Quantcast

Lundi 8 février 1 08 /02 /Fév 18:52
Une petite lueur d'espoir pour les prisons de Perrache suite à la conférence du prefet de vendredi dernier. En effet, le cahier des charges prévoit la conservation d'une grande partie du bâti ancien, ce qui sonne comme une petite victoire, après la bataille qui a été menée il y a bientôt un an par tous les défenseurs du patrimoine lyonnais !

Voici les articles du jours, consultables sur le site du progrès :


Saint-Paul et Saint-Joseph : la procédure de cession est lancée



NON RENSEIGNEE

 

Dans moins d'un an, on devrait connaître le sort réservé aux deux prisons désaffectées. Les promoteurs intéressés devront, toutefois, obligatoirement préserver toute une partie des bâtiments. Protection du patrimoine oblige

 

En matière d'urbanisme comme de grands travaux, prévoir un calendrier relève toujours du pari. C'est néanmoins à cet exercice que s'est risqué, vendredi, M. Jacques Gérault, préfet de Région, à propos du renouveau des prisons historiques de Lyon : « Les travaux pourraient débuter en 2012 ».

On se souvient que Saint-Paul et Saint-Joseph, désormais désaffectées depuis près d'un an (au profit de la prison de Corbas), ont été sauvées de la pioche des démolisseurs grâce à la mobilisation de nombreux Lyonnais amoureux de leur patrimoine. Un mouvement auquel le préfet n'a pas été insensible, en dépit des espérances financières que, dans sa grande misère, le ministère de la Justice plaçait dans la vente du terrain de deux hectares, situé dans l'hypercentre lyonnais au cœur du nouveau quartier de la Confluence, et sur lequel ont été édifiées les deux maisons d'arrêt dans le courant du XIXe siècle. « Si nous n'avions raisonné que financièrement, alors il aurait fallu tout raser, c'était là l'évidence. Toutefois, l'argent n'est pas la valeur ultime et, dans ce dossier, nous nous devions de prendre aussi en compte l'histoire, l'urbanisme de ce quartier et la vie de ses habitants », explique, aujourd'hui, M. Gérault, avant d'ajouter : « J'espère que nous pourrons être fiers de ce qui va être réalisé ici. »

Bref, pour régler l'avenir de ces bâtiments, la préfecture a décidé de recourir à une procédure inhabituelle pour l'administration. Ainsi, après avoir lancé - dans le courant de l'année dernière - un appel à projets destiné à faire avancer la réflexion et à estimer ce qu'il était possible d'imaginer et de faire avec pareil site (16 projets d'urbanistes et d'architectes ont été présentés), le dossier est entré, depuis vendredi dernier, dans une seconde phase. C'est ce jour-là, en effet, que l'administration a officiellemen lancé la procédure de cession reposant sur un appel à candidature. Pour concourir utilement, les promoteurs devront obligatoirement se présenter entourés d'une équipe d'architectes, d'urbanismes, de bureaux d'études, et surtout répondre à un cahier des charges très précis, prenant en compte, à la fois la préservation du patrimoine, et son insertion dans le quartier. Soit de nombreuses contraintes qui ont été établies en concertation entre l'administration, les Bâtiments de France, le Grand Lyon et Lyon-Confluence, la SEM qui pilote le grand projet urbain de la Confluence. « Nous voulions agir en concertation et en toute transparence », insiste le préfet.

Maintenant que l'appel est lancé, les candidats disposent de plusieurs mois pour élaborer leurs propositions, la date limite de remises des offres ayant été fixées au 15 juillet prochain.

Après quoi, viendra le temps de l'examen et du choix. La décision du jury devrait intervenir le 15 décembre.

R. R.

C'est en décembre prochain que l'on saura comment le site sera réhabilité / Archives Pierre Augros

Les contraintes patrimoniales influeront sur le prix de vente de ce site

 

Au printemps dernier, un prix avait été lancé : en échange de ce terrain de deux hectares situé dans la presqu'île lyonnaise, le ministère de la Justice exigeait 25 millions d'euros. Depuis, et surtout depuis que l'on sait que toute une partie du bâti devra être obligatoirement préservée, la situation a évolué. Il sera donc beaucoup plus difficile à un promoteur d'assurer la rentabilité d'une pareille opération, compte tenu des contraintes qui pèsent sur le site. C'est pourquoi le préfet se refusait, hier, à annoncer un chiffre. On ignore, également, quelle sera la destination future des bâtiments qui seront construits ou réhabilités. Une seule chose est sûre, aucune grande surface commerciale ne pourra s'y installer. En revanche, la présence de petits commerces peut être envisagée.

 





Anciennes prisons de Perrache : une partie des bâtiments sauvegardée


NON RENSEIGNEE


 
/ Visuel Dumetier et Robin

 

 

Le ministère de la Justice, propriétaire des anciennes prisons lyonnaises situées sur le bord de l'autoroute, a cédé à la pression des Lyonnais.

Une partie du bâti datant du XIXe devra être conservée par les promoteurs intéressés par le site et intégrée dans leurs projets respectifs.

Ainsi, la chapelle de Saint-Paul devra être sauvegardée tout comme les escaliers qui distribuent les différentes branches en étoile de l'ancien site pénitentiaire. Côté Saint-Joseph, le bâtiment central et les pavillons, eux aussi, échappent à la destruction. Les murs d'enceinte devront être, soit gardés, soit matérialisés au sol.

Hôtels, habitations, petits commerces ? Un appel à candidatures a été lancé via la préfecture du Rhône.

Le jury décidera le 15 décembre 2010 ce que deviendra le site. Et l'État vendra alors ses prisons.


La démolition partielle, une condition nécessaire pour réhabiliter le site


NON RENSEIGNEE


 

Les prisons historiques de Lyon, qui toutes les deux témoignent de l'architecture carcérale du XIXe siècle, seront donc épargnées, du moins en partie. De nombreux lyonnais s'étaient émus de leur possible démolition. Mais le bon sens a finalement triomphé avec l'aide, il est vrai, de la Direction de l'architecture et du patrimoine du ministère de la Culture qui avait dépêché une mission afin de faire un point de la situation.

Pour les experts, si les deux prisons sont victimes d'un profond état de vétusté, elles n'en méritent pas moins d'être conservées. Même si, comme on peut le lire au fil de leur rapport : « Le caractère extrêmement contraignant de telles architectures est incompatible avec leur conservation intégrale ». En conséquence de quoi, côté Saint-Paul, les futurs aménageurs devront obligatoirement conserver la chapelle centrale et tous les escaliers de distribution des branches de ce bâtiment organisé selon le principe du panoptique. Le portail donnant sur le cours Suchet sera également préservé. Côté Saint-Joseph, le corps du bâtiment central, les pavillons d'entrée Est et Ouest et les galeries de distribution seront soumis à cette même règle.

Reste le problème des murs d'enceinte. En ce qui les concerne, il a été admis qu'ils pourraient être démolis partiellement mais à condition, toutefois, que subsiste au sol une trace de leur existence (voir infographies).

Une cellule de l'établissement / Archives Le Progrès
Par Oriane Rebillard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

  • : Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • : Bienvenue sur notre blog consacré au sauvetage des prisons Saint Paul et Saint Joseph, situées dans le quartier Perrache à Lyon, et actuellement menacées de destruction.
  • Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Revue de presse


Article paru dans le Progrès, le 25 février 2009

 


L’Etat dépose le permis de démolir des prisons de Perrache


Le déménagement des prisons est programmé pour le printemps, mais déjà Saint-Paul et Saint-Joseph font l’objet d’une demande de démolition. Coup de tonnerre pour les défenseurs du patrimoine, même si rien n’est encore scellé

 



Déposée vendredi dernier par le ministère de la Justice, la demande de démolition des prisons perrachoises a fait l’effet d’une bombe parmi les défenseurs du patrimoine. « La situation est grave », analyse Jacques Lasfargues, directeur des musées archéologiques de Fourvière et Saint-Romain-en-Gal.

Suffisamment pour que la Commission régionale du patrimoine et des sites dont il est membre, émette, hier en urgence, une motion demandant au maire de Lyon de surseoir au permis déposé. « Lorsqu’on a appris en octobre dernier que les deux prisons ne seraient pas protégées au titre des monuments historiques, on nous a fait avaler la pilule en soulignant que serait sérieusement étudiée toute possibilité de réutilisation du bâtiment », explique encore Jacques Lasfargues, qui n’hésite pas à parler d’« abus de confiance ».

« Le préfet ne souhaite pas gardienner une prison pour empêcher les gens d’y entrer », analyse, non sans humour, Gilles Buna, délégué à l’Urbanisme, tout en précisant que la Ville ne souhaite pas se porter acquéreur.

L’évaluation des Domaines a, en effet, fixé à 23 millions d’euros au total le site et son bâti. Il est loin le temps où les Subsistances étaient cédées à la collectivité pour l’euro symbolique.

L’adjoint à l’Urbanisme, soucieux de préciser que « déposer un permis de démolir ne veut pas dire démolir », rendra avis - « seulement consultatif » - après les Bâtiments de France.

« Si le maire de Lyon le veut, il peut bloquer le dossier. Et c’est aux architectes des Bâtiments de France de refuser le cas échéant », considère de son côté le directeur des musées de Saint-Romain-en-Gal et Fourvière. Et de faire valoir que les prisons se situent juste en limite du périmètre de l’hôtel Château Perrache, lui protégé.

« Le dépôt du permis de démolir vise avant tout à favoriser la mise en vente du terrain et des bâtiments. Quant au rôle de la Ville, il est d’accompagner le processus auprès d’un éventuel racheteur et trouver ainsi l’issue la plus favorable à une reconversion avec maintien d’éléments patrimoniaux », rassure l’élu, sans cacher qu’« il n’a jamais été question de conserver les prisons dans leur totalité ». « Tout ça n’est qu’un conflit d’intérêt. On veut faire de l’argent dans un secteur bien placé. La valeur patrimoniale, tout le monde s’en fiche », réagit de son côté Eddie di Pierno, président de Patrimoine rhônalpin. L’association compte demander un moratoire de 3 ou 5 ans, pour laisser le temps de la réflexion. Une position également défendue par Régis Neyret, qui en 1998 avait permis l’inscription du site historique de Lyon au Patrimoine de l’UNESCO.

 

Dominique Menvielle



« Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu »

« Aujourd’hui on ne se donne même pas la possibilité du dialogue », tempête Eddie di Pierno, président de Patrimoine Rhônalpin. On nous fait croire qu’il faut aller vite pour des raisons de sécurité, or il n’y a pas d’urgence à démolir puisqu’il n’y a pas de repreneur. On brandit la peur d’un squat des lieux. Or il me semble qu’une prison est ce qu’il y a de plus facile à sécuriser. A moins qu’on y entre comme dans un moulin, mais ce serait inquiétant! Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu car il risque d’être squatté après le départ des hôpitaux ». Lui réclame d’ores et déjà une ouverture des prisons lors des prochaines Journées du Patrimoine, « car, forcément, la plupart des Lyonnais ne les connaissent pas ».

 




Régis Neyret, Journaliste, éditeur et défenseur du patrimoine : « Faire tomber les murs, pour montrer l’intérêt des bâtiments »


>> Selon vous, les prisons sont à conserver?

En France, on pose toujours le problème du devenir d’un site sur le plan administratif, mais il y a aussi la qualité architecturale. On sait que les deux prisons sont intéressantes. Surtout Saint-Paul, de type panoptique : une tour centrale et six ailes en étoile. Il n’y en a que deux autres de la sorte : la prison de la Santé à Paris et celle de Bordeaux. L’intérêt vient aussi de la qualité de la pierre.

>> Que proposez-vous?

Notre position au sein de l’UCIL (Union des comités d’intérêt locaux) c’est de dire qu’on ne va pas chercher une idée mémorielle. La chance c’est d’être au Confluent. Donnons-nous le temps de réfléchir. En Allemagne, dans des cas semblables - celui d’un bâtiment industriel ou autre, présentant un intérêt - un moratoire de 5 ans est décidé. On gèle et on réfléchit. C’est important car sur la durée les choses évoluent. Ce que nous allons demander, c’est un moratoire de 3 ans.

>> N’est-ce pas trop long?

De toute façon, on est plutôt dans une période en creux, la crise oblige à ralentir. Si l’on prend l’ancienne Ecole nationale des Beaux-arts, qui ne présente pas d’intérêt architectural certes, la Ville a bien décidé d’un moratoire. D’accord, sans le dire, mais elle pourrait très bien le dire.

>> N’y a-t-il pas une tentation légitime de raser Saint-Paul et Saint-Joseph?

Lorsque plus personne n’y sera détenu, il va falloir se sortir de la tête qu’il s’agit de prisons. Il faut pouvoir montrer que les bâtiments sont intéressants. Mais pour cela, il faut que les murs tombent ou au moins, comportent des ouvertures, sinon il n’y aura pas de prise de conscience d’un intérêt.

Ceci dit, tout le monde n’est pas favorable au fait d’ouvrir. Il y a la peur que ce soit squatté. Mais on trouve des formules pour éviter ça. La maison du Chamarier, vide depuis des années, a son gardien : le boulanger (qui,soit dit en passant, fait les meilleures bugnes) est installé en rez-de-chaussée.

>> Pensez-vous que le dossier va traîner?

La Justice a envie de vendre. La Communauté urbaine pourrait être prête à acheter suivant ce que les Domaines fixeront comme prix. Nous ne sommes pas les premiers à être confrontés à ce genre de situation. Reconvertir des prisons en hôtel, en musée, en auberge de jeunesse… Ailleurs, on a su faire.

>> L’université a des vues sur le site.

L’idée d’une utilisation des prisons par l’université, voire pour des logements étudiants, est une possibilité. Avec le plan Pécresse, des moyens vont être alloués. Mais ce qui manque à Lyon, c’est un très grand hôtel de 400 chambres.

 


Propos recueillis par Dominique Menvielle

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés