Appel à Idées : Projet de l'Agence d'Architecture SENAC & OMNIS Bâtiment.

Publié le par Sauvons les prisons de Perrache

Aujourd'hui nous vous proposons le projet de l'Agence d'Architecture SENAC & OMNIS Bâtiment. Un grand merci à Alexandre Jennan pour nous avoir fait parvenir ce travail qui a le grand mérite, tout comme le projet des habitants de Perrache, de conserver les bâtiments existants.

 

 

 

 

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Le Centre d’Evasion…

 

… un lieu de vie pour nous tous.

 

 

 

 

 

 

 

15 septembre 2009

 

 

 

Sommaire

 

 

 

 

Préambule : quelques scènes de vie

Génèse d’un programme

Détail d’un programme

Diagnostic patrimonial

Composition urbaine et architecturale

Développement durable

Evolutions nécessaires du PLU

Travaux – Eléments financiers

Remerciements

Le mot du groupe Financière Duval et CFA Rhône-Alpes Auvergne

Vue en 3D du projet (à la fin du texte !)

 

 

Annexes :

 

         Planche    1   :     Plan masse

         Planche    2   :     Plan du Rez-de-Chaussée

         Planche    3   :     Plan du Niveau 1

         Planche    4   :     Plan du Niveau 2

         Planche    5   :     Plan des sous-sols

         Planche    6   :     Axonométries

         Planche    7   :     Perspective sur les quais du Rhône

         Planche    8   :     Perspectives depuis le cours Charlemagne et sur le Passage Delandine

         Planche    9   :     Perspective depuis la place des Archives

         Planche   10   :     Axonométrie en représentation nocturne

 

 


Préambule : quelques scènes de vie…

 

 

« -   Dis maman, on peut aller au Centre d’Evasion ? J’ai envie de jouer au ping-pong…

-   Très bonne idée, j’y ferai quelques courses et passerai chez le coiffeur pendant que tu t’amuses.»

 

«-   Pierre, tu viens avec moi ? Je vais faire ma gym au Centre d’Evasion…

-    Papa… J’ai encore quelques douleurs de notre séance de musculation de lundi soir, mais je veux bien t’accompagner, j’ai un livre à rendre à la bibliothèque et après je jouerai aux jeux vidéo.»

 

«  -   Chéri, veux-tu bien aller chercher ma mère et notre fille au Centre d’Evasion ? Maman est à l’atelier de peinture et Marie joue dans l’espace Enfance ; au passage peux-tu me ramener du pain et quelques tomates fraîches ?

-    D’accord, mais ne compte pas sur moi pour faire davantage de courses, car j’y vais en tram.»

 

« -   Dis moi Sophie, un tel lieu n’existe pas encore, n’est-ce pas  ?

-    Hélas non, Alex, ce ne serait pas assez rentable ! Et puis où veux-tu mettre un complexe comme ça à part en banlieue ?

-    J’ai entendu dire qu’il y a deux beaux terrains désormais libres du côté de Perrache…

-    Hummm… Les prisons ? Pas si libres que ça ! Il me semble qu’il y a quelques pierres dessus !

-    Tu es architecte, tu es lyonnaise, tu ne veux pas essayer de proposer quelque chose de différent ?

-    Oui mais Alex comment veux tu rentabiliser un projet avec des terrains à ce prix là et toutes ces contraintes liées aux existants ?

-    Il suffit d’avoir suffisamment de commerces pour équilibrer le budget. Ca tombe bien, il n’y a rien dans ce quartier !

-    Bon, moi l’architecte et toi l’ingénieur structure… On le fait ensemble ?

-    D’accord… Centre d’Evasion, ça te convient comme nom ?

-    C’est assez osé… Mais je n’en vois pas de meilleur ! Et le peintre Chamizo, tu crois qu’il serait partant pour la déco ?

-    Hummm… Sophie, il faudrait qu’il donne dans un style plus modéré…

-   Ne t’inquiète pas, il fera d’abord une maquette…»

 

 

 

Genèse d’un programme

 

Le site des prisons St-Joseph et St-Paul est resté pendant près de deux siècles l’un des plus fermés et inaccessibles aux lyonnais. Pour les habitants du quartier, la proximité de ces centres de détention a toujours été source de préjudice social et immobilier. Seuls quelques commerçants ont pu tirer profit de la sphère de clientèle entourant les détenus.

