Jeudi 25 novembre 4 25 /11 /Nov 23:58

A la surprise générale, le préfet Jacques Gérault a annoncé plus d’un mois à l’avance le nom de l’équipe qui pourrait reconvertir les prisons.

 

Voici donc le dénouement de l’histoire. Nous avons eu peur pour ces prisons, avons échappé de peu à leur disparition et voilà que tout danger semble écarté car elles paraissent désormais sauvées…

 

Vraiment ?

 

Une observation attentive des différentes images disponibles sur la vaste toile d’Internet nous permettra de nous rendre compte qu’en réalité, la préservation du patrimoine bâti à Lyon n’a toujours pas le vent en poupe.

 

On ne peut que se féliciter, dans un premier temps, de constater que l’OPAC du Rhône participe à ce projet, mais il y a fort à parier que les logements sociaux seront situés près de l’autoroute et des voies du chemin de fer. A-t-on donc si peu de respect pour les futurs habitants de ces logements sociaux pour qu’ils soient relégués à l’endroit où les nuisances sonores sont les plus importantes ?

Bien sûr, nous ne pouvons qu’espérer nous tromper sur ce point et croire que les immeubles de l’OPAC et les futurs appartements étudiants seront placés le long, par exemple, du cours Suchet…

 

Quant à la redynamisation du site, le choix de l’université Catholique était certainement excellent, nous ne pouvons qu’applaudir le choix du Préfet. Mais pour apporter un bémol à la liesse générale, on peut quand même se permettre une remarque : le site ne sera-t-il pas quelque peu vide durant les trois mois de pause estivale et les autres périodes de vacances ?

 

Qu’il nous soit permis pour finir d’apporter un certain regard sur les images du projet qui vous ont été offert par la presse.

Les perspectives d’insertion des nouveaux bâtiments sont principalement de nuit, ce qui permet au graphiste de jouer sur la diversité des couleurs de l’éclairage et de livrer ainsi un rendu final bien plus séduisant grâce à cette débauche de couleurs lumineuses. Sans doute une vision de jour eut été moins… agréable à l’œil mais peut-être aussi moins mensongère… Mais après tout n’est ce pas le jeu des dessins d’architectes que de jouer sur les perspectives et les angles de vue ?

Aura-t-on réellement une telle impression de transparence depuis la place des Archives en direction de cette diagonale qui transperce l’ancien rectangle des prisons ?

Il n’est absolument pas possible de lire un véritable dialogue dans ce projet, mais une imposition. L’architecture contemporaine marche sur le patrimoine et l’englobe. Pourtant il eut sans doute été possible de faire tant d’autres choses plus valorisantes pour ces murs centenaires.

 

Un rapide regard sur les différentes images du projet retenu et en particulier sur le plan masse des futures constructions indique clairement que si une partie des bâtiments est certes préservée, les recommandations du cahier des charges ne le sont, elles, pas en totalité.

En effet, la prison Saint-Paul et son plan panoptique est privée de deux de ses six « branches d’étoiles », brisant ainsi une des principales qualités de l’édifice. Il était normalement prévu de conserver les six départs d’escaliers (les débuts de ces branches), ce qui n’est manifestement pas le cas.

On ne peut également que s’étonner de ne pas voir conserver le très beau portail de Saint-Paul, sa porte magistrale avec ses trois médaillons sculptés en bas-relief qui narre la vision carcérale de l’époque (la justice est rendu, le prisonnier paie son dû à la société par son incarcération mais peut après retrouver la liberté). Quant on sait que le projet du groupe Pitch-Promotion avait été revu, après une rencontre avec certains membres de la Commission Lyon-PatrimoineS, les architectes ayant finalement accepté de l’inclure dans le nouveau projet, on ne peut qu’espérer (réclamer ?) qu’il en soit de même avec le projet retenu.

 

Saint-Joseph en revanche voit son architecture bien plus dénaturée. On en viendrait presque à croire que c’est pour cacher le peu d’éléments retenus qu’une image du plan masse n’a pas été communiquée aux journalistes mais seulement diffusée rapidement au journal télévisé. Seuls le bâtiment central de la chapelle, le corps de logis d’entrée, ainsi qu’une seule aile (et une minuscule partie d’une autre) sur les six sont préservés et reconvertis… Par miracle nous voyons apparaître sur les images de ce fameux projet les galeries en pierre qui encadrent la chapelle (heureusement que leur préservation était indiquée dans le cahier des charges).

 

Il est également écrit qu’un des côtés novateurs de ce projet est la seconde peau, réalisée en acier et cuivre, qui viendra à certains endroits recouvrir les façades originales des prisons, ces matériaux modernes résistant mieux aux temps…

Il est étonnant de constater à quel point l’on prend le commun des mortels pour des ignares : Depuis quand la pierre résiste mal au temps ? La ville n’est-elle pas peuplée de bâtiments en pierre qui sont toujours debout après plusieurs siècles ? Surtout lorsque l’on connaît la qualité de la réalisation des prisons, Baltard et Louvier ayant conçu des édifices solides où l’usage de la pierre se veut autant résistant qu’élégant (notamment par la polychromie des pierres utilisées pour Saint-Paul)

 

Alors, à qui la faute ? Qui est responsable de ce projet qui est certainement le meilleur choix parmi tous ceux présentés, mais qui n’est pas assez respectueux du patrimoine bâti ? (On n’ose imaginer à quoi devaient ressembler les projets des autres candidats…)

Sans doute peut-on incriminer « France Domaine », dont le crédo est désormais de rentabiliser à tout prix (en premier lieu sur le dos du patrimoine bâti) ? A cette fameuse crise ? Sans doute à divers éléments qui font que France Domaine a demandé un prix exorbitant pour le site des Prisons et s’est montré intransigeant quant à ce montant, sans aucune possibilité de négociation, et que par conséquent les promoteurs n’ont pas dû pouvoir investir autant d’argent qu’aurait exigé un projet où le patrimoine de ces prisons eut été d’avantage respecté.

 

 

Alors nous voilà accusés, nous les « patrimoniaux », de vouloir vider les caisses d’un Etat déjà appauvri, de vouloir ruiner cette pauvre Ville de Lyon qui n’a naturellement absolument pas les moyens de soutenir les grands projets d’architecture et de patrimoine comme les Prisons (et oserons-nous dire, l’Hôtel-Dieu ?).

On arrache les branches d’étoile à la prison Saint-Paul, on démolie plus de la moitié de Saint-Joseph, et pour achever le tout on cache cela sous le manteau d’une architecture contemporaine qui sur les planches semble bien s’harmonier avec le site, mais… ce ne sont que des vues idéales et idéalisées.

 

 

Tourne le vent du patrimoine, emporte avec toi ce temps désormais révolu où l’on vendait pour un franc symbolique un site à reconvertir. Echappe-toi dans le passé, époque où l’on protégeait grâce à des mesures prévues par la Loi, des bâtiments avant de les réhabiliter.

Sauve-toi dialogue entre les époques de constructions, désormais tu ne sembles plus exister.

Nous nous sommes battus, nous avons vu, espéré, cru… désormais nous ne pouvons plus qu’attendre, surveiller et continuer à dénoncer les aberrations patrimoniales, applaudir et remercier bien sûr quand il le faut (et c’est en partie le cas pour ce projet de reconversion), mais aussi pointer du doigt les incongruités immorales qui touchent nos monuments et notre Histoire, celle de la ville, celle de l’architecture et celle de la société.

 

 

 

Par Julien Defillon et Oriane Rebillard
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Jeudi 11 novembre 4 11 /11 /Nov 15:20

Plus d'un an et demi après l'annonce de la destruction des prisons, et de la levée de boucliers qui s'en est suivie, voici que vient de parraître le projet qui a été retenu pour la reconversion de Saint-Joseph et de Saint-Paul : il s'agit de l'université catholique de Lyon, associée avec l'Opac du Rhône, et Habitat et Humanisme.

Notre première réaction est un "OUF" de soulagement, car certains des 4 autres projets étaient plutôt partisans de la destruction totale, en particulier un auquel nous avions eu accès, mais dont nous préferons taire le nom.

 

Nous attendons impatiemment l'intégralité du projet de la catho, avant de faire de plus amples commentaires. En attendant, voici l'article du Progrès d'aujourd'hui à ce sujet :

 

Saint-Paul et Saint-Joseph s'offrent à l'Université catholique

 

publié le 11.11.2010 04h00

 

7 000 étudiants de la Catho, des logements, des bureaux, quelques commerces : la reconversion des anciennes prisons de Lyon se fera dans le respect du patrimoine. Une rue traversante ouvre définitivement l'ancien site carcéral

 

 

« On peut être très heureux de ce dénouement », considère Jacques Gérault, préfet du Rhône, à propos du choix de l'Université catholique associée à Habitat et Humanisme et à l'Opac du Rhône, avec pour mandataire la Sofade. L'issue de ce dossier, qui visiblement lui tenait à cœur depuis la décision de lancer un appel à projets plutôt que d'envisager de seulement céder le site, propriété de l'Etat, au plus offrant, s'achève dans le respect du patrimoine. Tous les panoptiques sont conservés, de même que l'essentiel des bâtiments caractéristiques de l'architecture carcérale du XIXe siècle. Le groupement d'architectes - Garbit et Blondeau, les studios Ory, l'Atelier Thierry Roche - ont opté pour l'ouverture forcément très attendue de l'îlot, qui donnera sur la place des Archives, via une rue traversante. Le tout sous une verrière. Avec ses 7 000 étudiants, du logement en accession libre, en HLM, des bureaux, quelques commerces, le site sera passant et vivant en journée, mais fermé le soir.

Finaliste mais pas retenu, le dossier porté par Bouygues Immobilier en association avec Icade (filiale de la Caisse des dépôts), qui comprenait une mixité entre habitat social, privé et activités tertiaires, a été jugé trop « pastiche » et moins respectueux de l'existant. L'argument financier, qui comptait pour 40 % dans les critères de notation (le patrimoine, l'intégration sociale et urbaine et l'environnement, pour 20 % chacun) n'a pas été déterminant, a insisté le préfet. L'Etat cède en effet le site contre 25 millions d'euros (l'estimation des Domaines était de 24,7 M), soit 1 million de moins que si elle avait fait l'autre choix, s'élevant à 26,7 M. Rappelons que le produit de la vente servira, au plan national, de rénovation des prisons.

Pour l'emporter, le dossier de la Catho, portée par la Sofade, a été amélioré. Son point faible, qui n'était pas des moindres, consistait à faire appel à des subventions de l'Etat et des collectivités territoriales. Or après révision, il s'autofinance. Condition sine qua non pour être retenu.« On a pensé le site pour un siècle. Je n'ai pas envie que dans dix ans on s'interroge sur le préfet qui a accepté une telle horreur », a encore mentionné Jacques Gérault, entouré d'Alain Lombard, directeur régional des affaires culturelles, et de Guy Lévi, directeur départemental des territoires.« On clôt un problème », a encore souligné le préfet qui, sur ce dossier, a pris tout le monde de vitesse. La décision du jury était attendue au 15 décembre. Forcément, cette précipitation a ses raisons.


Dominique Menvielle

Un défi pour la Catho : créer un cadre de vie et de savoir

« Nous sommes ravis. » C'est par ces mots qu'Henri D'Yvoire, vice-recteur de l'Université catholique, a résumé le sentiment général quelques heures après l'annonce de la candidature retenue faite par la préfecture. « D'autant plus que le travail commun engagé avec les partenaires laisse penser qu'il va bien se poursuivre », a-t-il tout de suite ajouté, visiblement enthousiaste.

Le projet porté par la Sofade (entreprise Dentressangle) allie en effet différentes missions et finalités. Enseignement supérieur, bureaux, commerce, habitat (à la fois étudiants et pour personnes âgées), résidence d'Habitat et Humanisme et lieu de réflexion en économie sociale et solidaire, toujours à l'initiative de l'association fondée par le père Devert, y cohabitent.

Il faut imaginer que c'est un véritable campus de quelque 7 000 étudiants qui trouvera place sur le territoire des ex-prisons, soit à deux pas de l'autre site de la Catho, situé place Carnot. Une véritable opportunité donc, qui va conduire à laisser les bâtiments historiques de la place Bellecour. Le coût de leur mise aux normes était de toute façon prohibitif.

Lorsqu'on interroge le vice-recteur sur la crainte, d'ores et déjà exprimée par certains, que le site des ex-prisons ne vive pas, puisque quatre mois dans l'année les étudiants désertent, il répond « qu'entre les universités d'été et l'Institut de langue et culture françaises, ce ne sera jamais complètement fermé. »

En attendant, ce qui est acté c'est que les murs d'enceinte vont en partie tomber (sous l'œil vigilant des Bâtiments de France), qu'une fluidité est donnée. Un projet forcément enthousiasmant pour l'Université catholique et ses partenaires. « J'ai vu tous les effets positifs, autant en interne qu'en externe, lors de la création du site récent de la place Carnot », souligne encore Henri D'Yvoire, qui était alors en charge du projet. Le nouveau, baptisé « La vie grande ouverte », met en avant Humanité et Urbanité et ne l'enthousiasme pas moins.

