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Mardi 22 septembre 2 22 /09 /Sep 08:31
Aujourd'hui le progrès nous gratifie d'un grand article sur les prisons, où il fait un tour d'horizon de ce qui se passe actuellement.

Ces Lyonnais qui s'élèvent contre le projet de démolition des prisons


Entre ceux qui voudront faire table rase et les défenseurs du patrimoine, qui l'emportera ? Alors que l'appel à idées lancé par la préfecture a pris fin, des voix s'élèvent pour que soit levé l'arrêté préfectoral de démolition qui plane sur les prisons
L'appel à idées lancé par la préfecture pour faire naître des reconversions possibles du site des prisons à Perrache, a pris fin la semaine dernière. Et déjà une pétition demande « que le temps et les moyens nécessaires soient accordés pour que ces bâtiments des prisons de Lyon puissent trouver les nouveaux usages qui en feront demain des éléments forts de la ville en train de se construire ».

Parmi les arguments, figure la nécessité de témoigner « qu'hier la ville de Lyon entassait, loin de son centre, mais près de la gare, des bâtiments administratifs et industriels indésirables et cependant utiles au bon fonctionnement de la société ».

La pétition est adressée à la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, transmise au préfet du Rhône et au maire de Lyon et président du Grand Lyon.

Une dynamique cherchant à conserver les prisons est ainsi en marche, déjà initiée au printemps, lors du coup de tonnerre provoqué par le dépôt d'un permis de démolir par le ministère de la Justice, désireux de renflouer ses caisses. Jacques Lasfargues, directeur du musée gallo-romain, avait alors fait connaître son émoi, tout comme Eddie Gilles Di Pierno, président de Patrimoine Rhônalpin.Pourquoi se mobiliser aujourd'hui, à quelques jours de connaître le résultat de l'appel à idées ? « Le délai accordé pour y répondre a pu faire croire qu'il y avait un vrai moratoire », souligne Paul Raveaud pour qui « la levée de l'arrêté préfectoral de démolition des prisons Saint-Paul/Saint-Joseph serait un bon préalable ».

En attendant, le blog « sauvonslesprisonsdelyon » [il s'agit bien évidement de notre blog : sauvonslesprisonsdeperrache !] reste lui aussi actif. On y trouve des idées qui ne manquent pas d'audace. À l'image du projet de l'agence d'architecture SENAC & OMNIS qui défend la réalisation d'un Centre d'Evasion conservant les bâtiments existants. Même chose du projet déposé par les habitants de Perrache, « Cité Perrache », qui combine, lieu de loisirs, de commerces, d'habitation…

« Si notre projet est retenu, l'université serait acquéreur de la prison Saint-Paul. Cela nous permettrait, tout en conservant une partie du bâti, de construire les 30 000 m2 dont nous avons besoin », indique de son côté, Michel Quesnel, recteur de l'Université catholique de Lyon ( 20 Minutes).

« Mais pourquoi se presser ? Il faut d'abord dégager un projet, lui trouver une légitimité politique et économique, l'articuler ensuite avec le quartier. En aucun cas l'Etat ne peut se débarrasser du problème en fermant et en vendant. Il doit trouver un compromis avec la Ville pour que soit pris en compte les enjeux considérables de ce dossier », soulignait en juillet, dans sa grande sagesse, le sénateur Yves Dauge, conseiller auprès de l'Unesco ( Le Progrès du 3/07).

 

Dominique Menvielle

 

 

 

 

 

QUESTIONS A

Paul Raveaud

« Il faut du temps pour étudier des projets de qualité et les mettre au débat public »


Que demandez-vous à travers cette pétition ?

Nous demandons que « du temps soit donné au temps ». « En d'autres termes, qu'un délai suffisant soit accordé pour que des projets de qualité, relatifs à une réhabilitation/reconversion de Saint- Paul et Saint-Joseph soient étudiés et mis au débat public, et que, notamment, les contributions qui ont été remises à l'administration en réponse à l'appel à idées puissent être suffisamment approfondies pour donner lieu ensuite à des projets soutenables.

Êtes-vous convaincu de l'attachement des Lyonnais à ces bâtiments ?

Les Lyonnais sont de plus en plus attachés à leur patrimoine, quel qu'il soit : Hôtel-Dieu, musée Guimet, anciennes prisons de Perrache, etc.

Ils s'inquiètent, à juste titre, des risques de disparition ou de dénaturation de ce qui a été et demeure constitutif de leur histoire et de l'identité lyonnaise.

