Le faux sursis des prisons

Publié le par Oriane Rebillard et Julien Defillon

 

Un sursis. Voilà bien le mot pour décrire ce qui a été accordé aux deux prisons. C'est-à-dire un ajournement, une simple remise à plus tard. Six mois… Six petits mois. Ce laps de temps risque fort de ne pas être suffisant pour mettre en place une véritable étude de reconversion, faire appel à des projets et mobiliser des investisseurs et architectes du patrimoine alors que les bâtiments n’auront toujours pas la protection qu’ils méritent !

 

De plus, cette période sera celle des vacances estivales, qui est souvent bien mauvaise pour le patrimoine. La rentrée ne sera sans doute pas non plus le bon moment pour que ces prisons aient un nouvel espoir alors que leurs derniers jours s'écouleront. La rentrée ne sera sans doute pas non plus le bon moment pour que ces prisons aient un nouvel espoir alors que leurs derniers jours s’envoleront. Il est peu probable qu’un cahier des charges de qualité puisse être créé en si peu de temps ; surtout s’il doit allier réponses à des besoins contemporains, créativité artistique et respect du patrimoine existant. Si nous demandons une protection, c’est bel et bien pour laisser le temps de la réflexion à un comité qui sera chargé d’étudier la meilleure des reconversions possible !

 Si l’Etat s‘intéressait réellement à la sauvegarde du patrimoine, le ministère de la Justice n’aurait-il pas baissé ses prix de vente ? Il est très clair qu’une telle somme (23 millions d’euros !!!) ne peut que faire fuir tout investisseur, même si celui-ci se montre le plus révérencieux possible à l’égard de ces édifices.

 

Tant que l’Etat ne fera pas un geste en baissant ce prix, et en laissant un délai plus grand, ces prisons resteront sous la menace d’une démolition. Emportant ainsi à jamais ce patrimoine architectural.

En effet, si en septembre aucun investisseur ne s’était toujours présenté, une nouvelle demande de permis de démolir serait déposée.

Bien sûr une protection peut effrayer les investisseurs car elle engendre plus de « contraintes » (ce terme signifie en réalité un plus grand respect pour le bâti…). Nous en sommes conscients. Aussi nous nous pensons qu'un délai plus long est donc indispensable afin de permettre l'émergence de projets sérieux et réalisable,s qui assureront le respect et la mise en valeur du bâti ayant un intérêt patrimonial ainsi que les possibilités de reconversions.

Dans le cas contraire, cela veut dire que le patrimoine est contraint de se soumettre aux exigences de la promotion immobilière. Les Monuments historique ne seront-ils dorénavant que les miettes jugées intéressantes et rentables? Nous pensons que le patrimoine n'a pas vocation à être rentable. Sa raison d'être est de perdurer, d'être étudié et principalement d'être transmis

 

Penser que ces six mois permettront une réelle réflexion, ou plutôt le faire croire, c’est mépriser non seulement les acteurs de la défense du patrimoine mais aussi les lyonnais !

 

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