D.M

> Note

Le recteur Michel Quesnel, surpris lui aussi par la rapidité du choix du projet dans lequel l'Université catholique est partie prenante, s'exprimera officiellement lundi 15 novembre

Repères

 >> Le programme
- 10 000 m2 de bureaux et services.
- 15 000 m2 de logements, dont 90 appartements en accession et locatif libre, 65 logements sociaux et 126 lits étudiants.
- 700 m2 de commerces (seulement l'objectif étant de ne pas créer là un centre commercial).
- 35 000 m2 pour l'Université catholique et ses 7 000 étudiants.
- Un parking de 278 places en souterrain.

>> Membres du groupement vainqueur
La Sofade (entreprise Dentressangle) mandataire unique, et l'Ogic
Les partenaires
AFPICL (Association des fondateurs et protecteurs de l'Université catholique de Lyon), habitat et Humanisme, Opac du Rhône, Pôles développement
Maîtrise d'œuvre
Les architectes Garbit et Blondeau (îlot Saint-Paul), studios Ory (îlot Saint-Joseph), Atelier Deroche et Associés urbaniste sur l'ensemble du site 2DBM- Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques

>> Calendrier prévisionnel
-  Juillet 2011 dépôt du permis de construire
- Février 2012, permis accordé. Les travaux sont appelés à durer de dix-huit mois à deux ans.

Par Protégeons notre patrimoine
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Lundi 8 février 1 08 /02 /Fév 18:52
Une petite lueur d'espoir pour les prisons de Perrache suite à la conférence du prefet de vendredi dernier. En effet, le cahier des charges prévoit la conservation d'une grande partie du bâti ancien, ce qui sonne comme une petite victoire, après la bataille qui a été menée il y a bientôt un an par tous les défenseurs du patrimoine lyonnais !

Voici les articles du jours, consultables sur le site du progrès :


Saint-Paul et Saint-Joseph : la procédure de cession est lancée



NON RENSEIGNEE

 

Dans moins d'un an, on devrait connaître le sort réservé aux deux prisons désaffectées. Les promoteurs intéressés devront, toutefois, obligatoirement préserver toute une partie des bâtiments. Protection du patrimoine oblige

 

En matière d'urbanisme comme de grands travaux, prévoir un calendrier relève toujours du pari. C'est néanmoins à cet exercice que s'est risqué, vendredi, M. Jacques Gérault, préfet de Région, à propos du renouveau des prisons historiques de Lyon : « Les travaux pourraient débuter en 2012 ».

On se souvient que Saint-Paul et Saint-Joseph, désormais désaffectées depuis près d'un an (au profit de la prison de Corbas), ont été sauvées de la pioche des démolisseurs grâce à la mobilisation de nombreux Lyonnais amoureux de leur patrimoine. Un mouvement auquel le préfet n'a pas été insensible, en dépit des espérances financières que, dans sa grande misère, le ministère de la Justice plaçait dans la vente du terrain de deux hectares, situé dans l'hypercentre lyonnais au cœur du nouveau quartier de la Confluence, et sur lequel ont été édifiées les deux maisons d'arrêt dans le courant du XIXe siècle. « Si nous n'avions raisonné que financièrement, alors il aurait fallu tout raser, c'était là l'évidence. Toutefois, l'argent n'est pas la valeur ultime et, dans ce dossier, nous nous devions de prendre aussi en compte l'histoire, l'urbanisme de ce quartier et la vie de ses habitants », explique, aujourd'hui, M. Gérault, avant d'ajouter : « J'espère que nous pourrons être fiers de ce qui va être réalisé ici. »

Bref, pour régler l'avenir de ces bâtiments, la préfecture a décidé de recourir à une procédure inhabituelle pour l'administration. Ainsi, après avoir lancé - dans le courant de l'année dernière - un appel à projets destiné à faire avancer la réflexion et à estimer ce qu'il était possible d'imaginer et de faire avec pareil site (16 projets d'urbanistes et d'architectes ont été présentés), le dossier est entré, depuis vendredi dernier, dans une seconde phase. C'est ce jour-là, en effet, que l'administration a officiellemen lancé la procédure de cession reposant sur un appel à candidature. Pour concourir utilement, les promoteurs devront obligatoirement se présenter entourés d'une équipe d'architectes, d'urbanismes, de bureaux d'études, et surtout répondre à un cahier des charges très précis, prenant en compte, à la fois la préservation du patrimoine, et son insertion dans le quartier. Soit de nombreuses contraintes qui ont été établies en concertation entre l'administration, les Bâtiments de France, le Grand Lyon et Lyon-Confluence, la SEM qui pilote le grand projet urbain de la Confluence. « Nous voulions agir en concertation et en toute transparence », insiste le préfet.

Maintenant que l'appel est lancé, les candidats disposent de plusieurs mois pour élaborer leurs propositions, la date limite de remises des offres ayant été fixées au 15 juillet prochain.

Après quoi, viendra le temps de l'examen et du choix. La décision du jury devrait intervenir le 15 décembre.

R. R.

C'est en décembre prochain que l'on saura comment le site sera réhabilité / Archives Pierre Augros

Les contraintes patrimoniales influeront sur le prix de vente de ce site

 

Au printemps dernier, un prix avait été lancé : en échange de ce terrain de deux hectares situé dans la presqu'île lyonnaise, le ministère de la Justice exigeait 25 millions d'euros. Depuis, et surtout depuis que l'on sait que toute une partie du bâti devra être obligatoirement préservée, la situation a évolué. Il sera donc beaucoup plus difficile à un promoteur d'assurer la rentabilité d'une pareille opération, compte tenu des contraintes qui pèsent sur le site. C'est pourquoi le préfet se refusait, hier, à annoncer un chiffre. On ignore, également, quelle sera la destination future des bâtiments qui seront construits ou réhabilités. Une seule chose est sûre, aucune grande surface commerciale ne pourra s'y installer. En revanche, la présence de petits commerces peut être envisagée.

 





Anciennes prisons de Perrache : une partie des bâtiments sauvegardée


NON RENSEIGNEE


 
/ Visuel Dumetier et Robin

 

 

Le ministère de la Justice, propriétaire des anciennes prisons lyonnaises situées sur le bord de l'autoroute, a cédé à la pression des Lyonnais.

Une partie du bâti datant du XIXe devra être conservée par les promoteurs intéressés par le site et intégrée dans leurs projets respectifs.

Ainsi, la chapelle de Saint-Paul devra être sauvegardée tout comme les escaliers qui distribuent les différentes branches en étoile de l'ancien site pénitentiaire. Côté Saint-Joseph, le bâtiment central et les pavillons, eux aussi, échappent à la destruction. Les murs d'enceinte devront être, soit gardés, soit matérialisés au sol.

Hôtels, habitations, petits commerces ? Un appel à candidatures a été lancé via la préfecture du Rhône.

Le jury décidera le 15 décembre 2010 ce que deviendra le site. Et l'État vendra alors ses prisons.


La démolition partielle, une condition nécessaire pour réhabiliter le site


NON RENSEIGNEE


 

Les prisons historiques de Lyon, qui toutes les deux témoignent de l'architecture carcérale du XIXe siècle, seront donc épargnées, du moins en partie. De nombreux lyonnais s'étaient émus de leur possible démolition. Mais le bon sens a finalement triomphé avec l'aide, il est vrai, de la Direction de l'architecture et du patrimoine du ministère de la Culture qui avait dépêché une mission afin de faire un point de la situation.

Pour les experts, si les deux prisons sont victimes d'un profond état de vétusté, elles n'en méritent pas moins d'être conservées. Même si, comme on peut le lire au fil de leur rapport : « Le caractère extrêmement contraignant de telles architectures est incompatible avec leur conservation intégrale ». En conséquence de quoi, côté Saint-Paul, les futurs aménageurs devront obligatoirement conserver la chapelle centrale et tous les escaliers de distribution des branches de ce bâtiment organisé selon le principe du panoptique. Le portail donnant sur le cours Suchet sera également préservé. Côté Saint-Joseph, le corps du bâtiment central, les pavillons d'entrée Est et Ouest et les galeries de distribution seront soumis à cette même règle.

Reste le problème des murs d'enceinte. En ce qui les concerne, il a été admis qu'ils pourraient être démolis partiellement mais à condition, toutefois, que subsiste au sol une trace de leur existence (voir infographies).

Une cellule de l'établissement / Archives Le Progrès
Par Oriane Rebillard
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Mardi 29 septembre 2 29 /09 /Sep 00:45

Compte rendu de la conférence de presse à la préfecture du Rhône, le 28 septembre 2009 à 15h00

 


La Préfecture du Rhône, a organisé le lundi 28 septembre une conférence de presse, dans le but de présenter les différents projets déposés dans le cadre de l’appel à idée sur l’avenir des prisons de Perrache.

 

Monsieur le préfet de la région Rhône-Alpes et préfet du Rhône , Jacques Gerault, a rappelé en introduction que les prisons n’avaient pas de protection au titre des Monuments historiques.

Le préfet a préféré débuter le débat sur la question de la sauvegarde des prisons avec cet appel à idées, procédure nouvelle qu’il considère comme plus démocratique, et qu’il a souhaité d’envergure nationale et internationale.

L’appel à idées était un vrai défi car il s’agissait de monter un dossier en 6 mois dont deux de vacances estivales. Ce fut un appel à l’échelle nationale et internationale.

Le but a donc été de demander à des architectes et des urbanistes, quels projets étaient possibles selon eux.

Les fonds issus de la vente des deux anciennes prisons iront à 100% sur un compte destiné au financement de nouvelles prisons plus modernes et dignes, dans le cadre de la politique menée par l’Etat. Pour Jacques Gérault, les 25 millions d’euro sont donc un prix juste et équitable, car ils allègeraient le contribuable.

 

Propriétés de ces prisons :

 

-          24 000 m² de surface

-          dans un état de délabrement important

-          intérêt architectural manifeste

-          il existe d’autres exemples de prisons à plan panoptique à Toulouse et Montpellier

 

 

 

Jacques Gérault a évoqué son désir de transmettre aux générations futures ces bâtiments qui incarnent l’histoire de Lyon, et de leur donner une seconde chance. Il semblerait donc que le préfet soit plutôt favorable à des projets de conservation ou de semi-conservation du bâti existant. Il conviendra de vérifier cela dans les mois à venir.  Il faut, selon lui,  utiliser cette architecture du passé et chercher à aller plus loin : adapter l’architecture au patrimoine existant.

 

 

 

Au 15 Septembre, 16 réponses ont été données. Parfois, plusieurs architectes se sont regroupés afin de proposer un projet.

Le préfet a saisi le Grand Lyon avec la volonté de l’associer au projet, de plus si les collectivités ont un projet d’aménagement des prisons et qu’elles souhaitent prendre en charge la gestion de ce projet, le préfet y est tout à fait favorable. le PLU est d’ailleurs en cours de révision, ce qui permettrait éventuellement la construction de bâtiments plus hauts et d’augmenter la surface bâtie.

 

Il y a eu 4 familles de projets

-          une conservation totale avec un rajout de bâtiments (surélévation par exemple)

-          la démolition de plusieurs bâtiments et une ouverture vers la place des archives

-          Une conservation totale sans ajout (centre commercial ou investissement public)

-          Une destruction totale (tabula rasa, ou bâtiment en négatifs de ceux existants)

 

Pour que puisse exister un projet, il faut

-          que le PLU évolue

-           un montage foncier, avec une réflexion sur la nature des investisseurs Privés, publics, ou bien les deux

-          Une cohérence du bâti si il devait y avoir plusieurs promoteurs

 

En Janvier 2010 sera rendu public un cahier des charges élaboré à partir de ces 16 projets, pour la consultation de la vente des terrains. Lorsque nous avons posé la question à propos d’une possibilité de protection officielle de ces bâtiments avec le classement au titre des Monuments historiques ou l’inscription à l’Inventaire supplémentaire, le préfet a répondu qu’il avait souhaité que de telles mesures ne soient pas prises puisqu’il n’y avait pas encore de projets pour le devenir de ces bâtiments. Une protection de ce type aurait selon lui, un effet néfaste et risquerait de faire fuir les possibles promoteurs immobiliers.

Mais pour le préfet, le futur cahier des charges sera un des moyens de contrôle pour la préservation du bâti puisqu’il imposera certains éléments aux futurs architectes et promoteurs. Les mois à venir confirmeront ou non cela…

 

Les offres seront à remettre en mai 2010, puis suivront la remise des projets. Les travaux pourraient débuter dès le deuxième semestre 2011.

 

Monsieur le préfet s’est finalement exprimé sur :

-          sa conviction qu’il est possible de conserver tout ou partie des bâtiments sans en altérer la valeur foncière

-          Il faut tirer des enseignements de cet appel à idées

-          Il faut être fier d’ici quelques années de ce qui aura été réalisé.

-          Ces 24 000 m² ne peuvent pas être une juxtaposition de gestes architecturaux, et la réhabilitation devra être exemplaire sur le plan du développement durable.

 

 

 

 

Ces idées ne sont pas des projets complets et définitifs. Il s’agit plutôt « d’avant-projets » servant à établir un cahier des charges, et qui témoignent de la faisabilité d’une sauvegarde des bâtiments du XIXe siècle.

Comme nous l’avons dit, le préfet s’est montré favorable au fait de privilégier un projet qui opte pour la sauvegarde des prisons. Cependant il souhaite donner une liberté aux architectes et « flécher » le moins possible, pour éviter le risque de n’avoir aucun projet, au tout du moins de freiner les intéressés. La révision du PLU permettrait plus de liberté. Le projet futur devra être naturellement complémentaire de la confluence.

 

L’idée de voir plusieurs promoteurs sur ce même site n’est pas à exclure

 

Monsieur le préfet rappela qu’il y a un an les prisons devaient être détruites, et que c’est lui-même qui a entrepris d’essayer de les sauvegarder, de bloquer la décision de destruction, et pour cela il a dû convaincre au plus haut niveau.

 

 

 

Les 16 appels à idées sont la preuve que quelque chose est possible, mais il n’y a pas de classement envisagé pour l’instant afin de ne pas freiner les promoteurs et architectes. Il viendrait après, en tentant de conserver le maximum de choses… Il faudra alors rester vigilant sur ce sujet en espérant qu’il ne sera pas décidé de ne protéger que quelques « miettes », à savoir uniquement ce que les promoteurs auront décidé de conserver…

Le renouvellement de la ville sur elle-même est essentiel à sa survie et à son évolution, il est même primordial et inévitable. Il peut même s’opérer de manière exemplaire. Mais lorsque l’on peut conserver correctement un patrimoine bâti de qualité qui mérite de perdurer, tout en l’alliant à une architecture contemporaine répondant aux besoins des populations, alors il faut souhaiter que ce soit cette solution qui sera choisie : celle du dialogue respectueux et créatif entre patrimoine et création.

 

 

 

Les projets déposés peuvent être consultés à cette adresse, sur le site de la DDE.

Par Oriane Rebillard et Julien Defillon
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Mercredi 23 septembre 3 23 /09 /Sep 08:51
Suite au contact que nous avions pris avec Elsa Frisullo, journaliste du 20 Minutes lyonnais, elle a écrit un article sur de projet de Omnis & Sénac, dont voici le contenu paru aujourd'hui :

Projet d'évasion dans les anciennes prisons

Créé le 23.09.09 à 07h39


 

 

Et si à la place des maisons d'arrêt de Perrache (2e) un nouveau pôle de loisirs voyait le jour ? Tel est le projet défendu par l'ingénieur Alexandre Jennan de la société Omnis Bâtiment et l'architecte Sophie Sénac, tous deux candidats à la reconversion des anciennes prisons. Dans le cadre de l'appel à idées lancé par l'Etat, cette équipe lyonnaise a imaginé de transformer ces lieux en un immense « centre d'évasion ». Un concept original né de la volonté de valoriser cette architecture pénitentiaire du XIXe siècle tout en gommant la sombre image des bâtiments carcéraux. « Durant deux siècles, cet endroit est resté inaccessible aux Lyonnais. Pour les habitants, la proximité de ces prisons a toujours été source de préjudice », indiquent les concepteurs, soucieux de voir émerger « un lieu de vie ouvert à tous ».

L'endroit rêvé accorde donc une place forte aux commerces, restos et cafés, répartis aux rez-de-chaussée de Saint-Paul et Saint-Joseph, seulement amputés des murs d'enceinte et de quelques bâtiments administratifs. « Il y a un manque cruel de commerces sur le quartier », indique Alexandre Jennan, qui a aussi prévu la création d'un passage couvert et piéton, rue Delandine, dédié aux métiers de bouche. « Mais il ne s'agit pas d'un centre commercial », précise l'ingénieur, qui imagine dans les étages supérieurs des clubs associatifs, des ateliers artistiques, une salle de sport et un grand espace de jeux pour les 5-15 ans. « Les parents feraient du shopping pendant que leurs enfants joueraient dans un espace sécurisé », poursuit-il. Mais ce projet saura-t-il convaincre les représentants de l'Etat ? Pour s'en assurer, Alexandre Jennan et Sophie Sénac ont obtenu le soutien du groupe Financière Duval, un promoteur prêt à répondre à un éventuel appel d'offres. Pour permettre cette « évasion », ce dernier devra débourser 24,7 millions d'euros pour acquérir les terrains des anciennes prisons et presque autant pour aménager ce pôle de loisirs. W


Elisa Frisul
lo


>>> cliquez ici pour voir l'article d'origine <<<
Par Oriane Rebillard
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Contact

Pour nous écrire : sauvonslesprisonsdeperrache@yahoo.fr

Revue de presse


Articles paru dans le Progrès, le 3 juillet 2009

 


Pour les prisons de Lyon, un avenir est possible qui concilierait patrimoine et modernité. A condition de laisser à l'écart de la réfléxion polémiques et doctrines.

 

On a beau ne rien ignorer de la misère financière dans laquelle se débat le ministère de la Justice, la décision - prise dans la précipitation - de mettre en vente le site des prisons Saint-Paul et Saint-Joseph, accompagnée d'une demande de permis de démolir, fut pour le moins malheureuse. Et même si, depuis, l'Etat semble revenu à de meilleures dispositions en lançant un appel à projets, c'est un bien mauvais signal qui a ainsi été adressé aux Lyonnais, au-delà des seuls défenseurs du patrimoine. Comme s'il était possible de rayer, d'un coup de bulldozer, plus de cent cinquante ans d'une histoire, lourde de symboles, inscrite dans celle d'un quartier lui-même en pleine mutation, sans se préoccuper plus avant de l'avis des habitants et des élus. On reste pantois face à une telle désinvolture.

Heureusement, il reste des hommes de bonne volonté. Ainsi le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement du Rhône (CAUE), la Commission nationale française pour l'Unesco et la section français de l'ONG vouée à la défense du patrimoine Icomos, ont organisé le 25 juin dernier un séminaire portant sur le devenir des prisons de Lyon. Il réunissait architectes et spécialistes du patrimoine, ayant notamment une expérience de reconversion de sites semblables. Car des précédents existent en France, comme à l'étranger (lire plus bas). Après tout, la prestigieuse Ecole nationale d'administration (ENA) ne s'est-elle pas installée à Strasbourg dans une ancienne prison pour femmes ?

 

Mais ce qu'il ressort surtout de cette journée, c'est d'abord la nécessité de laisser à la porte, avant même d'entamer la moindre réflexion, doctrines et postulats. Lieux de souffrances et de honte, les prisons de Lyon cachèrent aussi derrière leurs hauts murs nombre d'exécutions capitales. Au nom de ce passé, doit-on les condamner à mort à leur tour ou, au contraire, se rappeler qu'elles demeurent des témoins de l'histoire de la ville et des vestiges de ce que fut l'architecture carcérale au XIXe siècle ? Ne devrait-on pas -idée soutenue par la majorité des intervenants- chercher plutôt à leur trouver une nouvelle vocation (logements, bureaux, hôtel, etc.) quitte à procéder à des démolitions partielles pour y parvenir ? Soit tout un processus que résume à merveille le sénateur Yves Dauge, conseiller auprès de l'Unesco : « Mener à bien une telle affaire demandera des années. Mais pourquoi se presser ? Il faut d'abord dégager un projet, lui trouver une légitimité politique et économique, l'articuler ensuite avec le quartier. En aucun cas l'Etat ne peut se débarrasser du problème en fermant et en vendant. Il doit trouver un compromis avec la Ville pour que soit pris en compte les enjeux considérables de ce dossier. »

 

R.R





Des reconversions réussies, il en existe

 

A Boston (Etats-Unis), le virage de la reconversion a été bien négocié : une prison du XIXe siècle a été transformée, en partie, en hôtel de luxe et en centre hospitalier / AFP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Boston (Etats-Unis), le virage de la reconversion a été bien

négocié : une prison du XIXe siècle a été transformée, en partie,

en hôtel de luxe et en centre hospitalier / AFP



Le séminaire sur le devenir des prisons, organisé par la CAUE, s'est tenu au sein de l'Ecole nationale de Trésor, laquelle a trouvé à se loger à Lyon dans l'ancien fort Saint-Jean, admirablement rénové et adapté pour cette nouvelle mission.
De même qu'à Nîmes, où l'Université a réussi à investir un édifice semblable, le fort Vauban, grâce au travail d'un architecte italien nommé Andréa Bruno. Lequel s'est taillée une réputation internationale en se spécialisant dans ce genre de chantiers qui nécessite, comme il l'a expliqué le 25 juin devant son auditoire lyonnais : « Que l'on ajoute, que l'on gomme, pour rendre fonctionnel ». C'est lui qui a notamment présenté la reconversion réussie de la vieille prison historique de Turin, bâtie au cœur du centre-ville sur le cours Victor-Emmanuel, en espace culturel.

A Boston, l'architecte Wolfgang Rudorf, également présent à ce séminaire lyonnais, a dirigé la reconversion d'une prison construite en 1851 (donc contemporaine des prisons lyonnaises). Les travaux qui ont exigé la démolition partielle du bâti historique ont permis la réalisation d'un vaste espace d'accueil desservant un hôtel de luxe et la construction d'un nouveau centre hospitalier.

Enfin, à Coulommiers (Seine-et-Marne), c'est une petite prison qui a été reconvertie en bibliothèque par l'architecte Béatrice Julien.

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