bâtiments de Saint-Joseph et de Saint-Paul, et que leur dimension patrimoniale est reconnue par nombre de professionnels. Cette architecture est également jugée comme étant tout à fait représentative de l’évolution de la conception des prisons au XIXe siècle. De plus les façades des bâtiments de Baltard ne sont pas du tout inintéressantes, bien au contraire. Il suffit de prendre un peu de recul, et depuis la rive gauche Rhône, il est déjà possible d’apprécier le jeu des couleurs de la façade sur les quais. L’ordre dorique utilisé dans les cours de la prison Saint-Joseph leur confère une grâce élégante qui mérite d’être valorisée.

Ces architectes n’ont hélas pas su voir au-delà des murs. Ouvrons les prisons, ouvrons les murs et laissons les bâtiments respirer ! Nous ne demandons pas mieux que de permettre aux lyonnais de découvrir ce patrimoine en menant des visites guidées. Hélas nous le permettra-t-on une fois que les derniers détenus auront quitté les lieux ? 

Nous finirons par un dernier argument : on nous reproche de vouloir conserver un grand espace qui pourrait servir à des créations nouvelles et ainsi donner du travail aux professionnels de la construction. Nous ferons simplement remarquer que les Architectes du Patrimoine sont également touchés par la crise actuelle et que de ce fait, un projet de reconversion permettrait également aux professionnels du bâtiment de travailler. Il est peut-être possible que ces personnes, auxquelles on ne pense pas en premier, soient celles qui en ont le plus besoin…

 


 


Le lien de cette association




Par Julien Defillon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

  • : Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • : Bienvenue sur notre blog consacré au sauvetage des prisons Saint Paul et Saint Joseph, situées dans le quartier Perrache à Lyon, et actuellement menacées de destruction.
  • Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Revue de presse


Article paru dans le Progrès, le 25 février 2009

 


L’Etat dépose le permis de démolir des prisons de Perrache


Le déménagement des prisons est programmé pour le printemps, mais déjà Saint-Paul et Saint-Joseph font l’objet d’une demande de démolition. Coup de tonnerre pour les défenseurs du patrimoine, même si rien n’est encore scellé

 



Déposée vendredi dernier par le ministère de la Justice, la demande de démolition des prisons perrachoises a fait l’effet d’une bombe parmi les défenseurs du patrimoine. « La situation est grave », analyse Jacques Lasfargues, directeur des musées archéologiques de Fourvière et Saint-Romain-en-Gal.

Suffisamment pour que la Commission régionale du patrimoine et des sites dont il est membre, émette, hier en urgence, une motion demandant au maire de Lyon de surseoir au permis déposé. « Lorsqu’on a appris en octobre dernier que les deux prisons ne seraient pas protégées au titre des monuments historiques, on nous a fait avaler la pilule en soulignant que serait sérieusement étudiée toute possibilité de réutilisation du bâtiment », explique encore Jacques Lasfargues, qui n’hésite pas à parler d’« abus de confiance ».

« Le préfet ne souhaite pas gardienner une prison pour empêcher les gens d’y entrer », analyse, non sans humour, Gilles Buna, délégué à l’Urbanisme, tout en précisant que la Ville ne souhaite pas se porter acquéreur.

L’évaluation des Domaines a, en effet, fixé à 23 millions d’euros au total le site et son bâti. Il est loin le temps où les Subsistances étaient cédées à la collectivité pour l’euro symbolique.

L’adjoint à l’Urbanisme, soucieux de préciser que « déposer un permis de démolir ne veut pas dire démolir », rendra avis - « seulement consultatif » - après les Bâtiments de France.

« Si le maire de Lyon le veut, il peut bloquer le dossier. Et c’est aux architectes des Bâtiments de France de refuser le cas échéant », considère de son côté le directeur des musées de Saint-Romain-en-Gal et Fourvière. Et de faire valoir que les prisons se situent juste en limite du périmètre de l’hôtel Château Perrache, lui protégé.

« Le dépôt du permis de démolir vise avant tout à favoriser la mise en vente du terrain et des bâtiments. Quant au rôle de la Ville, il est d’accompagner le processus auprès d’un éventuel racheteur et trouver ainsi l’issue la plus favorable à une reconversion avec maintien d’éléments patrimoniaux », rassure l’élu, sans cacher qu’« il n’a jamais été question de conserver les prisons dans leur totalité ». « Tout ça n’est qu’un conflit d’intérêt. On veut faire de l’argent dans un secteur bien placé. La valeur patrimoniale, tout le monde s’en fiche », réagit de son côté Eddie di Pierno, président de Patrimoine rhônalpin. L’association compte demander un moratoire de 3 ou 5 ans, pour laisser le temps de la réflexion. Une position également défendue par Régis Neyret, qui en 1998 avait permis l’inscription du site historique de Lyon au Patrimoine de l’UNESCO.

 

Dominique Menvielle



« Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu »

« Aujourd’hui on ne se donne même pas la possibilité du dialogue », tempête Eddie di Pierno, président de Patrimoine Rhônalpin. On nous fait croire qu’il faut aller vite pour des raisons de sécurité, or il n’y a pas d’urgence à démolir puisqu’il n’y a pas de repreneur. On brandit la peur d’un squat des lieux. Or il me semble qu’une prison est ce qu’il y a de plus facile à sécuriser. A moins qu’on y entre comme dans un moulin, mais ce serait inquiétant! Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu car il risque d’être squatté après le départ des hôpitaux ». Lui réclame d’ores et déjà une ouverture des prisons lors des prochaines Journées du Patrimoine, « car, forcément, la plupart des Lyonnais ne les connaissent pas ».

 




Régis Neyret, Journaliste, éditeur et défenseur du patrimoine : « Faire tomber les murs, pour montrer l’intérêt des bâtiments »


>> Selon vous, les prisons sont à conserver?

En France, on pose toujours le problème du devenir d’un site sur le plan administratif, mais il y a aussi la qualité architecturale. On sait que les deux prisons sont intéressantes. Surtout Saint-Paul, de type panoptique : une tour centrale et six ailes en étoile. Il n’y en a que deux autres de la sorte : la prison de la Santé à Paris et celle de Bordeaux. L’intérêt vient aussi de la qualité de la pierre.

>> Que proposez-vous?

Notre position au sein de l’UCIL (Union des comités d’intérêt locaux) c’est de dire qu’on ne va pas chercher une idée mémorielle. La chance c’est d’être au Confluent. Donnons-nous le temps de réfléchir. En Allemagne, dans des cas semblables - celui d’un bâtiment industriel ou autre, présentant un intérêt - un moratoire de 5 ans est décidé. On gèle et on réfléchit. C’est important car sur la durée les choses évoluent. Ce que nous allons demander, c’est un moratoire de 3 ans.

>> N’est-ce pas trop long?

De toute façon, on est plutôt dans une période en creux, la crise oblige à ralentir. Si l’on prend l’ancienne Ecole nationale des Beaux-arts, qui ne présente pas d’intérêt architectural certes, la Ville a bien décidé d’un moratoire. D’accord, sans le dire, mais elle pourrait très bien le dire.

>> N’y a-t-il pas une tentation légitime de raser Saint-Paul et Saint-Joseph?

Lorsque plus personne n’y sera détenu, il va falloir se sortir de la tête qu’il s’agit de prisons. Il faut pouvoir montrer que les bâtiments sont intéressants. Mais pour cela, il faut que les murs tombent ou au moins, comportent des ouvertures, sinon il n’y aura pas de prise de conscience d’un intérêt.

Ceci dit, tout le monde n’est pas favorable au fait d’ouvrir. Il y a la peur que ce soit squatté. Mais on trouve des formules pour éviter ça. La maison du Chamarier, vide depuis des années, a son gardien : le boulanger (qui,soit dit en passant, fait les meilleures bugnes) est installé en rez-de-chaussée.

>> Pensez-vous que le dossier va traîner?

La Justice a envie de vendre. La Communauté urbaine pourrait être prête à acheter suivant ce que les Domaines fixeront comme prix. Nous ne sommes pas les premiers à être confrontés à ce genre de situation. Reconvertir des prisons en hôtel, en musée, en auberge de jeunesse… Ailleurs, on a su faire.

>> L’université a des vues sur le site.

L’idée d’une utilisation des prisons par l’université, voire pour des logements étudiants, est une possibilité. Avec le plan Pécresse, des moyens vont être alloués. Mais ce qui manque à Lyon, c’est un très grand hôtel de 400 chambres.

 


Propos recueillis par Dominique Menvielle

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés