Compte rendu de la conférence de lundi 22 juin 2009

Publié le par Oriane Rebillard et Julien Defillon

 

Lundi soir s’est déroulée une conférence aux archives municipales de Lyon, intitulée « Les prisons de Perrache à Lyon : Histoire, architecture et urbanisme », animée par Véronique Belle, chercheur à l’inventaire du patrimoine culturel de la région Rhône-Alpes.

 

Dans un premier temps a été fait un point sur la situation actuelle des prisons, avec l’appel à idées qui a été lancé, et qui prendra fin le 15 septembre 2009. Si à cette date, des idées réalisables sont proposées, un nouveau délai sera accordé dans le cadre d’un appel à projets.

Pour cela, il faut que les « idées » prennent en compte trois facteurs qui sont :

l’aspect patrimonial

l’aspect environnemental et urbanistique

l’aspect financier

Les prisons de Perrache sont situées à un lieu charnière et singulier, et le défi est de lier ces trois aspects.

 

Véronique Belle nous a rappelé l’histoire des prisons de Perrache, qui est également disponible ici pour la prison Saint-Joseph, et ici pour la prison Saint-Paul. De plus nous en avions déjà parlé dans l’un de nos premiers articles (cliquez ici).

 

Le débat qui a suivi a été très intéressant, et nous allons évoquer les idées majeures qui en sont ressorties :

 

Certains ont insisté une nouvelle fois sur le délai beaucoup trop court accordé pour l’appel à idées. Cependant, Denis Broliquier, maire du 2ème arrondissement a souligné  le fait que si des idées sont retenues, alors un nouveau délai aura lieu pour un appel à projets.


Le manque d’une prise de position claire par le Ministère de la Culture, ainsi que par la Mairie de Lyon a été déploré. Nous ne pouvons qu’insister sur cet argument, car il est incompréhensible que les responsables d’une ville classée à l’UNESCO puissent laisser son patrimoine expirer sous les bulldozers. L’impression  qui se dégage de cette affaire est que la mairie se contrefiche de cette histoire, et souhaite se décharger de ses responsabilités. Certains n’ont pas hésité à dire que Mr Collomb devait se montrer beaucoup plus ferme concernant le dossier.


Une personne a demandé si il y avait déjà eu des prisons reconverties en France, et une liste de villes ayant connu une telle reconversion a pu être faite : Autun, Coulommiers, Strasbourg, Avignon, Fontainebleau et Toulouse.


Les appels à idées ne peuvent être réalisés que par des organismes privés, car l’argent public ne peut pas être investi dans un tel projet.


Des idées de reconversions ont été données, comme un ensemble sportif, où les plus audacieux imaginent une piscine en sous-sol, mais aussi un centre culturel, avec une médiathèque par exemple. Plusieurs habitants du quartier ont par ailleurs déploré le manque de structures collectives dans le deuxième arrondissement, qui ne dispose d’aucune bibliothèque (entre autres…). Certains ont même évoqué l’idée d’y installer le Musée des Confluences. Face au projet démesuré du Musée qui s’enlise, dont le coût est déjà exorbitant alors qu’il n’est pas encore sorti de terre (mais le sera-t-il un jour ?), les prisons semblent être un bon compromis pour y installer cette institution.


Eugène Gachon, architecte, a quant à lui défendu l’idée de faire table rase, afin d’élever de hauts immeubles, et de gagner de la place au sol afin d’y installer des espaces verts. Mais plusieurs personnes se sont vivement opposées à ses propos, scandant qu’ils ne voulaient pas un nouveau « Part Dieu » à deux pas du centre historique, et qu’ils préféraient garder du « Vieux » plutôt que du « neuf » haut et étouffant.


Denis Eyraud a rappelé que l’emplacement des prisons était « coincé » entre l’autoroute et l’ensemble gare/échangeur de Perrache, et que ce n’était pas dans un tel lieu que l’on pouvait élever des bâtiments modernes. Le quartier dispose de peu de patrimoine, qu’il serait dommage de gâcher.


Paul Raveaud a émis l’hypothèse d’un partenariat entre le public et le privé pour financer une reconversion et a ajouté que « l’investissement créé de la valeur pour les générations futures ». Plutôt que de penser à demain, il propose de penser au surlendemain, et de concevoir des projets pour le long terme. De plus, un des atouts principaux est la présence de la gare et des transports en commun, qui permettraient un accès très facile. 


Il a été rappelé que Lyon était une ville où les reconversions de bâtiments sont fréquentes comme le grenier d’abondance, le fort Saint-Jean, la Halle Tony Garnier, ou encore l’actuel conservatoire de danse. 


Enfin, a été suggérée l’idée de sacrifier une prison au profit de l’autre. Mais le problème principal est de savoir laquelle.

 

 

Ce débat a été très constructif, et il a permis de faire le tour des propositions et des reproches qui reviennent le plus souvent concernant les prisons de Lyon. De nombreux habitants du quartier était présents, et ils ont prouvé qu’ils se sentent concernés par l’avenir de ces bâtiments. La plupart d’entre eux sont favorables à une conservation partielle ou totale, à condition que les murs tombent, et que des activités tournées vers les quartiers s’y installent.

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