Partager l'article ! Revue de Presse du 23/09/09: Suite au contact que nous avions pris avec Elsa Frisullo, journaliste du 20 Minutes lyonnais, elle a écrit un article su ...
Projet d'évasion dans les anciennes prisons
Et si à la place des maisons d'arrêt de Perrache (2e) un nouveau pôle de loisirs voyait le jour ? Tel est le projet défendu par l'ingénieur Alexandre Jennan de la société Omnis Bâtiment et l'architecte Sophie Sénac, tous deux candidats à la reconversion des anciennes prisons. Dans le cadre de l'appel à idées lancé par l'Etat, cette équipe lyonnaise a imaginé de transformer ces lieux en un immense « centre d'évasion ». Un concept original né de la volonté de valoriser cette architecture pénitentiaire du XIXe siècle tout en gommant la sombre image des bâtiments carcéraux. « Durant deux siècles, cet endroit est resté inaccessible aux Lyonnais. Pour les habitants, la proximité de ces prisons a toujours été source de préjudice », indiquent les concepteurs, soucieux de voir émerger « un lieu de vie ouvert à tous ». L'endroit rêvé accorde donc une place forte aux commerces, restos et cafés, répartis aux rez-de-chaussée de Saint-Paul et Saint-Joseph, seulement amputés des murs d'enceinte et de quelques bâtiments administratifs. « Il y a un manque cruel de commerces sur le quartier », indique Alexandre Jennan, qui a aussi prévu la création d'un passage couvert et piéton, rue Delandine, dédié aux métiers de bouche. « Mais il ne s'agit pas d'un centre commercial », précise l'ingénieur, qui imagine dans les étages supérieurs des clubs associatifs, des ateliers artistiques, une salle de sport et un grand espace de jeux pour les 5-15 ans. « Les parents feraient du shopping pendant que leurs enfants joueraient dans un espace sécurisé », poursuit-il. Mais ce projet saura-t-il convaincre les représentants de l'Etat ? Pour s'en assurer, Alexandre Jennan et Sophie Sénac ont obtenu le soutien du groupe Financière Duval, un promoteur prêt à répondre à un éventuel appel d'offres. Pour permettre cette « évasion », ce dernier devra débourser 24,7 millions d'euros pour acquérir les terrains des anciennes prisons et presque autant pour aménager ce pôle de loisirs. W Elisa Frisullo >>> cliquez ici pour voir l'article d'origine <<< |
L’Etat dépose le permis de démolir des prisons de Perrache
Déposée vendredi dernier par le ministère de la Justice, la demande de démolition des prisons
perrachoises a fait l’effet d’une bombe parmi les défenseurs du patrimoine. « La situation est grave », analyse Jacques Lasfargues, directeur des musées archéologiques de Fourvière et
Saint-Romain-en-Gal.
Suffisamment pour que la Commission régionale du patrimoine et des sites dont il est membre, émette, hier en urgence, une motion demandant au maire de Lyon de surseoir au permis déposé. « Lorsqu’on a appris en octobre dernier que les deux prisons ne seraient pas protégées au titre des monuments historiques, on nous a fait avaler la pilule en soulignant que serait sérieusement étudiée toute possibilité de réutilisation du bâtiment », explique encore Jacques Lasfargues, qui n’hésite pas à parler d’« abus de confiance ».
« Le préfet ne souhaite pas gardienner une prison pour empêcher les gens d’y entrer », analyse, non sans humour, Gilles Buna, délégué à l’Urbanisme, tout en précisant que la Ville ne souhaite pas se porter acquéreur.
L’évaluation des Domaines a, en effet, fixé à 23 millions d’euros au total le site et son bâti. Il est loin le temps où les Subsistances étaient cédées à la collectivité pour l’euro symbolique.
L’adjoint à l’Urbanisme, soucieux de préciser que « déposer un permis de démolir ne veut pas dire démolir », rendra avis - « seulement consultatif » - après les Bâtiments de France.
« Si le maire de Lyon le veut, il peut bloquer le dossier. Et c’est aux architectes des Bâtiments de France de refuser le cas échéant », considère de son côté le directeur des musées de Saint-Romain-en-Gal et Fourvière. Et de faire valoir que les prisons se situent juste en limite du périmètre de l’hôtel Château Perrache, lui protégé.
Dominique Menvielle
« Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu »
Régis Neyret, Journaliste, éditeur et défenseur du patrimoine : « Faire tomber les murs, pour montrer l’intérêt des bâtiments »
>> Selon vous, les prisons sont à conserver?
En France, on pose toujours le problème du devenir d’un site sur le plan administratif, mais il y a aussi la qualité architecturale. On sait que les deux prisons sont intéressantes. Surtout Saint-Paul, de type panoptique : une tour centrale et six ailes en étoile. Il n’y en a que deux autres de la sorte : la prison de la Santé à Paris et celle de Bordeaux. L’intérêt vient aussi de la qualité de la pierre.
>> Que proposez-vous?
Notre position au sein de l’UCIL (Union des comités d’intérêt locaux) c’est de dire qu’on ne va pas chercher une idée mémorielle. La chance c’est d’être au Confluent. Donnons-nous le temps de réfléchir. En Allemagne, dans des cas semblables - celui d’un bâtiment industriel ou autre, présentant un intérêt - un moratoire de 5 ans est décidé. On gèle et on réfléchit. C’est important car sur la durée les choses évoluent. Ce que nous allons demander, c’est un moratoire de 3 ans.
>> N’est-ce pas trop long?
De toute façon, on est plutôt dans une période en creux, la crise oblige à ralentir. Si l’on prend l’ancienne Ecole nationale des Beaux-arts, qui ne présente pas d’intérêt architectural certes, la Ville a bien décidé d’un moratoire. D’accord, sans le dire, mais elle pourrait très bien le dire.
>> N’y a-t-il pas une tentation légitime de raser Saint-Paul et Saint-Joseph?
Lorsque plus personne n’y sera détenu, il va falloir se sortir de la tête qu’il s’agit de prisons. Il faut pouvoir montrer que les bâtiments sont intéressants. Mais pour cela, il faut que les murs tombent ou au moins, comportent des ouvertures, sinon il n’y aura pas de prise de conscience d’un intérêt.
Ceci dit, tout le monde n’est pas favorable au fait d’ouvrir. Il y a la peur que ce soit squatté. Mais on trouve des formules pour éviter ça. La maison du Chamarier, vide depuis des années, a son gardien : le boulanger (qui,soit dit en passant, fait les meilleures bugnes) est installé en rez-de-chaussée.
>> Pensez-vous que le dossier va traîner?
La Justice a envie de vendre. La Communauté urbaine pourrait être prête à acheter suivant ce que les Domaines fixeront comme prix. Nous ne sommes pas les premiers à être confrontés à ce genre de situation. Reconvertir des prisons en hôtel, en musée, en auberge de jeunesse… Ailleurs, on a su faire.
>> L’université a des vues sur le site.
Propos recueillis par Dominique Menvielle