 

Le site doit devenir un lieu de vie, ouvert à tous les lyonnais, en particulier aux habitants du quartier.

 

On ne doit pas réserver ce lieu à seulement quelques habitants en y aménageant des logements. Adeptes de l’effet de mode qui consiste à résider dans des locaux insolites, les heureux propriétaires ou locataires devraient en outre aimer le bruit de l’autoroute et du train.

 

On ne doit pas non plus réserver ce lieu à quelques étudiants de passage, composante mono-générationnelle dont la contribution au dynamisme et à la vie du quartier n’existe que quatre nuits par semaine.

 

On doit encore moins attribuer ce lieu à des touristes de passage en érigeant là quelque hôtel, solution qui maintiendrait durablement l’inaccessibilité du site aux habitants de la ville et du quartier.

 

Les complexes hôteliers, résidences étudiantes ou autres logements doivent être construits ailleurs, sur des terrains non inscrits dans la mémoire collective et sans valeur patrimoniale. Ces projets à caractère d’hébergement pourront probablement trouver sur la seconde tranche du chantier Lyon-Confluence des parcelles nues, plus adaptées, à charge foncière moins élevée.

 

Il faut également écarter toute idée de reconversion du site en bureaux d’une entreprise privée, en locaux administratifs ou en un quelconque « musée du livre », édifices très fermés sur eux-mêmes et qui par nature ne dynamisent pas un quartier. Même les universités ne peuvent à elles seules créer le dynamisme, comme le montrent les annexes de Lyon I et Lyon II dans le 7ème arrondissement de la ville.

 

Partant du triple objectif :

1)       Rendre et ouvrir le site à tous et en particulier aux habitants du quartier,

2)       Dynamiser un quartier qui se trouve à l’entrée de la zone Lyon-Confluence et qui, plus généralement, peut constituer une sorte de vitrine d’entrée de ville (depuis l’autoroute ou depuis la sortie sud de la gare),

3)       Assurer la viabilité financière de la reconversion compte tenu d’une charge foncière élevée assortie d’un bâti existant contraignant,

 

Nous avons imaginé le Centre d’Evasion, un lieu de vie pour nous tous, pour toutes les générations et toutes les catégories sociales, un site comportant :

-          des commerces, dont un certain nombre de commerces de bouche et de proximité, les halles du passage couvert Delandine, ainsi qu’un petit supermarché et un centre de gymnastique et remise en forme,

-          un espace entièrement dédié aux loisirs des enfants et de la jeunesse, avec activités libres et/ou encadrées dans un volume sécurisé,

-          des locaux associatifs, clubs divers, ateliers artistiques, activités culturelles, bibliothèque,

-          et accessoirement les infrastructures nécessaires au bon fonctionnement d’un tel complexe (parkings, aire de livraison, réserves, locaux techniques).

 

 

 

Détail d’un programme

 

 

Le Centre d’Evasion s’adresse aux actifs, aux étudiants, aux retraités, aux enfants, aux séniors, aux habitants du quartier et d’ailleurs. On peut citer quelques exemples de contextes qui nous conduisent au Centre d’Evasion :

 

-          On habite le quartier et on trouve là enfin une offre commerciale à la hauteur du nombre d’habitant, avec commerces de bouche, supermarché et large panoplie de boutiques.

-          On habite ailleurs et on trouve là le moyen de faire ses courses et du shopping en toute tranquillité pendant que les enfants sont occupés dans l’espace enfance et jeunesse.

-          On vient là faire quelques courses, du shopping ou boire un verre en terrasse après une séance de remise en forme.

-          On y fait son bridge de 14h00 à 16h00 au deuxième étage, et comme chaque semaine on retrouve à 12h00 les membres du club dans un des restaurants du centre.

-          On vient à l’atelier de peinture de 18h00 et on profite d’être sur place pour faire quelques courses en sortant.

-          On est un enfant, on traine ici ses parents, ils feront du shopping pendant qu’on jouera au ping-pong ou aux jeux vidéos, etc.

 

 

 

Commerces et activités économiques :

 

La composante commerciale est la locomotive financière indispensable à l’équilibre économique du Centre d’Evasion. S’inscrivant dans une zone en déficit d’offre commerciale, elle subventionne en partie l’espace enfance et jeunesse.

 

Les commerces se répartissent comme suit :

-          Sur la parcelle de St.-Joseph, un ensemble de boutiques pour le prêt-à-porter, les accessoires, la culture, la beauté, la santé et le bien-être, ainsi que quelques cafés et restaurants. Les boutiques s’organisent autour d’un mail de circulation rectangulaire autour du bâtiment central existant. On retrouve cette disposition au rez-de-chaussée comme à l’étage.

-          Au rez-de-chaussée de la parcelle St.-Paul, une grande surface de 2000 m² environ à vocation principalement alimentaire, ainsi que deux boutiques de service (presse, poste, …). A l’étage, des boutiques et restaurants articulés le long d’un mail circulaire.

-          Au rez-de-chaussée du passage Delandine, des commerces de bouche et de proximité organisés en halles couvertes, avec boucheries, primeurs, boulangerie, etc. Au deuxième étage, un centre de gymnastique et de remise en forme.

 


 

Espace Enfance et Jeunesse :

 

L’espace enfance et jeunesse du Centre d’Evasion ne s’apparente pas du tout aux classiques « enclos à enfants » qu’on trouve parfois dans certains centres commerciaux ou hypermarchés, relégués en fond de couloir, avec seulement quelques jeux de cubes et bandes dessinées dans une centaine de mètres carrés !!

 

Ici on trouve un beau volume réparti sur trois niveaux avec près de 2000 m2 réservés aux enfants et aux jeunes, de quoi susciter l’enthousiasme de ces derniers et vaincre la réticence des parents à confier leur progéniture. L’espace Enfance et Jeunesse occupe principalement la plus grande aile de l’ex-prison St.-Paul (bâtiment H) :

-          au rez-de-chaussée, un lieu pour les plus jeunes (5-10 ans), avec jeux individuels et collectifs en tous genres, ainsi qu’un espace de jeu en plein-air,

-          au 1er étage, un espace pour les 5-15 ans avec jeux vidéo, jeux de société, ateliers manuels et pratiques, …

-          au deuxième étage, une bibliothèque-ludothèque.

 

Les enfants sont accueillis et encadrés. Chaque enfant reçoit en entrant un petit bracelet électronique lui permettant de trouver rapidement un partenaire ayant émis un souhait d’activité identique (exemple : un enfant arrive seul et veut jouer au ping-pong), puis aux parents de localiser l’enfant au moment du départ.

 

 

Locaux associatifs

 

Près de 2000 m2 situés au 2ème étage des bâtiments existants comportent par exemple :

-          deux ailes de St.-Paul utilisées en bibliothèque, de part et d’autre de la bibliothèque-ludothèque des enfants,

-          trois ailes de St-Paul réservées à des clubs associatifs (jeux de société, échecs, langues, modélisme, informatique, etc.),

-          quatre ailes de St.-Joseph reconverties en ateliers artistiques (peinture, sculpture, …), dont une aile utilisée comme « murs d’expression » (les meilleures œuvres étant photographiées pour exposition).






Répartition des surfaces accessibles au public aux RdC, R+1, R+2

 

 


 

Parkings, livraisons, réserves

 

Le programme prévoit :

-          Au sous-sol -1, des aires de livraison, des réserves pour les commerces ainsi que les contrôles d’accès au parking.

-          Aux niveaux -2, -3 et -4, un parc de stationnement pour les visiteurs comptant environ 105 places par niveau. En fonction des résultats d’une future étude de marché, le nombre de niveaux de parkings peut être augmenté afin d’offrir plus de places de stationnement. Le parking du Centre d’Evasion peut être vu comme complémentaire de celui de la place des Archives et de celui de la gare de Perrache.

 

N.B. : Afin d’éviter toute nuisance pour le quartier et les riverains, les accès entrée-sortie aux parkings et aires de livraisons se font depuis le quai Perrache. De plus, par anticipation d’une évolution naturelle du transport intra-muros, nous avons prévu de limiter l’accès livraisons aux poids lourds de moins de 19 tonnes.

 

 

 

 

 

 

Diagnostic patrimonial

 

 

Les deux prisons St-Joseph et St-Paul sont des programmes rigoureux et ultra-fonctionnels ; leur construction au 19ème siècle était une réponse parfaite à une demande spécifique : l’emprisonnement. Aucun programme ne pourrait aujourd’hui s’accommoder parfaitement des murs existants, pas même un programme carcéral qui devrait obéir à diverses normes actuelles, notamment en matière d’accessibilité.

 

Cependant, l’exemplarité de ces constructions dans l’histoire de la pensée carcérale du 19ème siècle et surtout le caractère singulier de la juxtaposition des deux types de réponse (rectangulaire / panoptique) en un même lieu font de l’ensemble des deux prisons un patrimoine qu’on se doit de pérenniser et mettre en valeur.

 

Notre projet suppose un certain filtrage des constructions existantes (voir schéma de repérage ci-dessous) :

-          Démolition de tous les ajouts, qui n’ont pas de valeur patrimoniale particulière.

-          Démolition de tous les murs d’enceinte et chemins de ronde, pour des raisons évidentes d’ouverture.

-          Pour une meilleure lisibilité depuis le cours Charlemagne et une meilleure ouverture, démolition sur St-Paul des deux bâtiments situés le long du Cours Suchet, qui étaient à l’origine des bâtiments réservés à l’administration et au personnel.

-          Pour une lecture optimale du plan panoptique de St-Paul, démolition du bâtiment K à l’Est de l’aile principale ; ce bâtiment semble d’ailleurs avoir été ajouté en cours de conception et on trouve trace des hésitations de l’architecte Louvier quant à sa position définitive à l’Est ou à l’Ouest de l’aile majeure de St-Paul.

-          Sur St-Joseph, démolition des éléments de liaison existant entre les différents bâtiments, notamment des coursives qui ont été tant controversées lors de la construction ; ces éléments servaient à abriter des intempéries les circulations entre les différents corps de bâtiment, ils n’ont plus d’utilité au sein de notre programme. On imagine toutefois pouvoir recréer leur fonctionnalité à travers les abris des circulations au 2ème étage.

-          Sur St-Joseph, démolition et reconstruction en partie à l’identique du bâtiment F situé le long de la rue Delandine. D’une part ce bâtiment très étroit et à usage technique n’offre pas aujourd’hui la transparence voulue au RdC et R+1 pour la mise en communication des deux sites St-Joseph et St-Paul. D’autre part sa présence compromet la construction de parkings enterrés sous la rue Delandine. Cependant, ce bâtiment ayant une certaine importance dans la composition d’origine, on choisit de le reconstruire à l’identique dans la hauteur du 2ème étage, et beaucoup plus transparent (circulations verticales et horizontales) au RdC et 1er étage.

-          Les extensions apportées par Louvier aux ailes C, E, G, I de St-Joseph sont conservées.

 

 

 

 

 

Par ailleurs, concernant le portique d’entrée de la prison St-Paul côté Cours Suchet, il se retrouve isolé et inutile une fois supprimé le mur d’enceinte. Etant d’une valeur patrimoniale indéniable, nous prévoyons de le démonter pierre par pierre et de le reconstruire à l’entrée des halles du passage Delandine côté Cours Suchet, dans l’axe de la voûte située à l’autre bout du passage.

 

Enfin, les deux sites comportent quelques éléments de patrimoine artistique récent réalisés par des détenus :

 

-          fresques et tableaux réalisés sous la direction de Didier Chamizo, sur les murs du tunnel souterrain reliant les deux prisons,

-          panneaux de céramique réalisés sous la direction de Winfried Veit sur les façades de la cour d’honneur et de la chapelle de St-Joseph.

 

Nous prévoyons que le meilleur de ces œuvres soit récupéré, restauré et mis en valeur dans notre projet par exposition dans des  lieux réservés à la circulation des visiteurs, notamment au 2ème étage des deux bâtiments chapelles et hall d’entrée du quai Perrache.


 

Composition urbaine et architecturale

 

 

Le site :

 

Nous sommes en présence d’un site très singulier. Un atout essentiel est sa localisation remarquable entre Rhône et Saône, à l’entrée d’un quartier en devenir (Lyon Confluence). Il est qui plus est parfaitement desservi en transports (train, tramway, autobus, métro) et axes de communication (autoroute A6/A7). Les éléments négatifs sont l’environnement bruyant et pollué lié à la proximité de l’autoroute, ainsi que la localisation contre la barrière du Centre d’Echange de Lyon Perrache, qui empêche une bonne communication avec la partie Nord de la presqu’île. Le quartier à beaucoup souffert et a perdu son dynamisme commercial du fait de l’apparition récente du Centre d’Echange de Lyon Perrache, en voyant notamment se fermer de nombreuses voûtes qui maintenaient jadis la liaison avec la place Carnot et le reste de la ville.

 

 

Intégration dans le site :

 

Aujourd’hui, dans l’attente d’un traitement radical de la barrière « Centre d’Echange », le site des prisons St-Joseph et St-Paul doit être reconverti en un élément fort et expressif, lui permettant de composer avec ses handicaps qui sont estompés en tenant compte de différents paramètres :

 

-          Le Centre d’Evasion se trouve sur le chemin d’un axe commercial partant de la rue Victor Hugo, passant par la place Carnot et se prolongeant jusqu’au futur Pôle de Loisirs et Commerces (PLC) à l’extrémité de la zone Confluence. La création d’un espace commercial intermédiaire sur le site des prisons de Perrache a comme double intérêt :

-          de générer une émulation et une complémentarité avec le centre commercial « PLC », en répondant mieux aux besoins du quartier et en affichant une composante plus familiale, plus intime ;

-          de créer un contrepoids commercial crédible de ce côté-ci des voûtes, et offrir aux lyonnais une raison pertinente de franchir la barrière du centre d’échange.

 

 

 

-          Le site constitue l’une des premières images que la ville de Lyon donne à voir à des millions d’automobilistes sur l’autoroute ainsi qu’à de très nombreux voyageurs depuis la gare ferroviaire, ou sortant des transports en commun (métro, tram, bus). Il en découle un traitement particulièrement soigné de la vue depuis le Rhône et de celle depuis la place des Archives.

-          Le site prolonge, en allant vers le Rhône, la nouvelle place des archives, qui commence à marquer le cours Charlemagne comme une entrée importante du site Confluence : on soigne  donc particulièrement les accès au site depuis la place des Archives, on prolonge le parement mi-minéral/mi-végétal de cette place par un traitement similaire autour du plan panoptique de St-Paul. En attendant une meilleur perméabilité du quartier, on accompagne le chemin qui mène jusqu’au Rhône par un traitement coloré des voûtes : couleurs du Centre d’Evasion et/ou expression artistique confiées au peintre Chamizo.

Le passage Delandine :

 

Chacune des deux prisons tire le plus fort de son intérêt patrimonial dans sa juxtaposition avec l’autre. A l’instar de ce qui a longtemps été souhaité par l’administration pénitencière, notre parti urbanistique est donc de réunir les deux îlots pour en faire un site unique, très identifiable, notamment au travers des 4 totems lumineux qui rappellent les anciennes tourelles de garde.

 

La rue Delandine qui sépare les deux îlots constitue une frontière psychologique importante entre les deux parcelles. C’est pourquoi nous faisons d’elle un espace totalement intégré au projet :

-          Ainsi, la rue Delandine devient une rue piétonne. Comptant très peu de trafic actuellement, l’inaccessibilité de cette rue ne perturbe quasiment pas la circulation dans le quartier, un contournement restant possible par le cours Charlemagne puis par la rue Dugas-Montbel. Au passage, signalons que le quartier tire avantage à placer cette rue Dugas-Montbel en « zone 30 », pour renforcer la sensation de promenade possible entre la Saône et le Rhône, en passant par la place des Archives et le Centre d’Evasion.

-          Devenue piétonne, nous faisons de la rue Delandine un passage couvert, le « Passage Delandine », animé de petits commerces de bouche comme on en trouve dans les halles. Pour les piétons, non seulement le passage est maintenu entre le cours Suchet et la rue Dugas-Montbel, mais aussi il devient beaucoup plus agréable et pratique.

-          Le « bâtiment Delandine » est conçu tout en longueur, parallèle aux unités de St-Joseph dont il reprend la toiture à double pente.

 

 

Parti architectural :

 

Le parti retenu pour le réemploi et la mise en valeur des édifices conservés est d’ériger des constructions neuves entre les bâtiments existants dans la hauteur du RdC et du 1er étage là où les existants montent jusqu’au R+2. Extérieurement, on laisse ainsi émerger avec grande lisibilité le patrimoine massif et ancien depuis un socle bâti plus léger, vivant et moderne. Intérieurement, au RdC et 1er étage, on choisit d’intégrer les existants à un ensemble bâti au lieu de se confiner aux limites rectangulaires de bâtiments trop étroits. On crée donc un volume commun entre le neuf et l’ancien, à travers lequel ce dernier est visité. D’anciennes façades extérieures deviennent des parements intérieurs et sont mises en valeur.

 

Les constructions neuves viennent dialoguer différemment avec les anciennes en fonction du site considéré :

-          Sur St-Joseph, qui dispose d’un plan masse  rectangulaire et très symétrique, des volumes parallélépipédiques viennent s’insérer entre les ailes rectangulaires existantes, en respectant la symétrie du site.

-          Sur St-Paul, une répartition dynamique et ludique de parallélépipèdes vient jouer autour des ailes du plan panoptique.

 

En plan masse, l’ensemble figure un des symboles de l’univers carcéral : une clé.

 

 

Extérieurs :

 

Concernant l’aménagement des espaces extérieurs, notre programme prévoit :

-          la suppression des murs d’enceintes, de façon à améliorer la perméabilité du site ; on prend soin de reconstituer, à travers le front bâti en R+1 de notre projet, l’écran acoustique que ce mur d’enceinte formait vis-à-vis des rues résidentielles voisines ;

-          la création d’espaces verts sur lesquels on assoit les constructions, en allant du plus vert en cœur de ville au plus minéral côté Rhône, aujourd’hui bordé par l’autoroute ;

-          une façade plantée Quai Perrache, soulignant la composition classique et quasi-monumentale de l’édifice conservé, et préparant le Centre d’Evasion pour un flux de visiteurs venant du côté Rhône lorsque l’autoroute sera déclassée en boulevard urbain.

 

Par ailleurs, pour ce qui est des façades :

-          L’enduit des bâtiments existants de St-Joseph est refait en couleur claire ; les chaines d’angles et linteaux recoivent une lasure plus foncée) ; les pierres de la façade quai Perrache sont nettoyées ; les pierres des bâtiments de St-Paul sont nettoyées et au besoin reçoivent une lasure claire.

-          Les constructions neuves sont faites d’acier et de verre. Les parallélépipèdes sont revêtus d’un parement de type « Emalit ».

-          Les toitures existantes reçoivent des tuiles neuves et homogènes dans la couleur, les toitures terrasses sont végétalisées et ménagent des cheminements piétons.

Accès :

Les accès piétons se font :

-          principalement par le Passage Delandine pour les habitants du quartier,

-          par l’entrée située du côté de la place des Archives pour les personnes venues en transports en commun,

-          directement par les ascenseurs et escaliers reliant le parking aux différents étages du centre pour les visiteurs venus en automobile.

 

Les accès entrée-sortie aux parkings et aires de livraisons se font depuis le quai Perrache, évitant ainsi toute nuisance pour le quartier et les riverains. De plus, par anticipation d’une évolution naturelle du transport intra-muros, nous avons prévu de limiter l’accès livraisons aux poids lourds de moins de 19 tonnes.

 

 

Quelques éléments d’espaces intérieurs :

-          La cour d’honneur de St-Joseph et son bâtiment chapelle sont mis en valeur par de larges trémies dans les planchers neufs et surtout par une verrière donnant une lisibilité de la façade jusqu’au faitage.

-          Les boutiques sont réparties dans les constructions neuves et dans la pierre des bâtiments existants. Les façades existantes permettent d’offrir des ambiances et vitrines plus intimes.

-          Sous la coupole de St-Joseph et également sous celle de St-Paul, on aménage un escalier monumental circulaire. On dégage ainsi la vue sur coupole à tous les étages.

-          Le traitement de la signalétique du centre ainsi que les peintures au sol des parkings sont confiées à Didier Chamizo.

 

 

Développement durable

 

Le projet de Centre d’Evasion s’inscrit dans une démarche de développement durable au travers des éléments suivants :

-          En réemployant des bâtiments faits pour durer et en n’ayant pas besoin de protéger le projet contre un environnement bruyant, on réalise des économies de matières premières.

-          En regroupant des fonctions dans un même centre, on limite les déplacements et les besoins en transport routier (livraisons).

-          En reléguant au sous-sol les circulations propres aux livraisons et en limitant d’emblée l’accès aux poids lourds de 19 tonnes maximum, on protège le quartier de nouvelles nuisances.

-          En prévoyant de grandes surfaces de terrasses végétalisées à rétention d’eau, ainsi que des bassins d’eau d’orage, on limite le besoin en eau supplémentaire pour l’arrosage des espaces verts et on contribue à la bonne régulation du réseau urbain d’évacuation.

-          En utilisant des vitrages à haute performance (TL > 60% - FS # 40% - Uvit=1W/m²K), en prévoyant une ventilation asservie aux besoins effectifs (VMC hygroréglable, sonde CO2) et des équipements performants (éclairages, pompes, ventilateurs, ascenseurs, bureautique, chaudières….), on limite les besoins en énergie, donc le rejet en CO2.

-          En fonction de l’impact architectural, on envisage la mise en place de panneaux solaires en couverture du passage Delandine, soit environ 1000 m².

 

 

Evolutions nécessaires du PLU

 

Actuellement situées en zone UB, les évolutions à prévoir pour les deux parcelles sont :

-          Extension de la limite sur l’emprise au sol et dérogation aux règles d’implantation, ou plus simplement classement du Centre d’Evasion en équipement d’intérêt collectif.

-          Déplafonnement de la surface commerciale (limite actuelle : 300 m²).

-          Permission de l’Etat pour le changement de destination du bâti existant.

-          Déréglementation du nombre de places de stationnement en fonction de la surface de commerces.


Travaux – Eléments financiers

 

 

Au coût des travaux explicité dans le tableau ci-dessus, il convient d’ajouter principalement le coût du foncier, les coûts de fonctionnement et de maintenance. Quant aux recettes, elles sont essentiellement liées aux loyers des commerces et au parc de stationnement.

 

Globalement, l’équilibre financier du projet semble assuré dans une fourchette compatible avec les objectifs de l’Etat, tout en créant sur le site environ 150 emplois.

 

Néanmoins, au stade de notre esquisse, certains éléments sont difficiles à apprécier :

-          le coût du foncier relatif à la rue Delandine ;

-          et surtout, en l’absence d’audit technique et réglementaire, d’analyse sur l’état des planchers existants, de diagnostic amiante & plomb, d’étude de sol… le coût des travaux est aujourd’hui évalué avec une marge d’erreur importante.

 

Une fois toutes les contraintes connues, le Centre d’Evasion devra peut-être compter 2000 à 3000 m² de commerces supplémentaires afin de garantir l’équilibre financier. Ces surfaces pourront le cas échéant être trouvées sans dénaturer le projet :

-          en élargissant le socle RdC et les parallélépipèdes rapportés de St-Paul,

-          en créant un plancher commercial au 1er étage du passage Delandine.

 

 

Remerciements

 

Nous tenons à remercier chaleureusement Bénédicte Chavatte pour l’impulsion qu’elle a su donner à notre projet dans les moments les plus difficiles de sa mise en forme et Yannick Lewi (groupe Cetis) pour son soutien sans faille et les moyens mis à notre disposition.

Un grand MERCI également à Didier et Laurence Chamizo pour leur accueil et leur engagement à nos côtés sur ce projet.


 

 

Le Groupe Financière Duval et CFA

 

 

 

 

 

► L’ensemblier immobilier

Le Groupe Financière Duval intervient dans le domaine de l’immobilier depuis plus de vingt ans à travers deux secteurs d’activités complémentaires :

  • Activités Immobilières : Promotion Construction / Services Immobiliers,
  • Activités Exploitation : Tourisme, Sport, Loisirs / Santé / Stationnement.

Accompagné par un réseau de foncières (400 000 m² de surfaces commerciales, immobilier d’entreprise, résidences, parcs de stationnement et Partenariats Public-Privé) qui le positionne en investisseur long terme aux côtés des décideurs locaux et nationaux, le Groupe Financière Duval offre à ses clients publics et privés une compétence d’Ensemblier Immobilier.

Avec la volonté forte d’une proximité entre ses équipes et ses clients, le Groupe a développé un réseau de filiales régionales placées au cœur des enjeux locaux.

 

► Promotion - Construction

CFA (Compagnie Foncière des Alizés) développe, conçoit, construit et commercialise des ouvrages sur 4 grands marchés immobiliers :

  • Equipements commerciaux,
  • Immobilier d’entreprise,
  • Logements en bloc et résidences spécialisées,
  • Equipements sportifs et de loisirs.

Cette association de compétences permet également à CFA de piloter des projets urbains complexes comme les opérations mixtes de centre-ville.

 

Régionalisé

CFA a choisi un développement fondé sur l’implantation de filiales régionales pour être au plus près de ses clients et décideurs locaux. Neuf filiales maillent aujourd’hui le Territoire, dont CFA Rhône-Alpes Auvergne basée à Lyon.

 

Ensemblier

En synergie avec les autres entités du Groupe Financière Duval, CFA offre à ses clients une capacité d’ensemblier immobilier pouvant, dès l’amont des projets, intégrer toutes les actions des différents intervenants : concepteur, constructeur, investisseur (foncières d’accompagnement du Groupe), exploitant et gestionnaire.

 

Qualité et développement durable

CFA engage son expertise dans chaque projet et concilie innovation, architecture soignée, efficacité économique et qualité de service pour satisfaire ses clients investisseurs privés, institutionnels et publics. Ses projets traitent de façon dynamique et pragmatique la Haute Qualité Environnementale et, plus généralement, sont réalisés avec un fort engagement opérationnel en faveur du développement durable.

 

Les équipements sportifs et de loisirs

CFA Sport Engineering est la filiale de CFA dédiée au développement des équipements sportifs et de loisirs. Dirigée par David Douillet et Philippe Riboud, CFA Sport Engineering conçoit et développe des équipements sportifs aux espaces mutualisés, ouverts à tous, de véritables lieux de vie alliant sport, activités, loisirs et détente.

 

 

 

► Le Projet de Reconversion des Prisons St Paul et St Joseph - Lyon

Notre Groupe a fait part à l’Agence SENAC et OMNIS du grand intérêt qu’il portait au projet de reconversion en espace de commerces, de loisirs et de détente, qu’ils proposent pour les prisons St Paul et St Jospeh à Lyon. Ces lieux, de tout temps clos, à l’abri des regards des lyonnais, deviendraient ainsi à l’inverse un espace ouvert, convivial où les lyonnais se rencontrent, déambulent, bavardent, déjeunent ou se détendent….bref un véritable lieu de vie.

Ce projet viendrait en outre compléter l’offre commerciale et de restauration du quartier, et faire un trait d’union entre le centre Presqu’île et le Pôle de loisirs de Confluence.

Il s’agit là d’un réel intérêt pour cette îdée de reconversion qui ne pourra être analysée sur le plan technique et économique, qu’après une étude technique approfondie et notamment un audit de la structure des bâtiments, une étude géotechnique et des diagnostics amiante, plomb…, afin d’être à même d’évaluer les travaux à entreprendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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lyon6969 11/11/2010 14:06


Bonjour,
J'habite le quartier Charlemagne-Confluence, et je suis très concerné par les différents travaux qui s'y déroulent, dont les prisons St Paul-St Joseph.

11 novembre 2010:je tombe sur cet article de Lyon mag

"10-11-2010
L’Université Catholique va investir les prisons de Perrache

La Préfecture du Rhône a choisi avec près d’un mois d’avance la SOFADE comme le groupement qui allait réhabiliter les prisons Saint-Paul et Saint-Joseph.


Le projet s’intitule « La vie grande ouverte. » Il permet à la Catho de Lyon de quitter le pôle de Bellecour, trop vétuste, pour s’installer dans la partie Saint-Paul et les fameux bâtiments en
étoile. Côté Saint-Joseph, 90 logements sociaux et 65 logements privatifs seront construits, ainsi qu’une centaine de chambres étudiantes. Le projet se veut très fonctionnel, avec notamment une
allée ouverte qui permettra aux piétons d’aller des quais du Rhône au Cours Suchet. Mais il se veut aussi esthétique avec l’utilisation de matériaux spécifiques. « Les bâtiments en étoile seront
complètement préservés, rassure Jacques Gérault, le préfet du Rhône. Ils seront évidemment totalement réhabilités à l’intérieur. On va se déplacer jusqu’aux quais du Rhône par une allée. Il y aura
également une cafétéria, des espaces verts. Cet ensemble sera constitué de bâtiments basse consommation et Haute qualité environnementale, notamment avec une double peau en aluminium et en cuivre,
qui sont des matériaux nobles. » La vente des prisons de Perrache va rapporter à l’Etat 25 millions d’euros. Le permis de construire devrait être déposé au plus tard en mars 2012."

Le choix semble donc effectué pour la réhabilitation des prisons!


chevaly 28/07/2010 02:51


peut on trouver les noms des prisonniers à Lyon depuis 1905 et jusqu'à 1930 ? peut être existe t il une liste ? merci de me renseigner.