Pour ce qui concerne les anciennes prisons, une dynamique « préservatrice » se développe : en quelques mois nous sommes passés d'une sorte d'indifférence à un sentiment de curiosité qui donne lieu, aujourd'hui, à un souhait de plus en plus partagé de réhabilitation avec la création de nouveaux usages.

Qui sont les signataires ?

Les signataires sont multiples : historiens et spécialistes du patrimoine, personnalités lyonnaises indiscutables, urbanistes, acteurs de l'économie, étudiants, habitants, riverains : tous ont en commun de vouloir que les murs et bâtiments qui portent les traces de notre histoire soient des éléments constitutifs de la ville de demain. Leur combat n'est pas conservateur au sens traditionnel du terme, il est, au contraire, porteur de valeurs pour construire une ville d'autant plus créative et dynamique qu'elle aura su être respectueuse de son passé.

 

 

Propos recueillis

par D. Menvielle

 

 

 

Une centaine de pétitionnaires dont Bruno Benoît, Ugo Iannucci…

L'historien Bruno Benoît, Paul Raveaud responsable associatif, Ugo Iannucci, ancien bâtonnier, Marie Anaut, professeur d'université, Guy David, maire, président de la commission urbanisme du Grand Lyon,

Oriane Rebillard, étudiante, Henri Jacot, universitaire, conseiller régional, ancien adjoint au maire de Lyon, Michel Marec, ingénieur général des Ponts et Chaussées, ou encore Jean Berthinier, adjoint au maire de Villeurbanne, Jacques Bonniel, universitaire et Jean-Paul Dumontier urbaniste, sont parmi les premiers signataires au côté d'une centaine d'autres. « Notre pétition, certes modeste, confirme l'attachement de Lyon à ces bâtiments qui sont des témoignages patrimoniaux fondamentaux pour un quartier qui, en pleine restructuration, a besoin de repères ».

 

 

 

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Par Oriane Rebillard
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Présentation

  • : Le blog consacré au sauvetage des prisons de Perrache à Lyon
  • : Bienvenue sur notre blog consacré au sauvetage des prisons Saint Paul et Saint Joseph, situées dans le quartier Perrache à Lyon, et actuellement menacées de destruction.
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Revue de presse


Article paru dans le Progrès, le 25 février 2009

 


L’Etat dépose le permis de démolir des prisons de Perrache


Le déménagement des prisons est programmé pour le printemps, mais déjà Saint-Paul et Saint-Joseph font l’objet d’une demande de démolition. Coup de tonnerre pour les défenseurs du patrimoine, même si rien n’est encore scellé

 



Déposée vendredi dernier par le ministère de la Justice, la demande de démolition des prisons perrachoises a fait l’effet d’une bombe parmi les défenseurs du patrimoine. « La situation est grave », analyse Jacques Lasfargues, directeur des musées archéologiques de Fourvière et Saint-Romain-en-Gal.

Suffisamment pour que la Commission régionale du patrimoine et des sites dont il est membre, émette, hier en urgence, une motion demandant au maire de Lyon de surseoir au permis déposé. « Lorsqu’on a appris en octobre dernier que les deux prisons ne seraient pas protégées au titre des monuments historiques, on nous a fait avaler la pilule en soulignant que serait sérieusement étudiée toute possibilité de réutilisation du bâtiment », explique encore Jacques Lasfargues, qui n’hésite pas à parler d’« abus de confiance ».

« Le préfet ne souhaite pas gardienner une prison pour empêcher les gens d’y entrer », analyse, non sans humour, Gilles Buna, délégué à l’Urbanisme, tout en précisant que la Ville ne souhaite pas se porter acquéreur.

L’évaluation des Domaines a, en effet, fixé à 23 millions d’euros au total le site et son bâti. Il est loin le temps où les Subsistances étaient cédées à la collectivité pour l’euro symbolique.

L’adjoint à l’Urbanisme, soucieux de préciser que « déposer un permis de démolir ne veut pas dire démolir », rendra avis - « seulement consultatif » - après les Bâtiments de France.

« Si le maire de Lyon le veut, il peut bloquer le dossier. Et c’est aux architectes des Bâtiments de France de refuser le cas échéant », considère de son côté le directeur des musées de Saint-Romain-en-Gal et Fourvière. Et de faire valoir que les prisons se situent juste en limite du périmètre de l’hôtel Château Perrache, lui protégé.

« Le dépôt du permis de démolir vise avant tout à favoriser la mise en vente du terrain et des bâtiments. Quant au rôle de la Ville, il est d’accompagner le processus auprès d’un éventuel racheteur et trouver ainsi l’issue la plus favorable à une reconversion avec maintien d’éléments patrimoniaux », rassure l’élu, sans cacher qu’« il n’a jamais été question de conserver les prisons dans leur totalité ». « Tout ça n’est qu’un conflit d’intérêt. On veut faire de l’argent dans un secteur bien placé. La valeur patrimoniale, tout le monde s’en fiche », réagit de son côté Eddie di Pierno, président de Patrimoine rhônalpin. L’association compte demander un moratoire de 3 ou 5 ans, pour laisser le temps de la réflexion. Une position également défendue par Régis Neyret, qui en 1998 avait permis l’inscription du site historique de Lyon au Patrimoine de l’UNESCO.

 

Dominique Menvielle



« Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu »

« Aujourd’hui on ne se donne même pas la possibilité du dialogue », tempête Eddie di Pierno, président de Patrimoine Rhônalpin. On nous fait croire qu’il faut aller vite pour des raisons de sécurité, or il n’y a pas d’urgence à démolir puisqu’il n’y a pas de repreneur. On brandit la peur d’un squat des lieux. Or il me semble qu’une prison est ce qu’il y a de plus facile à sécuriser. A moins qu’on y entre comme dans un moulin, mais ce serait inquiétant! Suivant la même logique, on va demander la démolition de l’Hôtel-Dieu car il risque d’être squatté après le départ des hôpitaux ». Lui réclame d’ores et déjà une ouverture des prisons lors des prochaines Journées du Patrimoine, « car, forcément, la plupart des Lyonnais ne les connaissent pas ».

 




Régis Neyret, Journaliste, éditeur et défenseur du patrimoine : « Faire tomber les murs, pour montrer l’intérêt des bâtiments »


>> Selon vous, les prisons sont à conserver?

En France, on pose toujours le problème du devenir d’un site sur le plan administratif, mais il y a aussi la qualité architecturale. On sait que les deux prisons sont intéressantes. Surtout Saint-Paul, de type panoptique : une tour centrale et six ailes en étoile. Il n’y en a que deux autres de la sorte : la prison de la Santé à Paris et celle de Bordeaux. L’intérêt vient aussi de la qualité de la pierre.

>> Que proposez-vous?

Notre position au sein de l’UCIL (Union des comités d’intérêt locaux) c’est de dire qu’on ne va pas chercher une idée mémorielle. La chance c’est d’être au Confluent. Donnons-nous le temps de réfléchir. En Allemagne, dans des cas semblables - celui d’un bâtiment industriel ou autre, présentant un intérêt - un moratoire de 5 ans est décidé. On gèle et on réfléchit. C’est important car sur la durée les choses évoluent. Ce que nous allons demander, c’est un moratoire de 3 ans.

>> N’est-ce pas trop long?

De toute façon, on est plutôt dans une période en creux, la crise oblige à ralentir. Si l’on prend l’ancienne Ecole nationale des Beaux-arts, qui ne présente pas d’intérêt architectural certes, la Ville a bien décidé d’un moratoire. D’accord, sans le dire, mais elle pourrait très bien le dire.

>> N’y a-t-il pas une tentation légitime de raser Saint-Paul et Saint-Joseph?

Lorsque plus personne n’y sera détenu, il va falloir se sortir de la tête qu’il s’agit de prisons. Il faut pouvoir montrer que les bâtiments sont intéressants. Mais pour cela, il faut que les murs tombent ou au moins, comportent des ouvertures, sinon il n’y aura pas de prise de conscience d’un intérêt.

Ceci dit, tout le monde n’est pas favorable au fait d’ouvrir. Il y a la peur que ce soit squatté. Mais on trouve des formules pour éviter ça. La maison du Chamarier, vide depuis des années, a son gardien : le boulanger (qui,soit dit en passant, fait les meilleures bugnes) est installé en rez-de-chaussée.

>> Pensez-vous que le dossier va traîner?

La Justice a envie de vendre. La Communauté urbaine pourrait être prête à acheter suivant ce que les Domaines fixeront comme prix. Nous ne sommes pas les premiers à être confrontés à ce genre de situation. Reconvertir des prisons en hôtel, en musée, en auberge de jeunesse… Ailleurs, on a su faire.

>> L’université a des vues sur le site.

L’idée d’une utilisation des prisons par l’université, voire pour des logements étudiants, est une possibilité. Avec le plan Pécresse, des moyens vont être alloués. Mais ce qui manque à Lyon, c’est un très grand hôtel de 400 chambres.

 


Propos recueillis par Dominique Menvielle

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