Projet déposé par les habitants de Perrache

Publié le par Oriane Rebillard

Voici le projet que vient de m'envoyer Paul Ravaud en réponse à l'appel à idée pour la reconversion des prisons de Perrache. Il a été déposé hier, 15 septembre 2009 :                                   







                                                                        Demain,

« Cité  Perrache »



 

 

Projet déposé par

des habitants de Perrache

 

En réponse à l’Appel à idées sur l’Avenir des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph dans le quartier Perrache à Lyon

APPEL  A  IDEES

Avenir des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph,

situées dans le quartier Perrache à Lyon

 

« CITE   PERRACHE »

Réponse par des habitants de Perrache[1]

 

Riverains des bâtiments des anciennes prisons de Perrache, et plus largement habitants du quartier, nous sommes les premiers concernés par les choix qui seront opérés pour ce qui concerne l’avenir de ces bâtiments.

« Marqueurs » de notre quartier, leur démolition constituerait une atteinte majeure à l’identité perrachoise, reconnue par tous et notamment par les concepteurs du grand projet de Lyon–Confluence, comme à maints égards exceptionnelle.

De plus elle donnerait le champ libre à des projets dont rien ne garantit aujourd’hui qu’ils seraient respectueux de cette identité, de l’histoire des lieux et de la mémoire sociale, de la qualité de la vie urbaine locale.

Or, et cela fonde le projet que nous vous soumettons, les actuels bâtiments des anciennes prisons de Saint-Paul et Saint-Joseph sont insérés dans un tissu urbain particulier, et participent d’une forme urbaine qui présente des atouts considérables pour contribuer à construire la ville de demain.

Celle-ci, et nous le souhaitons tous, devra réinventer de réelles mixités d’usages, d’activités, de populations, en intégrant les exigences contemporaines d’un mode de vie respectueux de l’environnement à travers une offre de déplacements maitrisée, et un équilibre nouveau entre densité d’occupation et place offerte aux espaces ouverts et à la nature.

« Ville dans la ville », « Cité créative », tel est le projet que nous développerons après avoir  rappelé l’importance et le sens des actuels bâtiments de Saint-Paul et Saint-Joseph, ainsi que l’intérêt de leur reconversion /réhabilitation pour la réussite même du grand projet de Lyon-Confluence

 

 

1 – Des bâtiments « marqueurs » de notre quartier dans une période d’extension de la ville de Lyon

 


Saint-Joseph : un des tout premiers bâtiments  d’importance  réalisé suite à la décision d’extension de la ville de Lyon au sud[2] sur des terrains où elle souhaite favoriser l’implantation d’établissements industriels et insalubres... Seront alors édifiés le gazomètre, l’abattoir, la prison Saint-Paul, l’arsenal, et ultérieurement des entrepôts, les grands moulins de Perrache…bâtiments, qui à la notable exception de ceux des prisons Saint Joseph et Saint-Paul, ont tous, à ce jour,  été démolis.

Détruire ces bâtiments de la première moitié du XIXème siècle  signifierait rayer de la carte (physique) de la ville, de la mémoire du quartier et au delà des lyonnais non seulement les anciennes prisons de Perrache, mais un témoin majeur d’une période d’extension de la ville, de conquête du sud, et de création d’un quartier entièrement nouveau, industrieux et populaire, qui matérialisait enfin, sous une forme certes différente, cette conquête des « marges » du confluent qui avait tant fait rêver architectes, responsables politiques y compris Napoléon 1er , même si dans un premier temps elle a eu pour objectif principal de reléguer au sud un ensemble de fonctions indispensables à la vie urbaine mais qu’il était hors de question de mettre en pleine ville

Les bâtiments de Saint-Joseph et Saint-Paul constituent un double « signal » :  la façade monumentale et majestueuse de Saint-Joseph quai Perrache s’impose à ceux qui arrivent par le nord, tout comme  le dôme de la chapelle St Paul attire le regard des voyageurs qui arrivent en gare de Perrache, dôme qui constitue pour les perrachois, notamment lorsqu’ils empruntent les escalators qui relient la passerelle de la gare SNCF de Perrache au Cours Charlemagne, comme un Beffroi

Importants et imposants, ces bâtiments sont  insérés dans la vie de quartier. On pourrait penser que derrière les hauts murs qui masquent leur vie quotidienne, ces prisons vivaient hors de leur environnement, dans une sorte d’extra territorialité. Il n’en était rien. Les liens avec le quartier étaient nombreux : liens commerciaux (commerces locaux), notamment lors des visites aux prisonniers (2000 par semaine), présence d’un lieu d’accueil pour les familles des prisonniers (le San Marco), liens tissés avec les associations locales.

On peut aussi mentionner des  initiatives qui ont eu pour objet  de faire connaitre la réalité carcérale aux habitants, de tenter d’offrir aux personnes incarcérées une « ouverture » sur l’extérieur: par ex. réalisation de dessins par les enfants de l’école primaire à destination des détenus..

Les habitants de Perrache sont attachés à leur patrimoine : nous avons pu le constater lors d’une réunion d’information sur les prisons, organisée conjointement par la mairie du 2è art et le Conseil de Quartier  de Perrache Confluent le 22 juin 2009 : 100 personnes environ ont assisté à cette conférence, suivie d’un débat où de très nombreux habitants sont intervenus en faveur d’une réhabilitation/reconversion.

Cette conférence, ainsi qu’une précédente organisée en janvier 2009 ont également permis de constater l’intérêt grandissant des habitants et au-delà des lyonnais pour leur histoire récente et notamment l’histoire (notamment urbanistique et architecturale) du XIXème siècle, dont les bâtiments des prisons de Lyon sont des éléments majeurs.

La quartier de « derrière les voutes »[3] est archétypal de cette période : outre les prisons, nous pourrions citer des bâtiments d’habitation (quai Perrache notamment), d’importants bâtiments liés à l’activité ferroviaire, (suite à la construction de la gare en 1855) ainsi que la halle qui aujourd’hui abrite un dépôt TCL après avoir été le lieu de construction de bateaux (voir entrée quai Rambaud). Juste au nord des « voutes », cet ensemble XIXème est complété par des établissements bien connus : Hôtel Terminus (devenu « Château Perrache »), Brasserie Georges.

On notera au passage que cet « ensemble XIXe » relie, notamment à travers la gare, elle même du milieu du XIXème,  le nord et le sud de l’arrondissement. L’amputer des bâtiments des prisons reviendrait à occulter un moment important de l’extension de la ville de Lyon assez similaire, curieusement d’ailleurs,  à l‘extension actuelle qui se réalise  au sein de la vaste opération de « Lyon- Confluence »

Cette extension a en effet jeté les bases d’un quartier industrieux et populaire où s’est développée une sociabilité en rapport à ce type de quartier avec une forte vie associative, des réseaux de soutien et d’entraide, un réel « art de vivre »[4].

Eléments qui ont participé à la constitution de l’identité perrachoise, inscrits dans la mémoire collective, les bâtiments des anciennes prisons de Perrache sont par ailleurs des témoins (et des actants, au sens sociologique du terme) reconnus, y compris au niveau international des rapports entre architecture et enfermement[5]. Leur réalisation a donné lieu en effet à d’âpres débats sur la condition pénitentiaire et sur les formes à donner aux établissements[6]. La contribution de ces établissements à une « humanisation » de l’enfermement a été largement étudiée[7].

De plus la juxtaposition de deux types de prison, Saint-Joseph, construite selon un plan « en peigne »[8] et  St Paul, construite selon un  plan « panoptique »[9] constitue un cas unique en France ! De ce fait, ainsi que l’écrivent les auteurs de « LYON, le Confluent »,  la destruction des bâtiments « constituerait une perte importante pour le patrimoine historique et architectural de la ville de Lyon »[10]

Un premier motif qui nous conduit, nous habitants de Perrache à souhaiter que ces bâtiments des anciennes prisons de Perrache soient préservés, c’est la nécessité de maintenir vivante notre mémoire collective par le maintien de bâtiments :

-         qui témoignent d’une période fort importante de la ville de Lyon, et sa volonté (sa nécessité) d’extension au début du XIXème siècle : extension réalisée (déjà !) en direction du confluent, donnant corps en cela aux rêves et multiples projets qui avaient été envisagés depuis le XVIIIème siècle

 

-         qui témoignent d’une période de grande « agitation » et controverse autour de la question des formes et modalités de l’enfermement

 

-         qui ont contribué à forger l’identité, la personnalité de ce « nouveau quartier ».

Détruire ces bâtiments reviendrait à tirer un trait sur un moment remarquable de l’urbanisme de notre ville,à reléguer la question, toujours actuelle, des modes d’enfermement et de rapport entre architecture et politique pénitentiaire, et à amputer un quartier riche d’histoire sociale, industrielle et populaire d’une partie de ses racines.


2 – La réhabilitation /reconversion des bâtiments des anciennes prisons de Perrache : un atout pour la réussite de Lyon-Confluence


Le projet « Lyon-confluence », en cours de réalisation, a pour but explicite de prolonger le centre de Lyon en créant de toutes pièces un nouveau quartier pour lequel les exigences affichées sont fortes : mixité de fonctions et mixité sociale, qualité architecturale, éco-construction, priorité aux déplacements doux, réintroduction de la nature en ville (eau, espaces verts, parcs)….et articulation avec l’existant et en tout premier lieu la partie nord de Confluence où se trouvent précisément les bâtiments des anciennes prisons.

Cette articulation entre le moderne et l’ancien, entre un quartier « branché » et un quartier plus traditionnel est essentielle à la réussite même du projet de Lyon-Confluence et au bon fonctionnement ultérieur du sud de la Presqu’ile.

La « greffe » prendra d’autant mieux que l’histoire et l’identité de l’actuel quartier seront prises en compte et mises en valeur. Ce fut le cas avec la reconversion des bâtiments de l’ancien tri postal transformé en magnifiques locaux des archives de la ville[11]. Ce pourrait être, avec plus d’envergure, le cas avec la reconversion des bâtiments des anciennes prisons, dont on notera qu’ils bordent, tout comme le bâtiment des archives, la place des archives.

Quel ensemble !  Au nord, la gare de Perrache, dont il convient de noter que la sortie sud sera réaménagée, avec la suppression des escalators actuels, à l’ouest, le bâtiment des archives, à l’est, la construction imposante de St Paul, dévoilée par l’abattement des murs d’enceinte et mise en valeur par un environnement paysagé…qui conduit aux bâtiments de St Joseph, eux aussi révélés dans leur  construction de belles pierres[12].

Dans l’imaginaire Perrachois et plus largement Lyonnais, ainsi que dans la constitution de l’identité perrachoise, les bâtiments St Paul et St Joseph ont une place toute particulière et jouent un rôle majeur.

Sur ce point il ne faut pas négliger un certain nombre d’événements dont les prisons ont été les témoins : incarcération et torture de résistants pendant la dernière guerre, fonctionnement de la guillotine cours Suchet, incarcération de Klaus Barbie, tortionnaire de Jean Moulin.

Même si notre propos n’est pas d’exiger le maintien de ces bâtiments pour une stricte raison mémorielle, on ne saurait pour autant oublier ce qu’ils portent comme autant de stigmates de notre dramatique histoire contemporaine

Tout comme on ne saurait oublier, et encore pire, détruire les fresques saisissantes réalisées à l’intérieur de St Joseph par des détenus sous la conduite d’un artiste céramiste, peintre, Winfrid Veit[13].

Si la ville se construit pour partie sur la ville, elle se construit aussi avec la ville, avec son histoire, son patrimoine. Que serait aujourd’hui Lyon si le quartier St Jean avait été, pour partie,  démoli, si comme il en avait été question dans les années 70, les pentes (de la Croix Rousse) avaient été rasées ? Lyon serait il classé au « patrimoine mondial de l’humanité » ?

Qu’en sera-t-il demain du sud de la presqu’ile si, après les destructions des Grands moulins de Perrache, du gazomètre, de l’Arsenal, du marché gare…de la cité SNCF, on décide de détruire les bâtiments des anciennes prisons ?

Alors même que, réhabilités, ces bâtiments constitueront un formidable atout pour la Confluence et au-delà pour Lyon ?

Les exemples ne manquent pas de réhabilitations réussies et qui concourent à l’attractivité des lieux: à Lyon, avec la remarquable transformation du fort St Jean, désormais école du Trésor, celle de l’ancien tri postal, déjà cité, … ou de la sucrière (port Rambaud).

Ils ne manquent pas pour ce qui concerne les établissements pénitentiaires, que ce soit à Stockholm (prison transformée en Auberge de Jeunesse)  à Boston (prison transformée en Hôtel), à Turin (création d’un centre culturel dans l’ancienne prison) ou tout simplement à Compiègne (prison transformée en bibliothèque),

Bâtiments austères ou réputés tels ils deviennent, de par leur réhabilitation et leurs nouveaux usages,  des bâtiments attractifs, « branchés » et participent ainsi à la modernité, en étant de fait des éléments en mutation qui participent à et de la mutation urbaine.

Enracinés dans le passé, que racontent leurs pierres, ancrés dans  le présent par leurs nouveaux usages, ils participent ainsi à projeter vers l’avenir leur environnement et à tout le moins ils permettent aux habitants de mieux s’approprier les mutations en cours.

Loin de fossiliser l’histoire, ils en sont d’utiles et même indispensables acteurs[14].

Par leur propre mutation vers de nouveaux usages, les bâtiments de St Paul et St Joseph accompagneront les formidables mutations en cours de l’ensemble de cet espace que d’aucun qualifient de magique, et il l’est, que constitue le Confluent.

 


3 – Notre proposition : « Une ville dans la ville »


La proposition que nous développons ci-dessous traduit un objectif central :

Créer, à partir des bâtiments existants et des espaces libérés, un lieu urbain réapproprié par les riverains et au-delà par les lyonnais, un espace vivant et attractif, lieu d’usages multiples et permanents, diurnes et nocturnes, combinaison  d’activités culturelles, de loisirs, de production, lieu d’habitat, de vie et d’échanges. Une sorte de Cité créative, unique en son genre.

Nous présenterons successivement :

-         le parti pris urbanistique et programmatique

-         une méthode de travail appropriée

-         comment traiter le nécessaire équilibre financier

En conclusion, nous indiquerons, en quelques mots, en quoi notre projet  se veut participer à la création de la ville de demain,  entendue comme ville durable.

 

3.1 Le parti pris urbanistique et programmatique

Ce projet de création d’un nouveau quartier urbain repose sur une idée centrale : aménager l’ensemble de l’espace existant (domaines des anciennes prisons de St Joseph et St Paul auxquels on adjoint la portion de la rue Delandine actuellement insérée entre ces domaines) de telle façon qu’il devienne un « espace à parcourir », ouvert aux déambulations à travers les différentes cours et dessertes transformées en jardins ou espaces publics particuliers.

Cet espace sera jalonné de locaux commerciaux, artisanaux, culturels, associatifs et constituera comme une « ville intérieure », attractive à toute heure, permettant par exemple aux visiteurs arrivant de Perrache de traverser en diagonale la place des archives, et de déambuler dans les dédales de ces deux ilots transformés.

La réalisation de ce projet nécessite de traiter différemment et successivement les rez de chaussée et les étages des actuels bâtiments, sachant que nous proposons la conservation des bâtiments initiaux, à l’exception des ajouts successifs et notamment des éléments ajoutés au cours du 20ème siècle (miradors en béton, remplages en moellons.)

 

Elaborer une programmation d’ouverture et d’animation des rez de chaussée :

La réussite du projet (y compris sous l’angle financier) suppose que dans un premier temps soit conçu et réalisé un programme d’aménagement des rez de chaussée. 

