Revue de Presse du 22 septembre 2009

Publié le par Oriane Rebillard

Aujourd'hui le progrès nous gratifie d'un grand article sur les prisons, où il fait un tour d'horizon de ce qui se passe actuellement.

Ces Lyonnais qui s'élèvent contre le projet de démolition des prisons


Entre ceux qui voudront faire table rase et les défenseurs du patrimoine, qui l'emportera ? Alors que l'appel à idées lancé par la préfecture a pris fin, des voix s'élèvent pour que soit levé l'arrêté préfectoral de démolition qui plane sur les prisons
L'appel à idées lancé par la préfecture pour faire naître des reconversions possibles du site des prisons à Perrache, a pris fin la semaine dernière. Et déjà une pétition demande « que le temps et les moyens nécessaires soient accordés pour que ces bâtiments des prisons de Lyon puissent trouver les nouveaux usages qui en feront demain des éléments forts de la ville en train de se construire ».

Parmi les arguments, figure la nécessité de témoigner « qu'hier la ville de Lyon entassait, loin de son centre, mais près de la gare, des bâtiments administratifs et industriels indésirables et cependant utiles au bon fonctionnement de la société ».

La pétition est adressée à la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, transmise au préfet du Rhône et au maire de Lyon et président du Grand Lyon.

Une dynamique cherchant à conserver les prisons est ainsi en marche, déjà initiée au printemps, lors du coup de tonnerre provoqué par le dépôt d'un permis de démolir par le ministère de la Justice, désireux de renflouer ses caisses. Jacques Lasfargues, directeur du musée gallo-romain, avait alors fait connaître son émoi, tout comme Eddie Gilles Di Pierno, président de Patrimoine Rhônalpin.Pourquoi se mobiliser aujourd'hui, à quelques jours de connaître le résultat de l'appel à idées ? « Le délai accordé pour y répondre a pu faire croire qu'il y avait un vrai moratoire », souligne Paul Raveaud pour qui « la levée de l'arrêté préfectoral de démolition des prisons Saint-Paul/Saint-Joseph serait un bon préalable ».

En attendant, le blog « sauvonslesprisonsdelyon » [il s'agit bien évidement de notre blog : sauvonslesprisonsdeperrache !] reste lui aussi actif. On y trouve des idées qui ne manquent pas d'audace. À l'image du projet de l'agence d'architecture SENAC & OMNIS qui défend la réalisation d'un Centre d'Evasion conservant les bâtiments existants. Même chose du projet déposé par les habitants de Perrache, « Cité Perrache », qui combine, lieu de loisirs, de commerces, d'habitation…

« Si notre projet est retenu, l'université serait acquéreur de la prison Saint-Paul. Cela nous permettrait, tout en conservant une partie du bâti, de construire les 30 000 m2 dont nous avons besoin », indique de son côté, Michel Quesnel, recteur de l'Université catholique de Lyon ( 20 Minutes).

« Mais pourquoi se presser ? Il faut d'abord dégager un projet, lui trouver une légitimité politique et économique, l'articuler ensuite avec le quartier. En aucun cas l'Etat ne peut se débarrasser du problème en fermant et en vendant. Il doit trouver un compromis avec la Ville pour que soit pris en compte les enjeux considérables de ce dossier », soulignait en juillet, dans sa grande sagesse, le sénateur Yves Dauge, conseiller auprès de l'Unesco ( Le Progrès du 3/07).

 

Dominique Menvielle

 

 

 

 

 

QUESTIONS A

Paul Raveaud

« Il faut du temps pour étudier des projets de qualité et les mettre au débat public »


Que demandez-vous à travers cette pétition ?

Nous demandons que « du temps soit donné au temps ». « En d'autres termes, qu'un délai suffisant soit accordé pour que des projets de qualité, relatifs à une réhabilitation/reconversion de Saint- Paul et Saint-Joseph soient étudiés et mis au débat public, et que, notamment, les contributions qui ont été remises à l'administration en réponse à l'appel à idées puissent être suffisamment approfondies pour donner lieu ensuite à des projets soutenables.

Êtes-vous convaincu de l'attachement des Lyonnais à ces bâtiments ?

Les Lyonnais sont de plus en plus attachés à leur patrimoine, quel qu'il soit : Hôtel-Dieu, musée Guimet, anciennes prisons de Perrache, etc.

Ils s'inquiètent, à juste titre, des risques de disparition ou de dénaturation de ce qui a été et demeure constitutif de leur histoire et de l'identité lyonnaise.

Pour ce qui concerne les anciennes prisons, une dynamique « préservatrice » se développe : en quelques mois nous sommes passés d'une sorte d'indifférence à un sentiment de curiosité qui donne lieu, aujourd'hui, à un souhait de plus en plus partagé de réhabilitation avec la création de nouveaux usages.

Qui sont les signataires ?

Les signataires sont multiples : historiens et spécialistes du patrimoine, personnalités lyonnaises indiscutables, urbanistes, acteurs de l'économie, étudiants, habitants, riverains : tous ont en commun de vouloir que les murs et bâtiments qui portent les traces de notre histoire soient des éléments constitutifs de la ville de demain. Leur combat n'est pas conservateur au sens traditionnel du terme, il est, au contraire, porteur de valeurs pour construire une ville d'autant plus créative et dynamique qu'elle aura su être respectueuse de son passé.

 

 

Propos recueillis

par D. Menvielle

 

 

 

Une centaine de pétitionnaires dont Bruno Benoît, Ugo Iannucci…

L'historien Bruno Benoît, Paul Raveaud responsable associatif, Ugo Iannucci, ancien bâtonnier, Marie Anaut, professeur d'université, Guy David, maire, président de la commission urbanisme du Grand Lyon,

Oriane Rebillard, étudiante, Henri Jacot, universitaire, conseiller régional, ancien adjoint au maire de Lyon, Michel Marec, ingénieur général des Ponts et Chaussées, ou encore Jean Berthinier, adjoint au maire de Villeurbanne, Jacques Bonniel, universitaire et Jean-Paul Dumontier urbaniste, sont parmi les premiers signataires au côté d'une centaine d'autres. « Notre pétition, certes modeste, confirme l'attachement de Lyon à ces bâtiments qui sont des témoignages patrimoniaux fondamentaux pour un quartier qui, en pleine restructuration, a besoin de repères ».

 

 

 

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A.Daigremont 23/09/2009 00:52


Croyez-vous vraiment qu'une démolition-reconstruction en béton serait plus économique pour la communauté ? Pensez-vous que ce soit gratuit de détruire jusqu'aux fondations une PRISON construite en
PIERRES DE TAILLE ? Voyons, la question du coût pour le contribuable est bien secondaire dans l'esprit des décideurs qui penchent en faveur de la destruction : ce qui les intéresse, c'est avant
tout la valeur foncière du terrain, mais c'est à des investisseurs privés que cela rapporterait dans l'éventualité d'une destruction.

D'ailleurs, certains projets de réhabilitation proposent dans une large mesure la création de commerces, qui pourraient ensuite être loués par la ville, ou vendus, ce qui il me semble ne ferait
qu'apporter des fonds à la collectivité.

Quant aux espaces verts, il y a des lieux (comme la confluence) qui à mon humble avis y seraient plus propices.

Pour ce qui est de se tourner vers le passé, cel vous a déjà été remarqué : REHABILITER ce n'est en aucun cas se tourner vers le passé, c'est faire d'un héritage un bien utilisable au présent, tout
en respectant son originalité et ses racines. Personne ne veut faire de ces prisons un lieu de mémoire, bien au contraire !


G Chambe 22/09/2009 23:33


Les auteurs de cette action n'engagent qu'eux-mêmes, en disant que les lyonnais sont très attachés à leurs prisons. Que les gens qui souhaitent les acquérir le fassent à titre privé, et sans
l'argent des contribuables qui, à l'heure des déficits et de la hausse continuelle des impôts locaux, pourraient être bien mieux utilisé; Il y a overdose à Lyon de lieux de mémoire et de souvenir
en tous genres. Qu'on nous construise des jardins: lyon manque terriblement d'espaces verts. Investissons pour le futur plutôt que vers le passé!


Protégeons notre patrimoine 23/09/2009 00:42


Ce qui est certain, c'est que si les prisons sont détruites, ça ne sera pas pour mettre des espaces verts qui ont une rentabilité nulle, mais plutôt des immeubles comme on en trouve beaucoup en
construction actuellement dans les quartiers résidentiels de Lyon.
Quant à l'idée "il y a overdose de lieux de mémoire et de souvenir en tout genre", là aussi je pense que nous pourrions conclure par "l'auteur de ce commentaire n'engage que lui même en disant
celà"... Et c'est bien pour ça qu'un débat s'est instauré autour de ces prisons d'ailleurs !
De plus, si imaginer les prisons reconverties en locaux associatifs, ludiques, sportifs, en crèche, en médiathèque etc, ce n'est pas se tourner vers l'avenir, alors nous ne nous y entendons plus !