Celui ci doit conduire à offrir des espaces attractifs, qui combineront de façon astucieuse commerces, restaurants, lieux de détente, espaces artisanaux, espaces culturels, lieux publics d’accueil,  ces derniers pouvant par exemple être constitués de permanences d’accueil de la mairie d’arrondissement –accueil des nouveaux habitants -  mais aussi de la Région, qui aurait ainsi une « vitrine » à proximité de son siège,  de l’Europe, qui se verrait enfin gratifiée d’un espace de qualité dans notre agglomération.

Dans cet esprit de RDC animés, attractifs et ouverts sur le futur, un programme pourrait être conçu autour du thème de « l’image ». A cela plusieurs raisons : l’histoire de Lyon, ville du cinéma, l’engouement contemporain pour les nouvelles technologies qui transforment la prise de vue, l’illustration, la reproduction, la diffusion, et les usages de « l’image », la « démocratisation » permise par le numérique, l’attrait de consommateurs pour devenir consom’acteurs, monter eux-mêmes leurs films, travailler leurs vidéos, leurs photos…

Ainsi, et ce programme prendrait particulièrement sa place au sein des RDC des différentes ailes de Saint Paul, pourraient se côtoyer des espaces d’apprentissage, de réalisation, une animation commerciale dédiée à l’image (type FNAC), des lieux d’exposition. Ce lieu serait également ouvert aux expressions et représentations graphiques et picturales, avec là aussi, espaces commerciaux et notamment galeries[15], commerces dédiés, etc.

Ce programme serait complété par l’installation d’une médiathèque, fortement souhaitée aujourd’hui par les habitants du quartier de Lyon-Confluence.

Sachant que des universités se sont dites intéressées par les actuels bâtiments, nous formulons une suggestion architecturale  relative à l’aménagement de bâtiments de Saint-Paul : il serait tout à fait possible, et probablement d’une grande qualité esthétique, de construire entre des ailes du bâtiment un ou  plusieurs amphithéâtres. Réalisés pourquoi pas en ossature bois, matériau  qui se marierait bien avec les matériaux existants, ces amphithéâtres donneraient de l’ampleur au bâtiment existant, offriraient des surfaces utiles appréciables et seraient tout à fait compatibles avec les usages proposés pour les rez de chaussée. 

 

Proposer des usages spécifiques pour les étages des bâtiments :

Les étages des bâtiments, et particulièrement ceux de Saint-joseph, offrent  par leurs volumes et leurs surfaces d’importantes possibilités d’aménagement pour des usages tels que : logements, et notamment logement pour étudiants[16], activités tertiaires (bureaux, locaux professionnels pour architectes, bureau d’études et autres professions libérales, sociétés commerciales..), locaux de production (application informatique, par ex.), et ateliers divers dont l’activité nécessite leur proximité du centre urbain.

Les étages peuvent également offrir des surfaces adaptées pour des locaux dédiés à l’enseignement, à  la recherche, pour l’aménagement de bibliothèques, etc.

Quelles que soient les activités concernées, on ne saurait suffisamment souligner l’intérêt stratégique du site des anciennes prisons de St Joseph et St Paul : 

-         Une très bonne desserte en transports en commun : proximité de la gare SNCF de Perrache et du centre d’échanges où convergent métro, tramways, et de très nombreuses lignes de bus.

-         Une station de Taxis

-         Une liaison pratique avec l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry

-         Un accès routier aisé, une sortie directe sur le réseau routier et autoroutier, et un parking à proximité

-         L’actuel centre ville (place Bellecour) à 10’ à pied !

-         Le tout nouveau quartier de Lyon-Confluence, avec notamment le futur siège de la Région[17], à deux stations de tramway

Dans une période où la nécessité de lutter contre le changement climatique va inciter les entreprises et autres activités à s’installer au cœur du tissu urbain, à proximité des transports collectifs, mais aussi des logements, des commerces, des lieux d’échange, de loisirs, des espaces culturels, le site actuel des bâtiments de St Joseph et Saint Paul est tout simplement remarquable ! De ce fait la commercialisation des espaces en locaux, notamment professionnels, pourra faire prévaloir des atouts rarement réunis comme ici.

Cette commercialisation des locaux en étage (vente ou location) sera bien évidemment indépendante  de celle des activités des rez de chaussée.

Par cette proposition de « double programmation », nous nous inspirons des démarches qui ont permis aux quartiers anciens et encore existant, notamment à Lyon, d’être porteurs et acteurs d’une réelle urbanité, riche d’usages divers, d’une forte mixité d’activités, de populations. C’est à l’exact opposé d’un urbanisme monofonctionnel ou quasi monofonctionnel qui hélas, a tendance à « réduire »  aujourd’hui nos villes à une juxtaposition d’espaces dédiés à telle ou telle fonction, sans souci de la qualité  de  la vie urbaine !

Nous le répétons : la force de notre projet : c’est bien de contribuer à créer « de la ville », de « l’urbanité ».

 

Ouvrir cet espace sur son environnement en préservant son identité

Les murs d’enceinte : Que faire des ou avec les murs d’enceinte actuel ? Notre proposition ne consiste pas à les démolir entièrement mais à les araser pour partie et les ouvrir, en créant des passages, des « portes » dont les noms évocateurs renverront soit à l’histoire urbaine, soit à l’histoire des bâtiments, soit aux nouveaux usages. Créer des portes tout en gardant une partie des murs, c’est aussi répondre à la demande de « l’appel à idées » relative à la continuité du bâti, notamment Cours Suchet, c’est aussi faire des « coutures » avec l’existant. C’est enfin un  clin d’œil à la culture des traboules lyonnaises et des portes y donnant accès.

Des symboles de l’usage antérieur : Transformer les usages des bâtiments des anciennes prisons ne signifie pas extirper de la mémoire toute trace de leur usage primitif. Nous proposons que deux éléments majeurs soient conservés, comme témoins de la fonction antérieure des bâtiments et de la vie pénitentiaire qui s’y est déroulée :

Le magnifique porche d’entée, actuellement situé au débouché de la rue Quivogne[18] :

 

   Le porche d’entrée…..                                               avec ses trois symboles : le glaive, la balance, l’oiseau de la liberté

 

                                              

 

 

Illustration de ce  que pourrait être une entrée sur cette « ville dans la ville », ouverte sur des nouveaux usages,  passage qui tout à la fois relie et préserve, portes incitant à des découvertes, témoins de l’identité d’un lieu, de son histoire.

Succession de portes et de passages, comme un sas où l’on pénètre en une « Cité », en une sorte de « vieille ville » d’aujourd’hui, mystérieuse et attirante, en un lieu propice à la création, multiple !

 

 

…ainsi que le décor de la cour d’honneur de la prison Saint Joseph, constitué de panneaux de terre cuite réalisées par des détenus.[19]


Une architecture  favorable à un usage permanent

Les espaces publics, places et placettes, ruelles, passages, joueront un rôle majeur pour l’attractivité et le fonctionnement de ce lieu. Afin d’en favoriser l’usage lors des saisons fraiches et pendant les périodes pluvieuses, ces espaces extérieurs seront autant que possible couverts d’une série de verrières entre les bâtiments, ce qui optimisera le bilan écologique et récréera l’esprit des passages couverts initiés au début du XXème siècle, tout en mettant en valeur l’architecture des façades des bâtiments.


3.2  Méthode de travail proposée

Une mission de préfiguration : La conception et l’accompagnement de la réalisation  de ce  projet suppose la mise en place d’une gouvernance spécifique : ainsi nous proposons que soit créé, dès le départ, un atelier permanent, sorte d’atelier public qui aura en charge de piloter la conception du projet, d’en assurer la communication et la concertation, ainsi que la conduite de la réalisation.

Compte tenu de la nature du projet, de la nécessité d’associer pour chaque phase les concepteurs, investisseurs, financeurs, et commercialisateurs nécessaires, la conception et la réalisation du projet sera progressive. Nous proposons qu’elle soit conçue par tranches, en partant en priorité de la place des Archives. Cette approche par tranche devrait également permettre de « libérer les imaginations » et de proposer des réalisations innovantes, tant du point de vue de leur aménagement, que de leurs usages.

Un appui technique : Ce projet fera appel à des investisseurs publics et privés et mobilisera un ensemble d’acteurs de statut  et de missions forts différents. Il sera dès lors indispensable que la mission de préfiguration  puisse s’appuyer sur une équipe technique regroupant des compétences juridiques, urbanistiques et de montage d’opérations.

Une attention particulière sera notamment à apporter au mode de gestion de l’ensemble de cette « cité », mode qui devra notamment garantir le caractère public et ouvert de l’ensemble des cheminements internes (en s’inspirant de la culture des traboules lyonnaises).

Un lien étroit avec la SPLA Lyon-Confluence : Ce projet sera conçu en lien étroit avec la S.P.L.A. Lyon-Confluence : pour optimiser les moyens d’études et d’analyse, pour bénéficier de son savoir faire, notamment en matière de concertation avec les habitants et les associations locales, et surtout pour assurer l’osmose indispensable entre les différents projets et différents quartiers dont les évolutions seront décisif quant à la forme et la qualité urbaine du sud de la presqu’ile, c’est à dire en réalité de l‘entrée sud de Lyon.


3.3 Comment traiter le nécessaire équilibre financier ?

 « l’Appel à idées »  stipule très clairement que les projets présentés doivent à la fois prendre en compte les attentes de l’Etat vendeur, et offrir toute garantie de viabilité économique.

Pour ce qui concerne le second point, celui de la viabilité économique, il nous parait qu’elle constitue un objectif tout à fait atteignable compte tenu :

-         de la nature des projets que nous proposons et qui font largement appel à des investisseurs privés : commerces, restaurants, espaces de loisirs, locaux d’activité,

-         du contenu global du projet, qui fera de ce lieu un espace très attractif et recherché,

-         de la localisation du site, et plus globalement du dynamisme  de l’agglomération lyonnaise

Cet impératif de viabilité économique sera à l’évidence un critère important que ne manquera pas de prendre en compte l’équipe de préfiguration, y compris pour l’agencement et la programmation des différents types d’activités qui in fine seront retenus.

Pour ce qui constitue le premier point, à savoir la prise en compte des attentes de l’Etat vendeur, elle ne pourra en toute logique être satisfaite dans l’immédiat sauf à  ce que soit créée une « structure » ad hoc, qui aura à porter la charge de l’acquisition, le temps que les transformations et aménagements qui seront réalisés progressivement, permettent, par des cessions et/ou la perception de loyers,  de « rembourser » ce qui constituera, selon l’analyse que l’on peut faire, un prêt ou  une dette.

Mais ceci ne doit, en aucun cas, constituer un frein, voir un refus d’examiner une proposition telle que celle que nous soumettons.

En effet, nous ne sommes pas devant un simple acte commercial. Ce qui est en jeu, c’est la création de valeur, au sens fort du terme.

Création de valeur par la mise sur la scène publique d’un patrimoine important, reconnu par tous les spécialistes comme unique en France et probablement au-delà, et par l’appropriation par les lyonnais ou la réappropriation, d’un moment de l’histoire de leur ville, de leur histoire.

Création de valeur par la création de nouveaux espaces, de nouveaux équipements publics, privés, associatifs : chaque fois que se réalisent des investissements de ce type, c’est la richesse de la ville qui augmente, c’est notre patrimoine collectif commun qui se développe, celui que nous utiliserons mais celui aussi que nous léguerons à celles et ceux qui viendront après nous.

La puissance publique, qu’elle soit représentée par l’Etat ou par les collectivités territoriales ne peut ignorer tout cela. Au contraire elle se doit, nous semble t’il,  de favoriser la création de valeur collective,  qui profite au bien commun et qui en l’occurrence contribuera à créer un beau quartier de ville, lui-même acteur d’une nouvelle urbanité.


Pour conclure …

Ce projet s’inscrit pleinement dans une stratégie de développement urbain durable. Partant des espaces et bâtiments existants,  il propose de créer  un espace urbain, certes ancré dans l’histoire - il n’existe pas de ville sans passé - mais résolument tourné vers l’avenir,  en phase avec les attentes et désirs contemporains :

-         d’une  ville ouverte, accueillante, ville de mélanges : de cultures, d’activités, de populations,

-         d’une ville innovante et créative, en tous domaines : intellectuels, économiques, artistiques

-         d’une ville  inventive de nouveaux rapports sociaux, de nouveaux modes de vie, qui sauront « ménager » leur environnement,  et ainsi préparer le futur en le préservant.

Les sites des anciennes prisons de Perrache, « Lieu Unique et Magique » se prêtent magnifiquement à cette invention de la ville durable, ville de demain. Sachons saisir l’occasion !


Créons « Cité Perrache » !

 

 



[1] Membres de la commission Urbanisme/Développement local du Conseil de Quartier de Perrache-Confluence

[2] Période 1825/1827

[3] Terme qui pour nous n’a rien de péjoratif. Ne pas oublier qu’il figure en tant que tel  sur le monument aux morts situé place de l’hippodrome, lequel représente de façon stylisée les voutes situées sous la gare de Perrache

[4] Ceci explique qu’encore aujourd’hui, les perrachois parlent de leur quartier comme « d’un village »

[5] Cf. intervention de Jean Michel Leniaud, Directeur d’études à l’EPHE,  lors du colloque du CAUE du Rhône le 25 juin 2009

[6] Cf. « LYON Le Confluent », cahiers du patrimoine, N°80, aux éditions « Lieux dits »

[7] ibidem

[8] Baltard, architecte

[9] Louvier, architecte

[10] Op.cité.p.123

[11] Constantin, architecte

[12] Voir à ce propos « Lyon, le Confluent », op.cité, pages 104 à 109

[13] Ces fresques témoignent de l’important travail socio-éducatif réalisé à l’intérieur des établissements pénitentiaires, réalité trop méconnue pour être, surtout aujourd’hui entièrement occultée !

 

[14] A contrario, combien de villes ne regrettent elles pas aujourd’hui des démolitions faites à la hâte antérieurement et qui désormais les privent de formidables atouts ?

[15] Les galeries qui ont actuellement tendance à quitter la rue Auguste Conte trouveraient là  probablement uu lieu attractif pour leur activité

[16] La situation des bâtiments des anciennes prisons est remarquable pour cet usage : proximité de locaux des différentes universités (Lyon I, II, III, Université catholique) et de nombreux établissements d’enseignements supérieurs

[17] Ouverture prévue courant 2010

[18] Photos prises par les auteurs

[19] Panneaux réalisés en 1985 sous la conduite de Wimfried Viet, céramiste, peintre et sculpteur.

 

 

Deux annexes :

 

Annexe 1 :

Nous vous joignons un « croquis d’ambiance » où l’on perçoit à la fois la nécessaire densification des deux ilots (notamment avec les verrières du coté Saint-Joseph et des amphis[1] du coté Saint-Paul) ainsi que l’ouverture vers l’ilot de la gare

 

 

Annexe 2 :

Présentation d’un schéma de principe qui fait apparaitre toutes les liaisons possibles : place des archives, le Rhône, quartier Sainte –Blandine….

 

 

Remarques :

Montage de l’opération:

Vue la complexité de ce projet, il sera indispensable qu’il soit conçu et porté par une structure « ad hoc », nécessairement mixte (publique/privée), en capacité de mobiliser les capitaux nécessaires (CDC, Banques d’investissement, fond publics y compris européens) et de mettre en place une ingénierie financière qui saura mettre en place les montages adaptés

Principes de participation:

Attachés au principe et idées directrices soutenus dans notre projet, nous n’en sommes pas moins ouverts à l’idée d’une coopération dans le cadre d’un travail collectif qui pourrait réunir, outre des représentants des habitants, des professionnels : urbanistes, paysagistes, sociologues, spécialistes de montages financiers opérateurs… ce qui permettrait d’inventer un processus de conception et de réalisation du  projet à la fois novateur et correspondant aux attentes contemporaines de participation.



[1] Ces amphis pourraient avoir différentes affectations : université, cinéma, colloques ,etc..

 

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plombier paris 6 26/01/2015 10:56

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